Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...
Dans un premier temps, je n'y pris pas vraiment attention quand je croisai son visage, hiératique, partiellement dissimulé dans la pénombre, m'observant peut-être depuis un certain temps déjà.
Une seule idée me taraudait alors depuis mes déambulations au sein du chantier de fouilles et des ruines exposées en plein air tout autour du Musée archéologique :
descendre vers le vieux port de Pythagorion et me rafraîchir au plus vite, estimant qu'aussi insignifiante "fontaine" archaïque ne me serait d'aucune utilité.
Ce n'est qu'après mon quatrième ou cinquième vin doux de Samos, - cette petite merveille que les dieux de l'Olympe n'eurent malheureusement jamais l'heur de déguster -, que je l'entendis nettement m'apostropher sous la forme d'un sympathique tutoiement depuis l'autre rive du petit port : Richard, août s'achève, annonça-t-il, - telle la pythie dont la légende veut que son nom provienne -, et avec lui, sois-en conscient, le terme de tes vacances !
Septembre se profile à l'horizon de ton ÉgyptoMusée, cher Richard. N'oublie dès lors point de tenir la promesse que tu fis à tes lecteurs voici deux mois déjà : votre rendez-vous du mardi 5 septembre prochain, pour évoquer à nouveau de conserve une thématique à propos de cette Égypte que j'ai jadis tant aimée.
Et c'est à ce moment précis que, joignant le geste à la parole, je le vis, oui, je vous assure que je le vis distinctement, - tel Platon au second plan, au centre de la fresque que Raphaël peignit dans la "Chambre de la Signature", au Vatican -, lever l'index droit vers le ciel, alors que dans cette oeuvre célèbre, l'immense artiste d'Urbino nous présentait ce même Pythagore, au premier plan, à gauche, rédigeant quelques notes sur une page d'un imposant ouvrage.
Et tout aussi distinctement, je l'entendis ajouter, le doigt toujours pointé vers l'azur embrassant l'île de Samos : "Est venu maintenant pour toi, Richard, le temps de reprendre l'avion vers ta Belgique natale."
Quelque peu ébaubi, mais décidant de réguler mes émotions, je commandai un ultime vin doux des caves autochtones.
Puis je me dirigeai vers le premier des taxis qui, en enfilade, sommeillaient dans la moiteur ambiante, le long du trottoir de la rue commerçante toute proche.
Et le lendemain matin, obtempérant à l'injonction du grand philosophe mathématicien, je pris l'avion qui, via Santorin, me reconduisit à Bruxelles,
abandonnant en chemin un soleil perpétuellement généreux et plus d'une trentaine de degrés si profitables à mes vieilles articulations, toutefois bien décidé à me contenter d'un ciel si gris, d'un ciel si bas qu'un canal ou se perdrait ou se pendrait, mais néanmoins sous lequel, amis visiteurs, avec un immense bonheur, aussi longtemps que vous me suivrez, il me siérait que nous continuions à cheminer ensemble ...