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24 janvier 2009 6 24 /01 /janvier /2009 00:00

 

 

     En décembre dernier, ce visage fit le tour du monde.


     Il constitue en fait le produit de la technologie la plus avancée en images de synthèse. Résultat de nombreux mois de recherches et de tâtonnements, ce visage en 3D, produit par des scientifiques de l’Université de Cambridge sous la direction de l’égyptologue Sally Ann Ashton et basé sur plusieurs documents antiques la représentant, serait donc celui de la reine Cléopâtre, la septième du nom.


     Descendante directe de la famille grecque des Ptolémée qui, après la mort d’Alexandre le Grand, au IVème S. A.J.-C. était montée sur le trône égyptien, fille de Ptolémée XII Neos Dionysos et de Cléopâtre VI Tryphaina, la souveraine la plus "médiatisée" d’Egypte naquit aux environs de 69 A.J.-C.


     Beaucoup de légendes ont couru à son propos. Et que ce soit l’histoire classique (écrite essentiellement par des auteurs grecs et romains), ou la littérature et enfin le cinéma, tous n’ont retenu que le rôle joué par cette reine lagide au moment de sa rencontre avec les rudes généraux romains, César, puis Antoine, notamment. Tous ont volontairement évoqué l’Egypte sur laquelle elle régnait depuis ses 18 ou 19 ans comme une sorte de décor exotique sans grande envergure et servant tout au plus à lui permettre d'avoir les moyens matériels de séduire Rome.


     Ce fut par exemple le cas de Plutarque dont je voudrais aujourd’hui, ami lecteur, vous donner à lire un extrait des célèbres Vies parallèles.
Dans une nouvelle traduction due à Anne-Marie Ozanam, Professeur de Lettres au Lycée Henri-IV, à Paris et sous la direction de François Hartog, Directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, les éditions Gallimard ont publié, en novembre 2001, l’ensemble de ces 48 Vies de l’écrivain grec dans leur collection "Quarto" : un volume, pourtant très maniable, de 2296 pages.

     Et dans la recension qu’il fit de cette parution dans Le Monde des Livres du 1er mars 2002, Maurice Sartre écrivit :

     Plutarque, c’est la Bible laïque de l’honnête homme. Et notamment le Plutarque des "Vies parallèles" où s’exposent à la comparaison les exploits, caractères et travers des Grecs et des Romains célèbres.


     Célèbres ? Pas vraiment tous, en fait; mais ils le deviendront à nos yeux grâce au talent de cet écrivain moraliste et philosophe qui eut le génie d’apparier dans chacune de ses études un Grec et un Romain, confrontés tout à la fois au Fatum et à la mort.
 

     Cléopâtre entre en scène relativement vite dans le récit que nous fait Plutarque de la vie d’Antoine; de sorte que leurs amours relatées auraient tendance à transformer ce qui ne devait être qu’une biographie comme les autres d’un des généraux romains en un véritable récit romanesque : Eros et Thanatos réunis. Pas étonnant, dès lors, qu’il ait inspiré, entre autres, au grand William Shakespeare l’un de ses plus évidents chefs-d’oeuvre, et à Hollywood une de ses productions les plus mythiques !


     Avant de vous faire découvrir un passage de cette vie d’Antoine et de Cléopâtre que nous proposa Plutarque voici un millénaire, je ne puis résister, ami lecteur, à vous citer un très court extrait de la préface à la Vie de Timoléon, que je pourrais très bien reprendre à mon compte à propos de ce blog :


     Lorsque j’ai entrepris d’écrire ces "Vies", c’était pour autrui; mais si je persévère et me complais dans cette tâche, c’est à présent pour moi-même. L’histoire est à mes yeux comme un miroir, à l’aide duquel j’essaie, en quelque sorte, d’embellir ma vie, et de la conformer aux vertus de ces grands hommes. J’ai vraiment l’impression de vivre et d’habiter avec eux : grâce à l’histoire, j’offre l’hospitalité, si l’on peut dire, à chacun d’entre eux tour à tour l’accueillant et le gardant près de moi ...

 

 

     Voici donc, à présent, le texte de Plutarque à propos plus spécifiquement de Cléopâtre que je vous destinais aujourd’hui, qu’il faut évidemment plus considérer en tant que texte littéraire que comme un portrait historiquement avéré des deux amants.

 

 

     ... Tel était donc le caractère d’Antoine. L’amour de Cléopâtre vint mettre le comble à ses maux; il éveilla et déchaîna en lui beaucoup de passions encore cachées et endormies, étouffant et détruisant ce qui, malgré tout, pouvait encore lui rester de bon et de salutaire. Voici comment Antoine fut pris. Au moment d’entreprendre la guerre contre les Parthes, il envoya demander à Cléopâtre de venir à sa rencontre en Cilicie pour se justifier de deux griefs : les sommes importantes qu’elle avait données à Cassius et son alliance avec lui dans la guerre.


     Mais dès que l’envoyé, Dellius, vit la beauté de Cléopâtre et découvrit l’adresse et la subtilité de sa conversation, il comprit aussitôt qu’Antoine ne ferait jamais le moindre mal à une telle femme, et qu’elle aurait beaucoup d’influence sur lui. Il se mit donc à flatter l’Egyptienne et, pour parler comme Homère, il lui conseilla de : "Venir en Cilicie dans ses plus beaux atours", sans redouter Antoine qui était le plus charmant et le plus humain des généraux.


     Elle se laissa convaincre par Dellius et, comme elle avait éprouvé par sa liaison avec César puis avec Cnaeus, le fils de Pompée, le pouvoir de sa beauté, elle se dit qu’il lui serait encore plus facile de séduire Antoine. En effet, elle était encore une toute jeune fille sans expérience des affaires , quand César et Cnaeus l’avaient connue, alors qu'elle allait rencontrer Antoine à l'âge où la beauté des femmes est la plus éclatante et leur intelligence dans toute sa vigueur.

     [Née en 69 A.J.-C., Cléopâtre VII avait donc 28 ans au moment de cette nouvelle idylle].

     Elle prépara donc beaucoup de présents et d'argent et toutes les parures dont pouvait disposer une reine dont la puissance était grande et le royaume florissant. Mais c'était en elle-même et dans ses sortilèges et ses philtres qu'elle plaçait ses plus grandes espérances.
 
     (...) On dit que sa beauté n'était pas, à elle seule, incomparable ni susceptible de fasciner ceux qui la voyaient, mais sa compagnie avait un charme irrésistible et son apparence, jointe à la séduction de sa conversation et à son caractère qui se répandait, si l'on peut dire, dans toute sa manière d'être, laissait un aiguillon dans les coeurs.

       On avait du plaisir à entendre le son de sa voix; sa langue était comme un instrument à plusieurs cordes qu'elle adaptait sans effort au dialecte qu'elle voulait. Il n’y avait que peu de Barbares avec qui elle avait besoin d’un interprète : elle donnait elle-même ses réponses à la plupart d’entre eux, Ethiopiens, Troglodytes, Hébreux, Arabes, Syriens, Mèdes, Parthes ...


     Elle connaissait beaucoup d’autres langues, dit-on, alors que les rois qui l’avaient précédée n’avaient même pas daigné apprendre l’égyptien et que certains ne savaient même pas le macédonien.


     Cléopâtre subjugua totalement Antoine ...
 


(Plutarque : 2001, 1689, sqq

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en textes
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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 00:00

 

    

VITRINE  6

     Immédiatement dans le prolongement de la vitrine 5 accrochée sur le mur de gauche en entrant dans la salle 4 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, et devant laquelle nous nous sommes successivement penchés, ami lecteur, le 6 janvier 
pour considérer les deux papyri démotiques exposés dans la partie inférieure, et mardi dernier, pour les deux autres qui les surmontaient, se trouve juste à sa droite une deuxième vitrine portant tout logiquement le numéro 6, dans laquelle, en deux longs fragments encadrés et disposés l'un au-dessus de l'autre, nous allons découvrir aujourd'hui une partie du papyrus administratif de la XVIIIème dynastie (E 3226), le plus long actuellement mis au jour.   



   Rédigé à l'encre noire et rouge en écriture cursive hiératique cette fois, - rappelez-vous que je vous ai précédemment expliqué que la cursive démotique n'apparaîtra qu'à la Basse Epoque, soit quelque huit cents ans plus tard -, ce papyrus, ayant fait partie de l'ancienne collection Anastasi (comme le E 3228 de la précédente vitrine, et que nous avons lu ensemble le 6 janvier), mesurait à l'origine 4, 45 m de long, pour une hauteur de 17 cm : seuls ici 2, 23 m sont présentés dans la mesure où en manquent et le début et la fin.
 

     Inscrit de deux textes distincts, tout à la fois en son recto, pour les comptes du scribe Hapou, et son verso, pour ceux du scribe Maï, ce document comptabilise des transactions de dattes et de céréales opérées pendant une période de six ou sept ans, c’est-à-dire de l’an 28 à l’an 35 de Thoutmosis III (milieu du XVème siècle A.J.-C.), par deux équipes d’employés de l’Administration du Grenier central qui, dans différentes villes du pays, collectaient des céréales dans les institutions d’Etat ainsi que dans les domaines de temples ou de particuliers : estimées en "sac", unité de mesure équivalant à environ 76 litres, elles servaient en fait de monnaie d’échange pour l'acquisition de dattes qui constituaient un complément en nature accroissant d'autant les salaires versés  au personnel administratif.



     Encres noire et rouge, ai-je précisé ci-avant. Vous remarquerez en effet que certains débuts de lignes sont rédigés en rouge quand la suite l'est en noir : cela correspond en fait aux notations calendaires qui commencent chaque relevé de compte; ainsi indiquées en rouge, elles sont, dans l'esprit du scribe, mieux mises en valeur.  

     Grâce à ce type de document, vous aurez d'emblée compris, ami lecteur, si toutefois besoin en était encore, que les Egyptiens ignoraient complètement la monnaie et qu’ils pratiquaient, toujours comme aux temps préhistoriques, le simple troc. Ici, à grande échelle ...
Ce qui nous donne à penser qu'en Egypte, le commerce semblait constituer un monopole d'Etat.

     Ce document me permet également d'attirer votre attention, sur un point d'histoire philologique maintenant admis par toute la communauté des historiens : que ce soit en Egypte ou en Mésopotamie, deux des premières civilisations d'agriculteurs-éleveurs, l'écriture est manifestement née du besoin de dénombrer, d'abord le cheptel appartenant aux uns et aux autres, ensuite d'indiquer officiellement les quantités de produits qui étaient échangés au sein même de cette économie dont le troc, nous venons de le constater, restait l'élément cardinal de toutes les transactions.

     En d'autres termes, liée aux besoins de comptabilité, l'écriture est née du calcul !


     C'est grâce aussi à ces quelques papyri, certes de prime abord relativement rébarbatifs, rencontrés dans ces deux vitrines, à la différence de ceux habituellement consacrés aux textes religieux, aux contes littéraires, à la poésie ou à la geste des grands pharaons conquérants que nous pouvons mieux appréhender le quotidien des travailleurs de la terre, la façon aussi dont ils ont organisé des tableaux, dressé des inventaires et mis au point un système de notation chiffrée.  


     Il serait évidemment fastidieux de vous proposer une traduction de l'intégralité de ce relevé de comptes. Autorisez-moi à simplement citer l'un ou l'autre passage qui, me semble-t-il, vous seront suffisants pour comprendre l'essence même de l'ensemble :

 

"Rappel des dattes données aux brasseurs : 40 sacs.

An 28, le 4 ème jour du premier mois de la saison de l’inondation : reçu dattes de Pamouha : 285 sacs 3/4.
An 28, le 10 ème jour du quatrième mois de l’inondation, après le compte : 28 sacs ...

Le 14 ème jour du deuxième mois des semailles : dattes 50 sacs 1/4."

Et ainsi de suite ...




    










     Il est toutefois intéressant de remarquer que les relevés sont disposés en lignes horizontales, page après page avec, à la différence de notre comptabilité moderne, les données chiffrées notifiant les quantités indiquées dans la marge de gauche : ce qui est parfaitement logique dans la mesure où le papyrus, comme tout écrit en cursives hiératique et démotique, est rédigé de droite vers la gauche.
 

(Ziegler : 1982, 46 et 273-6; Ziegler (s/d) : 2004, 106)

 


     Il me plaît, au terme de cet article, d'épingler l'extrême célérité avec laquelle la conceptrice du très intéressant blog "Louvreboîte" - que je vous recommande instamment de visiter grâce au lien repris dans la marge de droite ci-contre -, que je m'étais autorisé d'à nouveau solliciter, m'a fait parvenir une série de clichés de ce document : décidant, bien au-delà de ma simple requête, de photographier, section après section, l'intégralité du papyrus exposé dans cette vitrine 6 de manière que je puisse en avoir une vue d'ensemble absolument complète, et en gros plans, elle m'a permis, avec une précision plus grande que ce que ma mémoire en avait conservé, de rédiger l'article de ce mardi.

Grand merci à vous, Madame.
   

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 00:00

     A nouveau sur la panse d'un vase retrouvé à Deir el-Medineh, ce poème - fort fragmentaire, d'où les lacunes ici sous forme de "..."  - caractérisé par une anaphore.

Si seulement j'étais la Nubienne
Qui est sa suivante,
Alors on irait lui chercher
... des mandragores ...
Il serait dans sa main pour qu'elle hume;
Ce qui veut dire qu'elle me présenterait
La carnation de tout son corps.


Si seulement j'étais le foulon du linge
De l'Aimée, ne serait-ce qu'un mois ! 
Je prospérerais en ...
... qui auraient été en contact avec son corps.
Et, de plus, c'est moi qui laverais
Les huiles qui sont sur son foulard.
Je frotterais mon corps avec ses vêtements d'apparat
...
J'en serais réjoui, et mon corps rajeuni ...


Si seulement j'étais le petit anneau
Qui est le compagnon de son doigt,
Je contemplerais son amour chaque jour !
...
Je m'emparerais de son coeur.


Si seulement j'étais le matin
Afin de contempler comment elle passe son temps !
...
Son miroir est joyeux
Car c'est vers lui qu'elle porte le regard.


Si seulement je disposais de l'Aimée quotidiennement (...)
Elle serait à moi quotidiennement,
Comme verdoient les couronnes
Et les fleurs de toutes sortes qui poussent dans les prés.
... tout entière.


Si seulement elle venait à moi pour me voir
...
Je célébrerais des fêtes pour le dieu
Afin qu'il l'empêche de s'éloigner,
Et qu'il me donne la dame quotidiennement,
Sans qu'elle se sépare de moi.



(Traduction d'après Pascal VERNUS : 1993, 90-1)  

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Littérature égyptienne
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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 00:00

 

     Mardi dernier, dans un premier article consacré aux documents exposés dans le bas de la vitrine 5 de la salle 4 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, j'ai eu l'opportunité, ami lecteur, non seulement de vous proposer une traduction de ces deux premiers actes juridiques, mais aussi d'attirer votre attention sur l'écriture cursive démotique dans laquelle ils furent rédigés.

     Aujourd'hui, nous allons plus spécifiquement nous intéresser à la paire de documents du dessus de la dite vitrine : faisant manifestement partie des mêmes archives, ces deux actes de location provenant de Thèbes et concernant toujours le même Padimontou portent, le premier (E 7833) sur la location d'un attelage de vaches de labour, le second (E 7837), sur celle d'un terrain.

     Empruntant au vocabulaire cinématographique, je vous propose, avant d'en lire le contenu proprement dit, d'évoquer le synopsis et les différents personnages en présence.

     Nous sommes dans le domaine d'Amon, à Coptos, au VIème siècle A.J.-C., sous le règne du pharaon Amasis, à la XXVIème dynastie, donc.

     Cette très ancienne ville égyptienne (actuellement nommée Qift) fut érigée en bordure du Nil, à une quarantaine de kilomètres au nord de Thèbes. Important port fluvial, Coptos devint, dès la plus haute antiquité et durant plus de quatre millénaires, un pôle économique extrêmement florissant. Capitale du 5ème nome de Haute-Egypte, elle constitua la plaque tournante du commerce oriental reliant la Vallée du Nil à la mer Rouge et fut ainsi le point de départ des caravaniers en quête de minerais.

     Min, un de ses dieux tutélaires, fut d'ailleurs considéré comme le patron des montagnes arabiques.

     Trois personnages sont ici directement concernés :

* Oudjahor : membre du clergé du domaine d'Amon (il porte le titre de Père-du-dieu, ou Père divin), il y possédait des champs.

* Reri : occupant également la même fonction sacerdotale, il est le frère du précédent.

* Padimontou : à la fois gardien des troupeaux dans ce domaine, et cultivateur.

     Entre eux, entre ces deux propriétaires fonciers et ce métayer furent donc établis, en l'an 36 du règne d'Amasis, soit pour nous en 534 A.J.-C., les deux contrats de location ci-dessous.    

    
     Le premier (E 7833
) mesure 26, 50 cm de haut et 29, 50 cm de large.




     Oudjahor décide de louer deux vaches à Padimontou, afin qu'il laboure un champs appartenant à Reri. Il semblerait qu'au moment de cette transaction, Réri ait déjà cessé de vivre, laissant ainsi Oudjahor hériter de ce terrain qu'il avait donné en métayage à Padimontou. 


     "An 36, premier mois de la saison d'été, sous le Roi Amasis. A déclaré le Divin-Père Oudjahor, fils de Diimenaouenkhonsou au cultivateur du Domaine de Montou-maître-de-Thèbes, Padimontou, fils de Paouahimen et de Rourou sa mère : "Je t'ai donné cet attelage de vaches de labour destiné au labourage, au nom du Divin-Père Réri, fils de Diimenaouenkhonsou, dont tu es le laboureur, dans tout champ que tu auras à cultiver sur mes terres situées dans le Domaine d'Amon du district de Coptos, à l'ouest du terrain élevé de la "Ferme du Lait d'Amon", (pendant la période) de l'an 36 à l'an 37.
     Lorsque (la saison de) la récolte arrivera en l'an 37, je prendrai un tiers sur toutes les céréales, sur toutes les herbes qui pousseront sur les champs que tu auras labourés avec cet attelage de vaches susmentionné ; (un tiers) pour lequel tu as fait un écrit au nom de Réri, fils de Diimenaouenkhonsou, mon frère, au sujet du prix du loyer des champs.

     Je ferai que les Scribes du Temple s'éloignent de toi en ce qui concerne leur impôt du Temple d'Amon. Je ne pourrai pas faire comparaître les Scribes (-comptables) du grain devant toi en ce qui concerne leur impôt du Temple d'Amon.

     Nous partagerons le reste (de la récolte) en quatre parts entre nous, à savoir trois parts (qui reviendront) à moi, à cause de cet attelage de vaches, et (à cause) des céréales (dues) au nom du Divin-Père Réri, fils de Diimenaouenkhonsou; (et) une part (qui reviendra) à toi à cause du labour, de tout le travail (et) de tout ce que tu auras fait en tant que cultivateur (durant la période) de l'an 36 à l'an 37.

    Les Scribes du Temple d'Amon mesureront mes champs en mon nom. Quant au montant du dommage causé par la culture (mal faite ?) que je constaterai sur mes champs, je prendrai au profit (?) du Divin-Père Reri, fils de Diimenaouenkhonsou, de ta part de ce(tte partie de la récolte) qui se maintient bon(ne). Le dommage (à cause) de la culture (qui arrivera) à cet attelage de vaches sera à ta charge.
Le gain et la perte incombent à nous (deux).

     A écrit Djedmoutiouefankh, fils de Irethorerou."

     Au verso, figurent les noms de dix témoins :

























 

     Le second papyrus (E 7837), pour sa part, mesure 28 cm de haut et 29 de large.

     Ce contrat qui semblerait d'abord amplifier, puis annuler le précédent (E 7833) s'avère nettement plus favorable à Padimontou. Il n'est par ailleurs plus du tout fait allusion à Réri en tant que propriétaire du terrain : c'est la raison pour laquelle on pense bien, comme je le suggérais ci-avant, qu'il est décédé. Padimontou fournissant cinq des six vaches nécessaires pour labourer à l'aide de trois attelages, son frère Oudjahor n'en loue plus qu'une seule. 
En outre, une clause prévoit de dédommager le cultivateur si Oudjahor se dédit.
 

 

  

     Tout comme dans le précédent document, les onze lignes de ce texte se lisent de droite à gauche : 

     "An 36, premier mois de la saison de la récolte, du Pharaon, v.i.s, Amasis, v.i.s., a déclaré le père-du-dieu Oudjahor, fils de Diimenaoukhonsou au gardien de troupeau du Domaine de Montou  maître de Thèbes Padimontou fils de Pouahimen, dont la mère est
Rourou :
"Je t'ai loué mes champs qui  sont situés sur le domaine d'Amon, dans la cisconscription de Coptos, à l'ouest, dans la haute terre (nommée) L'Etable-du-pot-à-lait-d'Amon pour les cultiver de l'an 36 à l'an 37 au moyen de ces trois attelages de vaches, ce qui correspond à six vaches - cinq vaches pour toi et tes compagnons et une vache pour moi - (mais) c'est toi qui feras travailler ma vache susmentionnée.
Quand la récolte arrivera en l'an 37, je prendrai le tiers de [tous] les grains et toutes les végétations qui pousseraient sur eux, au nom de ma part de propriétaire des champs. Et nous ferons six parts du reste, à savoir : pour toi et tes compagnons, cinq parts, (et) pour moi, au nom de ma vache, une part, en tout. Le manquement (?) résultant de la faute du cultivateur sera à ta charge; quant à moi, je paierai la taxe sur la récolte du domaine d'Amon sur le tiers de la part de propriétaire de champs susmentionné (et) j'écarterai les scribes du domaine d'Amon de toi concernant leur taxe sur la récolte. C'est à mon nom que les scribes du domaine d'Amon mesureront mes champs. Si je me rétracte si bien que je t'empêche de cultiver mes champs susmentionnés de l'an 36 à l'an 37, selon la convention ci-dessus, je devrai te donner un deben
(= 90 grammes) d'argent du Trésor de Thèbes, fondu, sans avoir recours à aucun document juridique.

Ecrit de Djedher fils du Père-du-dieu Amon Ipy."


     Remarque à propos du "v.i.s." ici rencontré.

     Il a toujours été de tradition, dans les civilisations sémitiques, d'ajouter, après le nom des personnages dont la mémoire se doit d'être particulièrement honorée ce que l'on appelle une formule d'eulogie. Il s'agit d'une ou de plusieurs épithètes, voire même d'une phrase exclamative visant à leur permettre de bénéficier d'un ensemble de bienfaits. Il en fut de même en égyptien antique : ainsi à la suite du nom des souverains est-il souvent inscrit en abréviation cette formule, translittérée : "ankh, oudja, séneb", signifiant littéralement : "Puisse-t-il être vivant, intact et en bonne santé ! "





     (Au siècle dernier, au temps de mes études, cette formule : "ankh, oudja, séneb", était traduite par : "Vie, santé, force", et abréviée "v.s.f." ; c'est ainsi d'ailleurs qu'elle apparaît dans tous les ouvrages spécialisés contemporains. Certains nouveaux philologues estiment cette traduction à présent erronée et lui préfèrent donc celle que j'ai citée en premier lieu.) 


Au verso du document se retrouvent également mentionnés les patronymes des dix témoins :



















    
     Relativement formelle, vous l'aurez tout de suite remarqué, ami lecteur, la rédaction de semblables documents répond, comme d'ailleurs tout acte administratif ou notarié, à un certain nombre de règles strictes qui nous rendent leur lecture assez ardue, fastidieuse, voire même franchement rébarbative.

     C'est un peu la raison pour laquelle j'ai tenu à vous proposer pour chacun de ces deux contrats une traduction que plus d'un demi siècle, et une sensibilité totalement différente, séparent : pour le premier (E 7833), j'ai choisi celle proposée en 1951 par Michel Malinine (1900-1977), égyptologue français d'origine russe, un des grands spécialistes, au XXème siècle, des écritures cursives hiératique et démotique; et pour le second (E 7837), j'ai opté pour celle, plus moderne, plus en phase directe, me semble-t-il, avec la langue que nous pratiquons de nos jours, de Christophe Barbotin, l'actuel Conservateur du Département des Antiquités égyptiennes du Louvre. 

     Confrontant les types de formulation de ces deux traductions, vous êtes maintenant seul juge pour préférer la langue de l'une ou de l'autre ...  

(Barbotin : 2006, 35-6; Grandet/Mathieu : 1990, 146; Malinine : 1951 ², 146-7)


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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 00:00

   
     Vous aurez probablement remarqué, ami lecteur, les changements apportés, à l'extrême fin de mon article de ce mardi quant à la ventilation des références des auteurs consultés. Aussi, et exceptionnellement, vous ne trouverez pas de poème antique ou de texte d'un écrivain célèbre consacré à l'Egypte, aujourd'hui, mais bien une nécessaire mise au point que je tiens à faire, de manière à faciliter votre éventuelle navigation dans la catégorie "Bibliographie".

     En effet, et parce qu'Overblog semble éprouver de plus en plus de difficultés à gérer mon imposant fichier bibliographique initialement publié à la création de ce blog, le 18 mars 2008, et augmenté de semaine en semaine - c'est ainsi que des références que j'avais évidemment classées alphabétiquement se sont, à l'automne dernier, bizarrement et incorrectement retrouvées à l'extrême fin de ma liste d'auteurs -, j'ai décidé, dans un premier temps, de scinder ce fichier en quatre parties afin d'en diminuer considérablement le volume; en espérant que, grâce à cette répartition, les inconvénients que je suppose dus au nombre trop important de données dans cet article essentiel déontologiquement parlant, puisque j'y cite mes sources, mais aussi d'un point de vue intellectuel puisqu'il permet à tout lecteur intéressé de poursuivre d'éventuelles recherches, ne se reproduiront plus.

     Si d'aventure, cette scission opérée ne devait pas éliminer les notables inconvénients que j'ai relevés au cours de ces derniers mois, je prendrais alors la décision d'indiquer chaque référence, complètement, en note infra-paginale des futurs articles, sans plus renvoyer à mon fichier bibliographique de base.

     Toutefois, je suis conscient que pour toutes les références de 2008, un petit "problème" se pose : en effet, le lien à chaque fois indiqué au bas de mes billets successifs ne renvoie qu'au premier des quatre volets nouvellement créés (en fait, celui concernant les auteurs A - F), et pas nécessairement à celui qui correspond au nom que vous recherchez.

     Il faudra, dès lors, et seulement pour les articles rédigés en 2008 qu'il vous plairait d'à nouveau consulter que vous vous référiez au seul nom de l'auteur, classé par ordre alphabétique : j'ai en effet réorganisé l'ancien fichier selon les quatre subdivisions suivantes : 

A - F
G - L
M - R
S - Z

     Il va sans dire que pour les références bibliographiques des articles publiés depuis ce mardi 6 janvier 2009, il vous suffit de cliquer sur le nom de chacun des auteurs afin d'automatiquement être dirigé vers le volet idoine des quatre de la nouvelle bibliographie.

     En espérant avoir facilité votre consultation,

Richard LEJEUNE

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Publié par Richard LEJEUNE - dans A propos de ce blog
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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 00:00


     Les fêtes de fin d'année étant déjà (presque) de l'histoire ancienne, je vous convie dès aujourd'hui, ami lecteur, à reprendre sans plus tarder notre visite des salles du circuit thématique du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre.

      "Sans plus tarder", mais permettez-moi néanmoins, d'emblée, de réitérer l'esprit des voeux qu'à votre intention j'avais formulés dans mon dernier billet de cette année 2008 qui a vu naître le présent blog : puisse l'an neuf concrétiser non seulement vos souhaits les plus quotidiens, les plus anodins, mais aussi (surtout ?) les plus fous.

     Puisse - comme m'en a judicieusement rappelé la formule égyptienne dans un commentaire que m'a adressé, pendant ces vacances, un de mes précieux et plus fidèles lecteurs -, s'ouvrir pour vous une belle année 2009 ...




     Puissent les 360 jours qui s'annoncent pleinement rencontrer votre attente et nous permettre, à vous, toujours plus nombreux, comme à moi, toujours plus heureux, de poursuivre cette aventure qui, pour ce qui me concerne, reste véritablement un réel plaisir, à savoir : notre déambulation virtuelle à travers les salles de ce prodigieux département de l'aile Sully.


     Sur le mur nord, à gauche de l'entrée de cette salle 4 dédiée aux travaux des champs, parallèles donc à la reconstitution de la chapelle d'Ounsou qu'ensemble nous avons visitée différents mardis, du
25 novembre au 16 décembre derniers, ont été disposées deux vitrines portant les numéros 5 et 6, plus spécifiquement dévolues au régime juridique de la terre égyptienne.




VITRINE  5

     Dans celle-ci nous sont présentés quatre contrats rédigés aux XXVème et XXVIème dynasties, soit tout à la fin de l'histoire pharaonique proprement dite, à la Basse Epoque donc, comme la définissent les égyptologues, juste avant la première domination perse.

     Permettez-moi de profiter de ce premier article de 2009, pour simplement rappeler que, dès la création de ce blog, j'ai tenu à vous proposer, ami lecteur, une chronologie
de l'Histoire égyptienne qui, si elle peut parfois différer de ce que vous rencontrez en feuilletant l'un ou l'autre ouvrage spécialisé - tous ou presque étant assortis de tableaux de ce genre qui varient parfois considérablement selon leur concepteur -, n'en demeure pas moins un canevas de base qui vous permet  de visualiser sur une ligne du temps quelque peu fictive les époques auxquelles, d'article en article, je fais ici allusion.

     "Basse Epoque", viens-je de préciser. Et le détail est d'importance, à tout le moins pour ce qui concerne la graphie de ces quatre documents : l’écriture hiéroglyphique en effet, celle des textes religieux et régaliens, que le pays a connue durant les quelque trois millénaires et plus qu’a durés cette civilisation a bien évidemment évolué; et les graphies cursives que les scribes ont utilisées pour écrire sur leurs papyri comme sur leurs ostraca, ont également connu des modifications non négligeables.

     Rappelez-vous : dans le deuxième
des quatre articles qu'en septembre dernier j'avais consacrés à la bien sympathique petite ville médiévale de Figeac, dans le Quercy, à son extraordinaire musée tout entier tourné vers la diversité des écritures du monde, mais aussi, inévitablement, aux deux frères Champollion, j'ai déjà eu l'opportunité de préciser que l'écriture cursive démotique - celle que vous retrouvez au centre de la célèbre Pierre de Rosette -, fut inventée dans le but de faciliter la rédaction de communications courantes; et notamment des différents contrats juridiques, tels ceux exposés ici.

     Ce que les philologues nomment "écriture démotique", (en grec, le terme  demos fait référence au peuple), constituait en fait l'abrégé, employé à partir du milieu du VIIème siècle A.J.-C., d'une autre écriture cursive, de toute éternité celle-là, le "hiératique", dérivant pour sa part directement des premiers signes hiéroglyphiques de l'Ancien Empire. 

     Indubitablement, les très nombreux documents libellés dans ces cursives, hiératique et démotique, représentent pour les égyptologues un fonds extrêmement précieux dans la mesure où, abordant tous les domaines de la vie quotidienne, ils évoquent des sujets que les hiéroglyphes traditionnels, parce qu’exclusivement réservés aux documents officiels et religieux, comme je l'ai souligné ci-avant, ne s’autorisaient jamais. En outre, ils fournissent un appréciable nouvel éclairage concernant la rédaction, très formelle, de ces contrats et actes de droit privé; sans oublier d'épingler le fait qu'ils révèlent l’importance croissante que les rapports juridiques ont prise dans la société égyptienne du temps.

    En effet, en se référant au corpus papyrologique existant, force est de constater que la documentation juridique égyptienne de Basse Epoque se compose essentiellement de contrats, d'actes privés, et que manquent cruellement des documents faisant état de passages devant la Justice; alors que précédemment, au Nouvel Empire par exemple, il n'en était pas du tout ainsi : pléthore de témoignages nous permettant de mieux appréhender l'organisation judiciaire et pénurie de papyri juridiques privés.  


     Ce seront donc quatre contrats de droit privé que nous rencontrerons dans cette vitrine 5; mais nous n'aborderons aujourd'hui que deux d'entre eux, situés dans sa partie inférieure.

     Le premier, un acte de prêt de blé (E 3228), papyrus exposé en bas à droite, d’une largeur de 44 cm et d'une hauteur de 23, 5 cm, datant de la XXVème dynastie (aux environs de 704 A.J.-C.), fit partie de l’ancienne collection Anastasi.

 

 

     Il nous apprend que :

     "Le 25 du troisième mois de la saison de l’inondation de la treizième année [il ne spécifie malheureusement pas sous le règne de quel pharaon il s’agit], en ce jour, le prêtre funéraire Padibastet, fils de Padiimenipet a déclaré au prêtre d’Amon et scribe de la correspondance du roi, Neskhonsouounnekh, fils de Djedhor : "Je te donnerai 22 sacs et demi de blé mesuré en boisseau domestique le 30 du quatrième mois de la saison de l’inondation de cette treizième année. Si je ne respecte pas ce délai, ces 22 sacs et demi porteront régulièrement intérêt à partir de l’an 13 ... je te les remettrai sans contestation. Aussi vrai qu’Amon vit et que le roi vit, qu’il est en bonne santé et qu’Amon lui accorde la victoire, je ne reviendrai pas sur cet engagement."

     Suivent les attestations de sept témoins qui, chacun, ont inscrit de leur propre main, un résumé de l’acte. Un regard attentif jeté sur ce contrat vous convaincra facilement, ami lecteur, qu'il a été entièrement biffé : probablement parce que les clauses qu’il stipulait avaient été scrupuleusement honorées.
 

     Je dois à la vérité de préciser que, contrairement aux différents textes gravés sur la dyade d'Ounsou et de son épouse, qu'en partie je vous avais traduits le 16 décembre, je ne suis nullement habilité, n'ayant pas poursuivi d'études dans ce sens, à lire, comprendre et traduire les écritures cursives hiératique et démotique. Je m'en réfère donc aux traductions proposées par des égyptologues patentés (scientifiquement définis comme "hiératisants" et "démotisants"), auxquels je fais entièrement confiance et qu'il me plaît de mentionner dans mes références infra-paginales.

     Enfin, permettez-moi de convier ceux dont l'esprit serait encore quelque peu embrouillé par les derniers effluves des agapes de fin d'année, à se reporter à cet article du 25 novembre dernier, notamment : j'y ai en effet déjà longuement expliqué en quoi consistait les différentes saisons égyptiennes, précisant à la fois leur début et leur fin en rapport avec les mois de notre calendrier actuel. Ce qui permettra à tout un chacun de mieux comprendre ce à quoi correspond une notation calendérique telle que celle mentionnée d'entrée dans ce document.  

 


     A la gauche de cet acte de prêt de blé est exposé un autre papyrus, de 27 cm de haut sur 24 de large, acquis en 1885 de la collection Eisenlohr : il s’agit d’un contrat de métayage (E 7836) datant du règne du pharaon Amasis, de la XXVIème dynastie. Définissant les modalités de location d’un champ, il prend acte du fait qu'un certain Padimontou reconnaît avoir loué le terrain sus-mentionné afin de le cultiver à la place de son propriétaire initial.




     "En l’an 35 du roi Amasis [soit 535 A.J.-C.], le troisième mois de la saison de la moisson, le cultivateur du domaine du dieu Montou, Padimontou, fils de Paouahimen, a déclaré au prêtre funéraire Irtoutchai, fils de Djedkhi : «Tu m’as loué ton champ que l’on t’a donné pour assurer le culte funéraire du prêtre d’Amon, le roi des dieux, Irethorrou fils de Diskhonsou; champ situé sur la haute terre de l’étable de la ferme du lait d’Amon, appelé Tasébi, et limité à l’ouest par le champ de Khabsenkhonsou. »

Quand viendra le temps de la récolte en l’an 36, nous ferons deux parts de toutes les céréales et de tout le fourrage produits, une pour toi et une pour moi et mes associés. Nous nous acquitterons de l’impôt du temple d’Amon, qui nous incombe à tous deux. Gains et pertes sont à partager entre nous deux.


Ecrit
[= signé] par Neshor fils de Padihorresné, le chef de la nécropole [en tant que notaire], par Dikhonsououiaout, fils de Padihorresné et par Nespaséfi, fils de Paouahhor [= en tant que témoins]."


     Mardi prochain, ensemble, nous nous pencherons sur les deux papyri de la partie supérieure de cette même vitrine.


(Andreu/Rutschowscaya/Ziegler : 1997, 188-9; Malinine : 1951 1, 157-78; Ziegler : 1982, 279)

 

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 00:00

 
     Avant de prendre congé de 2008, mais aussi de vous, ami lecteur; avant de vous souhaiter de très heureux réveillons, et d'excellentes vacances; avant de vous adresser à toutes et à tous mes voeux les plus amicaux pour une année 2009 la plus coruscante possible; et avant de vous donner rendez-vous le mardi 6 janvier prochain, je voudrais, en guise de présent de fin d'année, vous offrir, toujours poursuivant le cycle du Papyrus Chester Beatty I qui commence à vous être maintenant familier, un poème à placer une nouvelle fois dans la bouche de l'Aimée :

Si seulement tu te hâtais de venir auprès de la "soeur",

Comme le messager du roi qui se hâte,
Tandis que son maître a l'esprit occupé par l'attente de son message,
Et par le désir de l'entendre.
Toutes les écuries sont équipées pour lui,
Des chevaux sont à sa disposition au relais,
Le char se trouve attelé à sa place.
Pas question pour lui de flâner en chemin.
Sera-t-il parvenu à la maison de la "soeur"
Que son coeur deviendra joyeux.

Si seulement tu te hâtais de venir auprès de la "soeur"
Comme le cheval du roi,
Le meilleur de tous les destriers,
Le premier des écuries.
Il est l'objet d'une attention particulière dans sa nourriture.
Son maître reconnaît son pas.
S'il entend le son de la cravache, 
Il ne saurait se traîner.
Pas un des meilleurs parmi les contingents de guerriers,
Qui le maîtrise.
Qu'il est expert, le coeur de la "soeur", à se rendre compte
De ce que l'Aimé n'est pas éloigné de la "soeur".

Si seulement tu te hâtais de venir auprès de la "soeur"
Comme une gazelle bondissant sur le plateau désertique.
Ses pattes se meuvent, son corps s'épuise,
La crainte est entrée en son corps,
Un chasseur est à sa poursuite, un chien avec lui.
Ils n'ont pas découvert sa trace;
Comme un fourré elle considère un relais;
Comme un chemin elle utilise le fleuve.
A peine parviens-tu à son portique
Qu'on baise ta main à quatre reprises.
Tu devras te mettre à la poursuite de l'amour de la "soeur",
C'est la Dorée qui te l'a assignée.

(D'après la traduction de Pascal Vernus : 1993, 69-70


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Publié par Richard LEJEUNE - dans Littérature égyptienne
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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 00:00

 
     Plantons le décor, car véritablement scénographie il y a. 

     Nous sommes vous et moi, ami lecteur, depuis quelques semaines déjà, dans la salle 4 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre (aile Sully) consacrée aux travaux des champs. Deux possibilités s'offrent à nous dès l'entrée : ou bien nous nous dirigeons vers la droite - ce que, probablement comme la grande majorité des visiteurs attirés par l'imposant monument qui y est exposé, nous avons fait d'emblée le 30 septembre dernier -; ou bien vers la gauche : en effet, deux chapelles funéraires semblent se répondre : à droite, donc, celle d'Akhethetep, provenant de Saqqarah et arrivée au musée au tout début du XXème siècle, suite aux tractations menées par Georges Bénédite avec le Gouvernement égyptien; à gauche, celle d'Ounsou artificiellement reconstituée par l'érection de deux hauts murs vitrines censés représenter l'étroit couloir de sa chapelle dans l'hypogée de la nécropole de la XVIIIème dynastie, à l'ouest de Thèbes.

 



     De l'entrée de la chapelle d'Akhethetep, vous pouvez déjà apercevoir, au-delà de la vitrine dédiée aux porteuses d'offrandes qui les sépare, tout au fond donc de la chapelle d'Ounsou, celle figurant, dans son tombeau, la niche contenant le groupe statuaire du couple qu'il formait avec Imenhetep. 

     La
semaine dernière, souvenez-vous, je vous ai invité à l'apprécier sous son aspect esthétique. Aujourd'hui, nous l'aborderons sous l'angle plus spécifiquement philologique. 

     Et à ce propos, je voudrais dès maintenant réitérer mes remerciements les plus appuyés à la conceptrice du blog "Louvreboite" (
http://louvreboite.over-blog.fr/ ), site que je ne puis que vous conseiller de parcourir pour les articles tout à fait intéressants qui y sont proposés sur les "coulisses" du musée, qui nous échappent complètement, à nous touristes.

     J'aime à rappeler que sans l'excellence des photographies qu'elle a eu l'extrême bonté de me faire parvenir, il m'eût été impossible de vous donner, ici et maintenant, une analyse aussi détaillée des textes hiéroglyphiques dont la statue est recouverte.

     Ounsou et Imenhetep, donc, sont assis sur une banquette à haut dossier de manière telle qu’entre eux, sur la face frontale du siège, le lapicide a trouvé la place pour graver deux colonnes de hiéroglyphes, les doublant quelque peu par une autre de part et d’autre des jambes, droite pour Ounsou et gauche pour Imenhetep.
    
     Chacune des colonnes centrales nous les présente en stipulant leurs titres et fonctions, mais aussi le lien familial qui les unit. Il nous faudra, tout à l’heure, poursuivre notre lecture sur les côtés du siège pour découvrir, à l’extrême fin de la formule d’offrandes qui s’y trouve gravée, leur identité respective.

 

     Permettez-moi une petite remarque au passage - dont les plus fidèles parmi vous ne comprendront pas l’utilité, "rompus" que vous êtes maintenant à quelques règles élémentaires de l’écriture égyptienne que j'ai déjà eu l'opportunité d’énoncer ici - : les hiéroglyphes se lisent en allant dans la direction de la personne à laquelle ils se rapportent. La colonne centrale de gauche, donc, se lit de droite vers la gauche dans la mesure où elle concerne Ounsou; celle de droite, juste à côté, se lisant de gauche vers la droite puisque caractérisant son épouse. Et il en va de même pour les deux bandes verticales extérieures, de part et d’autre de leurs jambes à tous deux qui, en réalité, reprennent sensiblement les mêmes données.


 

   


  Commençons par le premier hiéroglyphe de la colonne de gauche entre eux, le long donc de la jambe gauche d'Ounsou. Rassurez-vous, ami lecteur, je ne compte pas ainsi les évoquer tous de manière approfondie : mais certains d’entre eux sont tellement caractéristiques que j’ai pris la décision de m’y attarder quelque peu de façon que, quand au hasard de votre visite, vous les rencontrerez, vous puissiez tout de suite les identifier.

 


     Si vous regardez attentivement la représentation ci-contre, vous remarquerez que ce dessin schématise à la fois la palette d’un scribe, les deux cupules destinées aux pastilles de colorant (une pour le noir, l’autre pour le rouge), le petit godet pour l’eau et enfin le pinceau de jonc, ou le calame qu’utilisait le scribe. Ce hiéroglyphe assez recherché entrait dans la composition, en tant que déterminatif, de tout terme ayant la notion d’écriture comme point focal; et en tant que tel, employé seul, il caractérisait la fonction de scribe.

 

     En d’autres mots, placé ici en début de colonne, il nous donne le titre administratif porté par Ounsou : nous apprenons donc qu’il était scribe. Les autres hiéroglyphes en dessous ajoutent qu’il était comptable des grains. La fin de la colonne a été abîmée : volontairement martelée ? J'aurais tendance à le supposer dans la mesure où Ounsou travaillait pour le temple d'Amon et que, à la période amarnienne qui suivit, il fut de bon ton d'essayer d'éliminer du plus grand nombre possible de monuments toute référence à l'ancien dieu Amon. 

     Illisibles aussi, par parenthèses, les autres inscriptions, fréquentes pourtant entre les pieds des personnages dans ce type de statuaire, ainsi que celles dont on aperçoit malgré tout la trace sur la face avant du socle.



 

     Repris exactement à la même place dans la colonne du bord du siège, le long de la jambe droite d’Ounsou donc, le signe hiéroglyphique de la palette du scribe introduit le lieu géographique où il officiait : la ville du Sud, ce qui est une des possibilités de désigner Thèbes.

 

     Vous remarquerez en dessous un autre hiéroglyphe caractéristique : une sorte de cercle avec quatre entailles. Il s’agit en fait d’un pictogramme censé représenter un carrefour dans une localité traversée par quatre routes. En tant que tel, ici, il signifie la ville. Si d’aventure, vous le retrouviez terminant un groupe d’autres signes, il serait alors employé comme déterminatif et signalerait qu’il s’agit d’un endroit habité. Ce hiéroglyphe circulaire a donc toujours une connotation géographique.









 



     Revenons maintenant à nos deux colonnes centrales et, bien sûr, à celle de droite, qui concerne donc Imenhetep. Les six premiers hiéroglyphes, jusqu’à la deuxième vipère sont très clairs et doivent se lire exclusivement en référence à Ounsou dans la mesure où ils se traduisent par les expressions : son épouse, aimée de lui.

 

     Quant à ceux qui terminent cette colonne le long de la jambe droite d’Imenhetep, ils spécifient qu’elle est assise sur sa place, comprenons sur son siège, le coeur empli de joie.

 

 

 


   



     Dans la colonne au bord du siège, le long de sa jambe gauche donc, nous retrouvons exactement les mêmes données, mais exprimées avec des hiéroglyphes synonymes. Détail intéressant qui prouve que le lapicide ne s’est pas simplement satisfait de recopier une série identique de signes de part et d’autre d’Imenhetep.

 














 

     Les deux documents qui suivent, à savoir les côtés du siège, énumèrent la traditionnelle formule d’offrandes, semblable, malgré ses variantes, à celle que nous avions rencontrée, souvenez-vous ami lecteur, sur la margelle extérieure du petit bassin de calcaire (E 653) exposé parmi les ustensiles du repas funéraire à l’arrière de la colossale table d’offrandes d’Akhethetep, dans la vitrine 2 de cette même salle.

 

     Gravés eux aussi en colonnes verticales, tout comme à l’avant du siège, ces hiéroglyphes apparaissent immédiatement d’une facture supérieure : ce qui m'invite à penser qu’il y eut, au moins, deux artistes qui ont réalisé l’ensemble des inscriptions de cette statue du Nouvel Empire.




     Commençons arbitrairement, si vous le voulez bien, par le côté du siège immédiatement à la droite d’Ounsou. Quatre colonnes se répartissent l’espace, sans toutefois descendre au niveau du socle. Elles se lisent de l’avant vers l’arrière, et dans chacune d’elle, de haut en bas et de droite à gauche.



     Nous retrouvons, dans la première d’entre elles, le sempiternel début de ce type d’invocation : Offrande que donne le roi. Le premier hiéroglyphe, le roseau, symbolise le roi de Haute-Egypte (littéralement, je devrais traduire par : "Celui qui appartient au roseau" dans la mesure où cette plante constitue l’emblème du sud du pays, de la Haute-Egypte, donc. - Et s’il s’agissait d’invoquer le roi de Basse-Egypte, ce serait une abeille qui prendrait la place du roseau.)



     Remarquez que, par pure déférence, bien que dans ma traduction, le terme "roi" arrive en dernier lieu, les Egyptiens le plaçaient, quant à eux, en toute première position : il s’agit là de ce que les égyptologues nomment soit une métathèse de respect, soit une antéposition honorifique.


     Ensuite, le triangle, une des formes conjuguées du verbe donner précède les trois signes qui signifient offrande : le pain sur la natte (qui se translittère "htp"), suivi de la galette de pain, correspondant à notre lettre "T" et du siège cubique, notre lettre "P", ces deux derniers pictogrammes exprimant une partie de la valeur phonétique du nom donné à la natte sur laquelle repose le pain ("hetep") de manière à mieux en préciser la prononciation car il ne faut pas oublier qu’à l’instar de la majorité des langues sémitiques, l'égyptienne n’écrivait pas les voyelles proprement dites, donnant donc aux consonnes le rôle primordial.


     Sous ces cinq premiers signes hiéroglyphiques, référence est faite, non pas à Anubis comme dans la formule d’offrandes que nous avions lue sur le petit bassin de calcaire auquel je viens ci-dessus de faire allusion, mais à Osiris, qui préside aux Occidentaux, c’est-à-dire à Osiris en tant que dieu des morts, puisque dans leur grande majorité, les nécropoles se trouvaient à l’Ouest du Nil, à l’Occident, là où le soleil se couche.


     La suite de l’inscription demande donc que soit formulée l’offrande invocatoire pour, dans la quatrième et dernière colonne, la personne (= le Ka) du scribe Ounsou, justifié. Ou : Juste de voix.


     A quoi donc correspond cette dernière épithète ?


     Il faut savoir que chaque défunt devait passer devant le Tribunal d’Osiris. C’est d’ailleurs ce moment précis que, par parenthèses, propose la vignette qui chapeaute tous les articles de mon blog, depuis sa création, et que les égyptologues ont l’habitude de désigner d’un terme grec : psychostasie (= Pesée de l’âme).
 

     Lors de cette confrontation devant les 42 "juges", le défunt prononce la fameuse "Confession négative" (que j’évoquerai l’année prochaine dans un nouvel article) qui ne consiste nullement en un aveu de fautes personnelles, mais énumère les actions mauvaises qu’il s’est bien gardé de commettre.


     Cette déclaration faite, le mort était automatiquement absous de ses péchés : c’est la raison pour laquelle les deux plateaux de la balance, tant celui qui portait le coeur (sa conscience) que celui qui contenait une statuette de Maât, la déesse de la Vérité-Justice, se trouvaient au même niveau : indépendamment des paroles prononcées par le défunt, la force magique de l’image ne pouvait que déboucher sur un jugement favorable lui permettant d’être déclaré "justifié", "juste de voix", c'est-à-dire juste devant le tribunal osirien.



 

     Quelque peu différente se présente la formule d’offrandes gravée sur l’autre côté du siège, à la gauche en fait d’Imenhetep et qui se lit également de haut en bas, de l’avant vers l’arrière, c’est-à-dire de gauche à droite pour nous sur cette photo, ainsi que pour les hiéroglyphes à l’intérieur des quatre colonnes.


     Certes, comme pour Ounsou, elle commence par identiquement la même invocation à Pharaon (dont le nom n’est pas mentionné) et à Osiris, mais en outre, elle énumère une série d’activités auxquelles la défunte souhaite se livrer dans l’au-delà : boire l’eau du fleuve, respirer le doux souffle du vent du Nord, (deuxième colonne), etc. Et se termine, comme souvent quand il s’agit d’une dame, par la formule : pour la personne (= le Ka) de la maîtresse de maison ...


     Suit alors son nom : Imenhetep, que vous distinguez dans les quatre derniers signes hiéroglyphiques de la dernière colonne.



     Dans de précédents articles, j’ai déjà beaucoup insisté sur l’étroite relation existant entre image et écriture, sur l’interdépendance entre la statuaire - art tridimensionnel, s’il en est - et le texte, différents, certes, mais ressortissant à un même système d’expression.

     Une nouvelle preuve nous en est donnée ici : vous aurez en effet remarqué qu’à la différence, par exemple, du petit bassin auquel j’ai souvent fait allusion aujourd’hui, sur la margelle duquel, après le nom de la défunte figurait le déterminatif d'une dame assise respirant une fleur de lotus, sur le présent groupe conjugal ne se retrouve aucunement semblable signe, ni pour Ounsou ni pour son épouse.



     En réalité, leur absence s’explique par le fait que c’est la statue elle-même qui remplit ce rôle : tant la représentation du mari que celle de sa femme figurent l'immense déterminatif qui complète leur prénom à chacun.

     A présent, ami lecteur, je vous convie à m'accompagner de l'autre côté de la vitrine pour découvrir l'arrière du monument.




     Pas résolument cintré, mais pas franchement rectangulaire non plus puisque l'artiste a arrondi les coins de la partie supérieure, ce dossier contre lequel s'appuient Ounsou et son épouse prend ici l'aspect d'une stèle tout à fait classique.

     A l'intérieur d'un encadrement qui court sur tout le pourtour de la pierre, laissant approximativement, dans sa partie inférieure, un sixième de la surface totale complètement anépigraphe (en fait, il s'agit de la hauteur du socle sur lequel, à l'avant, les personnages posent les pieds), le lapicide a inscrit une longue formule d'offrandes - autre que celles que vous avez découvertes ci-dessus, de chaque côté du siège -, en beaux hiéroglyphes également gravés en creux, cette fois non pas en colonnes verticales, mais en lignes horizontales se lisant de droite vers la gauche, et de haut en bas.

     Ce n'est, par parenthèses, que depuis le Moyen Empire seulement que fut prise l'habitude d'ainsi utiliser l'arrière de semblables monuments pour y graver, en tout ou en partie, des textes qui, le plus souvent, reprennent la classique formule d'offrandes. Car avant, à l'Ancien Empire donc, le dos de ces statues restait anépigraphe. 

   Ici, le texte est tout entier couronné de motifs symboliques relativement fréquents sur les stèles de cette époque : de part et d'autre de l'anneau-chen (ou shen, suivant certains égyptologues) qui surmonte un petit vase se retrouve un oeil oudjat.


     L'anneau-chen, signe circulaire, sorte de boucle n'ayant ni commencement ni fin, figure le concept d'éternité : c'est le symbole de la force et de la durée universelle.

     Le vase, pour sa part, vous est déjà connu puisqu'il ressemble tout à fait à celui qui contenait l'aiguière exposé dans la vitrine 2 de cette même salle. 

     Quant à l'oeil oudjat symétriquement gravé de part et d'autre, symbole de santé morale et physique, il fait référence à l'oeil gauche qu'Horus aurait perdu lors du combat qui l'opposa au dieu Seth pour la possession du royaume d'Egypte. Thot, par magie, le lui aurait guéri et rendu. Il en aurait alors fait le prototype de l'intégrité physique : c'est la raison pour laquelle cet oeil figure souvent sur les côtés de certains sarcophages où il garantit au défunt le plein usage de son corps et, sous forme d'amulette, il peut aussi être placé sur l'incision abdominale pratiquée sur le corps des défunts aux fins de retirer les viscères pendant la momification.

     L'oeil gauche d'Horus est aussi associé à la lune, tandis que son oeil droit, demeuré intact, l'est au soleil.

     Souvent, de part et d'autre de cet oeil, on rencontre sur les stèles une figuration d'Anubis sous la forme d'un chacal couché sur sa chapelle. Ici, l'artiste ayant apparemment plébiscité le format assez grand de l'oeil, n'a pas trouvé place pour y ajouter quoi que ce soit d'autre.

     Ces quelques signes à valeur hautement symbolique mettent donc l'accent sur la santé morale et physique des défunts auxquels toute la formule d'offrandes qu'ils précèdent est dédiée, sur leur éternité dans l'au-delà et sur la pureté rituelle qui doit être la leur.



     La première des huit lignes de l'inscription commence classiquement par les cinq hiéroglyphes du Offrande que donne le roi que vous reconnaissez maintenant pour les avoir déjà rencontrés, notamment ci-dessus, sur chacun des côtés du siège. Suit une partie abîmée, probablement martélée, illisible de ce fait comme le sont d'autres passages ici et là. Ce phénomène de martelage fut malheureusement assez récurrent au Nouvel Empire, sous les règnes de différents pharaons.

   Et cette première ligne horizontale de se terminer par l'invocation à Osiris, souverain de l'éternité. Qui est dans la nécropole, poursuit la deuxième ligne après un début "effacé", afin qu'il leur donne l'offrande invocatoire (littéralement : une sortie de voix) constituée non seulement de pain et de bière, de têtes de bétail et de volailles et, trouvons-nous à la ligne suivante, de jarres d'albâtre, de vêtements et d'encens, mais aussi consistant en tout ce que livre le ciel et ce que crée la terre.

     L'intéressant, ici, réside dans le fait que, contrairement aux autres inscriptions de ce type que vous avez précédemment découvertes, cette formule, en énonçant tout ce dont auront besoin les deux défunts pour leur survie dans l'au-delà, s'avère extrêmement complète.

     Autre détail nouveau : pour la première fois sur ce groupe conjugal, avec le pronom "leur" à la deuxième ligne (afin qu'il leur donne l'offrande ...) apparaît une inscription destinée à être commune aux deux défunts : en effet, dans tous les autres textes de face comme sur les côtés, le lapicide a différencié et particularisé les formules pour Ounsou et pour Imenhetep, tandis qu'ici, ils sont associés dans la même invocation. Même si, dans les trois dernières lignes, vous retrouvez la demande du doux souffle du vent du Nord pour la personne (= le Ka) du scribe de la ville du Sud (= Thèbes), Ounsou, justifié - (sur un des côtés du siège, cette requête concernait son épouse seule, souvenez-vous) -; et, pour terminer, toujours à propos de Imenhetep, l'indication déjà présente de face, le long de sa jambe gauche, qu'elle est sur sa place (= sur son siège), le coeur empli de joie.
 
     La fin du texte se perd dans de nouveaux martelages ...

   
     Voici, ami lecteur, par cette approche que j'ai voulue à la fois esthétique, mardi dernier, et aujourd'hui philologique, ce que j'escomptais vous donner à comprendre d'un monument dédié à ce scribe de la XVIIIème dynastie, comptable des greniers du temple d'Amon, à Thèbes, et à son épouse, avant de prendre momentanément congé de vous, dans cette catégorie d'articles à tout le moins, puisque c'est seulement ce samedi 20 décembre que je clôturerai définitivement 2008 en vous proposant, en guise de cadeau de fin d'année, un de ces poèmes d'amour dont nous enchante la littérature égyptienne.                 

 

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 00:00


     Provenant du Papyrus Harris 500 dont je vous avais déjà proposé un extrait le 29 juin dernier, ces paroles à placer dans la bouche de l'Aimée :  


Mon coeur est en accord avec moi

Je veux faire te concernant ce qu'il désire

"Je suis dans tes bras" est l'aspiration

Qui met du fard sur mon oeil.

Te voir illumine mes yeux

Quand je me trouve à ton contact,

De par la contemplation de tes attraits.
Héros de mon coeur !
Qu'elle est belle mon heure !
Si seulement l'heure se trouvait être l'éternité
Quand je suis allongée avec toi !
Reprends-toi, mon coeur,
Dans la peine ou dans la joie,
Ne m'abandonne pas !


(D'après la traduction de Pascal Vernus : 1993, 81-2)

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Littérature égyptienne
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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 00:00

 

     Parce que le titre le plus "noble" pour un artiste égyptien était celui de sculpteur, désigné d’ailleurs dans la langue de l’époque par la périphrase : Celui qui fait vivre; parce que les statues étaient appelées Images vivantes, il n’est nullement malaisé de comprendre que cette statuaire, qu’elle soit royale ou privée, faisait l’objet d’un certain nombre de rites dont celui de l’ "Ouverture de la bouche" n’était pas le moindre, qui permettait au défunt de recouvrer un des sens essentiels de sa personnalité : la parole.


     Loin d’être destinées à devenir l’objet de regards indiscrets - nous sommes finalement, nous, visiteurs de musées, des "voyeurs" en la matière -, les statues de particuliers proviennent majoritairement des tombes, mastabas et hypogées qu’à toutes les époques, nobles et courtisans, hauts dignitaires du royaume ou fonctionnaires zélés, parfois pensionnés par le souverain, se firent construire (ou creuser). Et ce, donc, par pur privilège régalien.


     Des tombes, et plus spécifiquement encore, nous l’avons vu de conserve, ami lecteur, en visitant les deux ensembles reconstitués de manière très différente dans cette salle 4 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, de leur chapelle funéraire.


     En effet, qu’elles soient placées dans la partie réservée au culte, accessible donc aux vivants, ou enfermées dans le "serdab", cette pièce aveugle que seule une fente soupirail aménagée dans un des murs reliait à la chapelle proprement dite, ces statues, comme l’expliquent déjà les textes de l’Ancien Empire, ont une signification particulière : loin d’être des corps de substitution à disposition du défunt, mais faisant néanmoins partie intégrante de son mobilier funéraire, elles l’identifient en indiquant et son nom et ses titres. C’est en effet l’appellation, en Egypte antique qui, non seulement déterminait l’être, mais aussi se devait de pérenniser son souvenir.


     Les statues sont dès lors le support d’une identité basée sur la réunion des différents éléments constitutifs du défunt. Le terme twt, en égyptien, qui signifie donc image (ce twt que nous retrouvons dans Toutankhamon = Image vivante d’Amon), tire son origine étymologique du verbe "être identique", mais aussi "rassembler".


     On retrouve donc en elles tous les éléments qui font qu’elles sont identiques à leur modèle, pas physiquement bien entendu, mais eu égard à ce qui constitue leur nature : réunion du ka (le double, la force vitale), du ba (l’âme) et du khat (le corps); mais aussi sexe, patronyme et titres divers ...


     C’est la raison pour laquelle une statue anonyme ne représentait rien d’autre que la matière dans laquelle elle avait été réalisée. L’inscription primait; et si, d’aventure, elle avait, pour une raison (idéologique, souvent) ou une autre, été martelée, donc effacée de la mémoire des hommes, la statue désormais sans personnalité propre pouvait être réutilisée au profit de quiconque y ferait alors graver son nom.


     Mais dans les tombes, j’aime à le rappeler, la statue avait surtout pour fonction première d’accueillir les offrandes, essentiellement alimentaires, indispensables à la survie du défunt dans l’au-delà, qu’apportaient régulièrement prêtres, amis et membres de sa famille.


     Avec le temps, avec l’évolution des rites funéraires, les inscriptions, très restreintes au début de l’Ancien Empire, prendront de l’ampleur et, de bas-reliefs qu’elles étaient aux toutes premières époques, deviendront très vite - dès la IVème dynastie déjà - de vrais textes avec formules d’offrandes, gravés en creux et parfois rehaussés de peinture.


     Disposés en colonnes verticales et/ou en lignes horizontales, ces textes combleront très souvent toutes les parties libres devant et autour du ou des personnages sculptés : il y en aura sur le socle, mais aussi à l’avant et sur les côtés du siège, s’ils sont en position assise.


     A l’Ancien Empire, et pour une raison encore inexpliquée, l’importante surface de l’arrière du siège ou du pilier dorsal, s’il y en a un, est restée anépigraphe, à tout le moins dans la statuaire privée. En revanche, au Nouvel Empire, comme vous le constaterez mardi prochain, cette partie dorsale des statues de particuliers recevra elle aussi force signes hiéroglyphiques.


    C'est donc un exemple de cette statuaire du Nouvel Empire que je vous invite à découvrir avec moi aujourd'hui, ami lecteur, en nous arrêtant un instant devant cette vitrine 4 censée représenter la niche au fond de cette chapelle funéraire aux parois de laquelle nous avons admiré ensemble, mardi dernier, une série de fragments peints consacrés aux travaux agricoles.


     Ounsou et Imenhetep. Un scribe comptable des greniers du temple d’Amon, à Thèbes, à la XVIIIème dynastie, et son épouse, immortalisés grâce à cette statue-groupe en grès doré de 78 centimètres de hauteur, 45 de large et 43 de profondeur.

 


     Tout de suite, et comparativement à d’autres figurations de ce genre que vous avez déjà peut-être eu l’occasion d’admirer, vous constaterez qu’assis côte à côte sur une banquette commune à haut dossier vertical montant pratiquement jusqu’au sommet de leur tête, l’homme et la femme sont représentés à la même échelle, et dans une parfaite symétrie : existe donc ici totale conformité entre ce que nous voyons et la réalité biologique.


     Ce qui ne fut pas toujours le cas dans la statuaire égyptienne, notamment à l’Ancien Empire où, souvent, l’épouse figurait dans une taille nettement inférieure à celle de son époux (pour d’évidentes raisons "hiérarchiques", d’application, par ailleurs, dans bon nombre d’autres civilisations antiques).


     Fortement inspirée de la statuaire royale qui nous propose Pharaon soit accompagné de la reine en titre, soit de la reine-mère, l’iconographie générale de cette dyade se réfère au modèle classique du couple assis, l’homme à la droite de son épouse, tous deux mutuellement enlacés.

Je n’aurai pas l’inconvenance d’ajouter, à cause de la distance qui les sépare, amoureusement enlacés ...


                                                               





     Cette "intimité" soulignée par le geste des bras qui les unit - son bras à elle, le droit, passant sur celui de son époux -, et bien visible pour nous qui les regardons de face, a été accentuée par l’artiste qui a poussé le détail jusqu’à tailler les doigts posés sur la partie supérieure du bras du conjoint : ici, par exemple, ceux d’Imenhetep sur le bras droit d’Ounsou.








     Les égyptologues ont longtemps pensé que ces couples de particuliers ainsi enlacés constituaient une nouveauté de l’art du Nouvel Empire; de l’art, mais aussi de l’évolution des mentalités car, précédemment, seule une femme s’autorisait, parfois, ce geste d’affection.

 

     Or, il semblerait qu’il faille revoir cette théorie dans la mesure où les fouilles entreprises par l’IFAO (Institut français d’archéologie orientale) à partir de 1984 dans la nécropole de Balat ont mis au jour un groupe semblable à celui d’Ounsou et de son épouse datant de la VIème dynastie.
A l’Ancien Empire, donc.

    
     Encore faudrait-il en retrouver d’autres pour confirmer ou infirmer cette thèse qui ne demande qu’à être démontrée ...

 

     Représentés tous deux dans une attitude traditionnelle - le bras restant libre posé sur le genou -, ils concrétisent l’image type du fonctionnaire de haut niveau dans la société de son époque, assis aux côtés de celle qui l’accompagne dans la vie.

 

     Le visage d’Ounsou est paré d’une perruque évasée, s’arrêtant aux épaules, mi-longue, que ne sépare aucune raie médiane, et retombant sur les épaules en grosses mèches longues parallèles et unies, délimitées par de profonds sillons, sans que soit évoquée la moindre boucle.


     Travail relativement fruste dans son modelé, ce type de perruque que les égyptologues appellent "en poche", n’est pourtant pas l’apanage des hommes puisqu’il existe, ici, au Musée du Louvre, des coiffures de ce genre sur l’une ou l’autre représentation féminine.


     Il est très probable que si le ciseau de l’artiste avait entièrement dégagé la silhouette d’Ounsou du bloc de pierre avec lequel elle fait corps, vous auriez pu admirer l’arrière campaniforme de cette coiffure.


     De face, descendant relativement bas sur le front, l’ensemble des cheveux est rejeté derrière les oreilles, sensiblement décollées.


     Petite remarque, au passage : les perruques égyptiennes étaient réalisées soit avec des cheveux véritables, soit en lin tressé.


     Dernier détail capillaire le concernant, Ounsou arbore une courte barbe semblable à celle portée de leur vivant par les dignitaires.


                                                     




     Quant à Imenhetep, elle est coiffée d’une lourde et longue perruque tripartite à tresses égales dont les retombées, à l’avant, atteignent la poitrine, encadrant complètement un visage qui nous apparaît ainsi particulièrement rond.









     Mais quelle que soit la forme de ces deux faciès, quel que soit le type de perruque de chacun de ces deux personnages, l’artiste a remarquablement traduit dans la pierre la même expression de douceur, de sérénité. Leur bouche semble d’ailleurs esquisser le même très léger sourire ... 

     Et ce ne sont certes pas les quelques parties abîmées - lobes d'oreille et narines, pour Ounsou, entre autres -, qui  actuellement hypothéqueraient en quoi que ce soit l'impression de sérénité qui se dégage de cet ensemble.




     La symétrie de leur vêtement se doit d’être également notée.



     En effet, de prime abord, ils semblent tous deux porter une longue robe moulante s’arrêtant au-dessus des chevilles. En fait, et en examinant ce couple de plus près, vous remarquerez sans difficulté que, si c’est bien le cas pour sa compagne, il n’en est rien pour Ounsou : ce dernier est figuré torse nu; et seul un mince liseré sous le nombril d’où sort une boucle nous fait comprendre qu’il porte un pagne long maintenu par une ceinture nouée.


     L’apparence fort moulante du tissu de la robe d’Imenhetep suggère un corps relativement mince, excellemment proportionné, qui tendrait à prouver que l’artiste aurait volontairement visé à quelque peu personnaliser l’attitude relativement figée que la position frontale entraîne automatiquement.


     Symétriques également leur attitude, je l’ai déjà signalé, mais aussi le traitement des deux corps - ventre plat, étranglement affirmé de la taille -; et leur position : assis l’un à côté de l’autre sur un siège commun, sans toutefois être accolés, genoux serrés et jambes obligatoirement parallèles, cause de l’étroitesse du vêtement, pieds assez massifs posés à plat sur le socle, exactement au même niveau, avec le même écartement et le gros orteil sensiblement détaché des autres doigts de pied.


     Symétrique enfin le manque de parure : absence de bracelets, de collier chez Imenhetep, mais aussi chez Ounsou. Si je vous semble insister sur ce petit détail, pour ce qui le concerne, lui plus spécifiquement, c’est simplement parce que, très souvent, ces importants fonctionnaires du royaume aimaient à montrer qu’ils étaient "favoris" du souverain et que, pour les services rendus, ils avaient reçu de ses mains propres, le large collier "Ousekh" fait de plusieurs rangs de perles multicolores : "l’or de la récompense", précisent les textes.


     Comme la majorité des statues égyptiennes, ce groupe conjugal privé est non signé. Il existe toutefois, au Musée du Caire, une sculpture semblable représentant Sennefer, maire de Thèbes, assis avec son épouse dont, fait rarissime, le nom des deux artistes qui l’ont réalisée est mentionné dans une colonne verticale gravée sur le côté gauche du siège (JE 36574  -  CG 42126) .


     Assez fruste en définitive, le siège précisément sur lequel sont installés Ounsou et Imenhetep est formé d’une large banquette à dosseret rectangulaire, aux coins supérieurs arrondis, assez haut puisqu’il monte jusqu’au niveau de leur tête à chacun. Ce qui me semble tout à fait logique dans la mesure où, comme j’ai eu l’occasion de le souligner ci-dessus, les corps de ce couple n’ont pas été détachés du bloc de grès dans lequel le sculpteur les a taillés.


     Ce type de siège n’est en outre évidemment pas le seul connu dans le corpus de la statuaire égyptienne : de nombreuses variantes existent qui proposent ou non un dossier complet, ou avec parfois un simple pilier vertical au niveau de la colonne vertébrale (que les égyptologues appellent "pilier dorsal"); avec ou sans coussin sur le siège proprement dit; de forme ou non cubique; destiné pour une seule ou plusieurs personnes; recouvert ou non de hiéroglyphes ...


     Parfois aussi, dans un groupe privé semblable à celui de cette vitrine, a-t-il été demandé à l’artiste d’adjoindre la figure d’un ou des enfants du couple.


     Enfin, il est assez symptomatique aussi de se rendre compte que dans ce type de sculpture, les personnages sont quasi toujours représentés dans l’état privilégié d’une relative jeunesse.

 

(Barbotin : 2007, passim; Berlandini : 1986, 3-11; Delange : 1987, passim; Vallogia : 1989, 271-82; Vandersleyen : 1973, 13-25; Ziegler : 1997, passim)


     N’étant pas Parisien, ne résidant pas en région parisienne, et n’ayant dès lors nullement cette intéressante opportunité d’effectuer autant de visites au Louvre que je le désirerais, je ne dispose aucunement d’un fonds iconographique suffisant pour être à même d’accompagner mes propos, ici sur mon blog, article après article.


     C’est la raison pour laquelle je voudrais profiter de celui d’aujourd’hui pour rappeler combien je suis redevable aux uns et aux autres sur le Net, de l’excellence de la documentation mise à disposition. Notamment, à tout seigneur tout honneur, le site propre du Musée du Louvre et sa base de données "Atlas"; également le site "Insecula", mais aussi ceux de quelques particuliers, férus d’égyptologie, qui m’ont gentiment autorisé à puiser dans leur album photographique.


     Mardi prochain, ami lecteur, nous terminerons la visite de la chapelle d’Ounsou avec toujours cette vitrine 4 dans laquelle est exposée la statue de son couple, mais en plébiscitant une approche philologique cette fois, c’est-à-dire en mettant plus particulièrement l’accent sur les inscriptions hiéroglyphiques que le lapicide y a gravées.


     D’emblée, je voudrais attirer votre attention sur le fait qu’avec les seuls documents proposés par les sites brièvement indiqués ci-dessus, je n’eusse pu vous proposer une analyse générale de ces inscriptions dans la mesure où quand j’ai pris note, voici quelques années déjà, des antiquités de cette salle, j’ai complètement omis d’en recopier les textes.


     Aussi, et c’est à cela que je veux en arriver, je tiens à compléter dès à présent la liste de mes précédents remerciements en y ajoutant une mention toute particulière à la conceptrice du blog "Louvreboîte" (http://louvreboite.over-blog.fr/ - site que je vous invite vivement à parcourir afin d’y découvrir, avec humour, les "coulisses" du musée qu’il n’est jamais donné, à nous simples touristes, d’aborder.) En effet, suite à une requête de gros plans photographiques des côtés et de l’arrière du monument qu’à tout hasard je lui avais adressée, cette dame a aimablement et judicieusement répondu à mon attente.


     Que l’élégance de son geste trouve ici, par ces quelques mots, toute l’expression de ma profonde gratitude : sans les clichés qu’avec une déconcertante célérité elle m’a fait parvenir, bien des traductions que vous découvrirez la semaine prochaine n’eussent pu voir le jour.

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