Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...
" Le canard égyptien, me disait-il un jour en me contant cette histoire, est un animal dangereux. Il vous accueille bénignement, mais si vous vous laissez prendre à son air innocent et que vous le pratiquez familièrement, vous êtes perdu : un coup de bec, il vous inocule son venin, et vous voilà égyptologue pour la vie."
Gaston MASPERO
Mariette (1821-1881). Notice biographique
dans Auguste MARIETTE
Oeuvres diverses, Tome 1
dans Bibliothèque égyptologique
contenant les oeuvres des égyptologues français,
Tome dix-huitième,
Paris, Ernest Leroux éditeur, 1904,
p. VI
Au pays des canards périgourdins, dans le minuscule hameau de Montfort en Dordogne, entre Sarlat et Carsac,
apposés l'un au dessus de l'autre sur une porte de bois, à gauche de la grille d'entrée d'une propriété privée, deux panneaux édifiants, à peine remarqués et probablement peu lus par les touristes ...
Exceptionnellement en ce début août, au mitan de deux destinations de vacances hors Belgique, alors que voici un mois je vous avais indiqué, amis visiteurs, ma décision de ne point vous importuner pendant cet été et de ne rouvrir les portes d'ÉgyptoMusée qu'en septembre, n'y tenant plus, je déroge aujourd'hui à ces deux promesses pour vous faire une importante révélation.
"Je connais le secret des hiéroglyphes", grava voici quelque quatre mille ans, sous le règne de Montouhotep II, le chef des artisans, sculpteur et scribe Irtysen, sur une grande stèle autobiographique cintrée, en calcaire, retrouvée à Abydos et maintenant exposée portant le numéro d'inventaire C 14 dans la première vitrine de la salle 7 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre.
Vous l'aurez compris, en ce juillet partiellement passé en terres d'anatidés de toutes plumes, l'Égypte me poursuit ...
Car, tout aussi péremptoirement qu'Irtysen, je puis aujourd'hui vous indiquer que, grâce à ces deux petites "stèles" modernes vissées sur une vieille porte en bois engoncée dans l'épais mur de pierre ceignant cette imposante propriété, je connais moi aussi un grand secret. Il concerne cette fois un Pharaon apparemment exilé sur les bords de la Dordogne qui mourut au hameau de Montfort, non pas d'un quelconque venin , - comme pourrait le suggérer la métaphore d'Auguste Mariette reprise en exergue de notre matinale rencontre impromptue -, mais manifestement ÉLECTROCUTÉ !!!
"On nous cache tout, on nous dit rien", affirma jadis Jacques Dutronc dans une chanson mémorable, s'inquiétant entre autres de savoir si l'obélisque fut déclaré au fisc.
De ce décès royal inopportun survenu à Montfort, les égyptologues patentés ne furent manifestement pas tentés de nous avertir ! Pis : sur cette "stèle" commémorative montfortoise, nulle mention du nom du Pharaon électrisé !
Aussi, j'en appelle solennellement aux plus égyptophiles d'entre vous, amis visiteurs : qui pourra me renseigner en m'indiquant lequel parmi les souverains égyptiens antiques subit ce bien triste sort loin des siens ? Et cela aux fins qu'en prononçant tous son nom, nous le rendions à nouveau vivant pour son éternité.
***
Désolé d'avoir peut-être perturbé votre engourdissement estival mais j'ai estimé que cette révélation capitale devait vous être faite et que cette dernière question devait vous être posée au plus tôt ... à tout le moins, avant de boucler derechef mes valises et de les emporter vers d'autres horizons pour aoûtiens ...
Ceci posé, n'oubliez pas : de manière à retrouver votre ÉgyptoMusée, prenez note de notre rendez-vous du mardi 5 septembre prochain.
Bonne continuation à toutes et à tous.
Richard