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9 janvier 2018 2 09 /01 /janvier /2018 01:00

 

 

     Nonobstant le fait que, pour comptabiliser les années, les Égyptiens de l'Antiquité n'eussent jamais pu atteindre semblable nombre calendaire dans la mesure où, depuis le Nouvel Empire, ils recommençaient leur comput en l'an 1 à chaque intronisation d'un nouveau souverain ; le fait aussi que le 1er janvier, pour autant qu'ainsi il eût été nommé, n'eût correspondu à aucun événement particulier puisque le calendrier en usage étant essentiellement basé sur le cycle des trois saisons, c'était le début de la crue du Nil, conjointement à l'apparition de l'étoile Sothis dans le ciel, aux environs de notre 19 juillet actuel qui, pour eux, marquait le commencement d'une nouvelle année ; nonobstant ces deux restrictions d'égyptophile, je souhaite aujourd'hui avant toute chose, amis visiteurs, - dussé-je encourir le risque de paraître à vos yeux, parce que nous sommes déjà en la deuxième semaine de janvier, pétri de propos itératifs, tautologiques -, à grandement tous vous remercier pour les vœux que, pendant ces congés octroyés loin de l'ordinateur, vous me fîtes si aimablement parvenir et, bien évidemment, à cordialement vous réitérer ceux présentés au terme de notre dernier rendez-vous de décembre 2017.

 

 

VŒUX  2018

 

     À l'instar des riverains du Nil qui, à partir de la XVIIIème dynastie, et plus habituellement encore à l'époque tardive, s'offraient notamment semblables bouteilles lenticulaires contenant, est-il commun de penser, quelques lichées de l'eau bienfaitrice du premier jour de la crue, et sur le pourtour desquelles, - certains assurément s'en souviendront, je l'ai longuement expliqué en septembre 2013, à propos de l'exposition "Histoires d'eaux. Du Nil à Alexandrie" qui s'était tenue cet été-là au Musée royal de Mariemont, en Belgique -, vous lirez parfois cette formule traditionnelle

 

Que s'ouvre pour vous une belle année

 

 

puissiez-vous, au goulot de l'une d'elles, longtemps encore, étancher votre soif de découvertes aux côtés d'ÉgyptoMusée.  

 

     Et pour ce qui me concerne, j'espère que, porté tout autant par cette fidélité qui caractérise nombre d'entre vous depuis bientôt dix ans maintenant que ce blog existe que par celle qui anime maints nouveaux abonnés, entouré de toute votre amitié, encore et toujours, j'éprouverai l'envie, partant le bonheur de poursuivre avec vous ma quête de Beauté, de salle en salle, de vitrine en vitrine, au sein du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre. 


     Aussi, comme annoncé à l'heure où je pris congé de vous le 19 décembre, je vous propose d'ores et déjà ce matin de préparer notre future entrée en salle 3 par quelques considérations liminales.

 

 

 

VŒUX  2018

 

 

     " Les collections de monumens égyptiens que réunit le zèle si louable des amateurs, sont, en général, formées dans l'unique but d'éclairer l'histoire de l'art, et d'apprécier, comparativement, les procédés de la sculpture et de la peinture à différentes époques et chez des nations diverses.

(...)

     Mais l'importante et nombreuse suite de monumens égyptiens, dont la munificence royale vient d'enrichir le Musée Charles X, devant, en quelque sorte, servir de sources et de preuves à l'histoire toute entière de la nation égyptienne, avait besoin d'être coordonnée sur un plan différent ; il fallait, de toute nécessité, avoir égard à la fois, soit au sujet même de chaque monument, soit à sa destination spéciale, et que la connaissance rigoureuse de l'un et de l'autre déterminât la place et le rang qu'il devait occuper. "

 

 

 

Jean-François  CHAMPOLLION LE JEUNE

Notice descriptive des monumens égyptiens du Musée Charles X

 

Paris, Imprimerie Crapelet, 1827

pp. i et ii

 

(Librement consultable sur le site de Gallica)

   

 

       

 

 

     Dans cet "Avertissement" rédigé par Jean-François Champollion grâce auquel, je vous le rappelle, moult collections d'antiquités égyptiennes furent acquises par la France, l'inventeur des hiéroglyphes nommé en mai 1826 par Charles X Conservateur des Antiques du Musée royal du Louvre, (seconde division), - comprenez : de la suite de salles dédiées à l'Égypte qui alors se créèrent -, précise, à l'entame de sa "Notice descriptive ...", - dont j'ai ici respecté et l'orthographe et la ponctuation originales -, sa propre vision d'un tel département, vision à deux voies qui, bien longtemps après, en décembre 1997, à vrai dire, voici donc à peine vingt ans, prendra véritablement effet quand Jacques Chirac, alors Président de la République française, inaugura officiellement le nécessaire réaménagement muséographique des collections égyptiennes souhaité et réalisé de main de maître par les huit conservateurs auxquels avaient été "rendus" de nouveaux espaces de l'ancien palais des rois de France : c'est dans ce superbe Département des Antiquités égyptiennes que, j'espère, vous apprenez à maintenant mieux connaître, que je vous propose de poursuivre nos déambulations.

 

     Permettez-moi de rappeler au passage, qu'à partir de cette salle 3, il s'éploie sur deux niveaux distincts : l'un, au rez-de-chaussée de ce qui est communément appelé "l'aile Sully", décline tout au long de ses 19 salles successives différentes thématiques caractérisant la civilisation des rives du Nil ; l'autre, au premier étage de cette même section du Musée, observe d'un point de vue éminemment chronologique l'évolution de l'art jadis réalisé par d'immenses artistes.  

 

    Cette troisième salle, ouvrira notre parcours par une évocation du Nil, le fleuve colonne vertébrale, le fleuve pérenne dont l'inondation annuelle, bienfaitrice, était attendue avec impatience dans la mesure où, apportant le limon, engrais naturel, elle permettait à la population de cultiver une terre constamment asséchée, faute de pluie.

     Et, dès lors, d'avoir de quoi se nourrir une nouvelle année encore.
 

 
VŒUX  2018

 

     Portant le titre générique "Le Nil", vaste, claire, aérée, - hébergeant seulement trois vitrines au sol et deux aux murs -, cette salle offre la particularité pédagogique de proposer trois grandes cartes, situées dans l'embrasure de chacune des fenêtres donnant sur la Cour Carrée, 

 

 

VŒUX  2018


panneaux didactiques qui, en relation directe avec les différents monuments exposés, présentent l'Égypte ancienne selon trois axes primordiaux : l'environnement politique, illustré par la première des cinq vitrines que je vous ferai découvrir dès la semaine prochaine ; le cadre physique et naturel, dévoilé par la grande armoire vitrée centrale et une troisième, murale celle-là. Puis, pour terminer, les deux dernières s'attacheront plus spécifiquement à expliciter la topographie religieuse du pays.

 

     Rendez-vous est pris, à tout le moins dans mon chef, pour la semaine prochaine aux fins de nous pencher sur la vitrine 1 de la salle 3 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre. 

     Et dans le vôtre, amis visiteurs ?

 

 

 

 

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commentaires

P
BonJour Richard,<br /> Que seraient les études historiques sans le sel de la concordances des calendriers ?<br /> Question idiote puisque mon propos est de tout simplement te souhaiter une belle nouvelle année de passion pour l' Egypte, passion que tu nous faits si merveilleusement partager. Merci Richard.
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R
Merci pour tes vœux accompagnant ton aimable commentaire, Pierre.
C
J'aime beaucoup cette idée d'ouvrir les années par le goulot. <br /> Que 2018 étanche toutes vos soifs, de culture, et de bonheur aussi !
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R
Grand merci Carole.<br /> Pour vous également, j'espère le meilleur tout au long de 2018.<br /> <br /> Amicalement, Richard.
F
Ravie de vous retrouvez cher Richard pour une année 2018 qui doit nous offrir des pages de découvertes tout au long du Nil !! Une petite gorgée d'eau sacrée nous fera une bonne santé pour cette année qui s'annonce pleine de nouvelles découvertes égyptiennes!! Je vous souhaite une santé à toutes épreuves afin de vous retrouver toutes Mardi!! Bisous FAN
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R
Merci chère Fan.<br /> À vous, à votre blog aussi bien entendu, je souhaite le meilleur pour 2018.<br /> Amicalement, Richard.
C
Plaisir d'un rendez-vous mêlé de culture et d'amitié, joie de remonter le temps en votre compagnie et de savourer vos articles, toujours écrits avec tant de générosité...<br /> Je vous remercie cher Richard et vous réitère mes meilleurs vœux pour l'année 2018 ! Bien sûr que vos amis lecteurs seront là pour une nouvelle année de partage et de complicité, de découverte et de réflexion, de plaisir historique, artistique, poétique, philosophique...<br /> L'idée d'offrir ces bouteilles lenticulaires est très intéressante. Eau sacrée, crue du Nil et apparition de l'étoile Sothis au creux de l'été... Cela nous rappelle que l'année a connu bien des commencements différents, en Occident : 1er février pendant un temps, puis 1er mars et 1er avril avec l'avènement des fameux poissons... Idée de l'eau purificatrice, des ablutions qui « nettoient » mentalement et physiquement et permettent de franchir le plus sainement possible les portes de l'année...<br /> Je vous remercie encore, meilleurs vœux, meilleures pensées et beaucoup d'amitié !<br /> Cendrine
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R
Grand merci à vous pour ce nouveau très beau commentaire, chère Cendrine. Merci aussi de rappeler qu'effectivement, le calendrier que nous connaissons maintenant est passé par bien des étapes successives ... dont certaines traces sont visibles dans le nom donné aux derniers mois de l'année avec octobre, novembre et décembre dont les préfixes font respectivement allusion à 8, 9 et 10 alors qu'ils sont les 10ème, 11ème et 12ème mois !!<br /> <br /> Derechef, je souhaite le meilleur pour vous en 2018, et surtout au niveau de votre santé !<br /> Amitiés réitérées. <br /> Richard
D
Inondations bienfaisantes du mardi matin, limon fertile de votre blog et moissons prolifiques de nos lectures hebdomadaires, « Oupèr renpèt néferèt » (comme j'ai pu le trouver sur le net), cher Monsieur! Et merci de continuer ainsi à enrichir nos connaissances, et partager votre passion. Je suis chaque mardi un peu moins ignare et reste admirative autant que reconnaissante de votre assiduité ! <br /> Tous mes voeux pour vous, <br /> Caroline
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R
Grand merci pour vos vœux exprimés au sein d'un si beau et sympathique commentaire, Madame de Gottrau.<br /> <br /> Sans vouloir couper les cheveux en quatre, mais une faute d'orthographe, même dans une langue étrangère, reste une faute d'orthographe, permettez-moi, pour simple information mais aussi pour éclairer votre connaissance de l'écriture égyptienne, de vous signaler qu'ici une erreur de lecture des hiéroglyphes a été commise par la personne qui a traduit l'expression qu'en toute confiance vous avez reprise. <br /> En effet, ce n'est pas une bouche, qu'en français nous rendons par le son "R", qui termine les trois dessins introduisant cette formule égyptienne de vœux mais une galette de pain, matérialisant notre son "T". <br /> Dès lors, la formulation correcte n'est pas " Ouper " comme l'écrit par erreur le rédacteur du blog que vous avez consulté mais "Oupet".
C
C'est intéressant cette façon qu'avaient les Egyptiens de recommencer le comptage des ans à chaque nouveau souverain. Je suppose donc que l'âge avait peu d'importance pour eux, contrairement à aujourd'hui où l'on compte et triche avec les années qui passent sur les visages. Je suppose aussi qu'ils n'avaient guère l'occasion d'essuyer les outrages du temps car leur vie était bien plus courte.<br /> <br /> Est-ce que les bouteilles lenticulaires sont en verre? Je ne le distingue pas sur la photo... j'adore les objets en verre antique semi-translucide.<br /> <br /> Bon retour parmi nous pour une nouvelle année de découvertes.
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R
Beaucoup de textes, qu'ils soient administratifs ou autres, portent une indication chronologique commençant pas : " L'an X de tel ou tel souverain ... Je ne pense pas, Christiana, que cette façon de comptabiliser les années avait une quelconque origine dans l'importance ou pas accordée à l'âge réel : j'y vois une façon simple et rapide de caractériser les événements sans devoir s'imposer des chiffres énormes qui ne correspondaient à rien de bien précis. Pour nous, à part ce Jésus-Christ, pivot de la comptabilité des années avant lui et après lui, que peut bien signifier 2018 ? En revanche, je pense que nous "parlerait" bien plus le fait de se dire que nous sommes en 188 de l'indépendance de la Belgique ; ou, plus précis encore, en l'an 4 de Philippe Ier. Chez les Égyptiens, cette manière de comptabiliser les années faisait à chaque fois référence au souverain qui "gérait" leur vie, qu'ils honoraient de toutes les manières possibles, notamment en le citant ; mais aussi, était précisée, c'est important d'en être conscient, en mentionnant la saison et le quantième jour d'icelle.<br /> <br /> Détrompe-toi, Christiana, les "outrages du temps" sont parfois bien présents au niveau notamment de la statuaire royale : la très belle exposition Sésostris III, à Lille, voici quelques années, que tu as je pense visitée, nous a parfaitement permis de prendre conscience que certains visages de ce souverain se voulaient moins jeunes que d'autres ; ce qui était une manière dans son chef d'affirmer son autorité, de démontrer que l'âge aidant, il s'imposait d'une manière que l'on ne pouvait contester.<br /> <br /> <br /> Je terminerai par préciser que les "gourdes du Nouvel An" proposées sur ma photo d'une vitrine de l'exposition de Mariemont à laquelle je fais référence dans mon article de ce mardi de rentrée ne sont pas réalisées en verre mais dans une matière vitreuse qu'il est convenu, un peu erronément d'ailleurs, de nommer "faïence" alors qu'elle n'a strictement rien à voir, étymologiquement parlant, avec les objets en céramique produite par les ateliers de Faenza, en Italie. Mais faute de mieux, les cartels de musées et les catalogues d'exposition persistent à indiquer, parce qu'on n'en identifie pas encore vraiment avec certitude la composition, qu'elles sont faites en faïence ou en faïence siliceuse.<br /> <br /> Le très beau catalogue de l'exposition "Faïences de l'Antiquité. De l'Égypte à l'Iran" qui s'est tenue au Louvre en 2005, explique, p. 13, qu'il est convenu d'appeler "faïence", je cite : "un matériau composite fait d'une pâte siliceuse et recouvert d'une glaçure. La pâte peut être composée de grains de quartz ou de silex finement pulvérisés ou de sable. Les grains sont cimentés par une phase vitreuse contenant des alcalins (provenant du natron ou de cendres végétales) et de la chaux.Ces fondants alcalins permettent d'abaisser la température de fusion du quartz. Au cours de la cuisson vers 900/1000 ° C, une petite partie de la silice fond, une substance vitreuse se forme qui cimente les grains non fondus du corps. <br /> Dans un verre en revanche, tous les ingrédients doivent être fondus au chauffage." <br /> <br /> D'autres explications suivent concernant la glaçure et la fritte que tu me permettras de ne pas recopier ici, espérant que ma réponse aura suffisamment répondu à l'attente de l'artiste que tu es.
D
Je prends, ENFIN, le temps de lire attentivement votre article. Je vous remercie de nous permettre de passer un moment dans notre si beau musée accompagnés de vos explications.<br /> Je vous renouvelle mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année.<br /> Je viens de lire l'article d'Alain en hommage à France Gall et à cette si belle chanson "Cézanne Peint", grâce à votre lien. Quelle chance de pouvoir débuter une journée d'une si belle manière. Merci.
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R
Merci chère Maryvonne d'avoir pris la peine de suivre le lien que j'ai proposé vers le blog d'Alain : ses articles à propos de la peinture, - sa façon de la conter, surtout -, valent vraiment la peine que vous vous y abonniez, si ce n'est déjà fait ...
A
Je ne sais si le goût de l’eau du Nil versée par ces gourdes antiques est agréable, mais j’en reprendrai bien une lichée avec toi pour étancher cette soif de savoir qui anime tous les visiteurs de ce blog.<br /> Puisse cette eau bienfaitrice partagée t’apporter, tout au long de cette nouvelle année, la joie dans ta vie et celle de ceux qui te sont chers. <br /> Sans oublier le timbre mélodieux de la regrettée France Gall :<br /> <br /> Laissez passer<br /> Laissez passer les rêves
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R
Merci Alain pour ce beau commentaire de vœux.<br /> <br /> À mon tour, je souhaite, à toi et aux tiens, le meilleur pour 2018.<br /> <br /> Et longue vie également à ton superbe blog "Si l'art était conté" (http://www.httpsilartetaitconte.com/)
F
La grande ignorante que je suis vous remercie pour lui permettre de découvrir tant de merveilles.<br /> Que cette année soit belle et réussie pour vous et ceux que vous aimez.
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R
Merci pour vos vœux ... et votre fidélité, chère Françoise.<br /> À mon tour de vous souhaiter le meilleur pour 2018.<br /> <br /> Quant à votre "grande ignorance", permettez-moi d'être pour le moins circonspect ...

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