Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...
La Beauté ne peut être aimée d'une manière féconde si on l'aime seulement pour les plaisirs qu'elle donne. Et, de même que la recherche du bonheur pour lui-même n'atteint que l'ennui, et qu'il faut pour le trouver chercher autre chose que lui, de même le plaisir esthétique nous est donné par surcroît si nous aimons la Beauté pour elle-même, comme quelque chose de réel existant en dehors de nous et infiniment plus important que la joie qu'elle nous donne.
Marcel PROUST
John Ruskin
dans Gazette des Beaux-Arts, 1er avril 1900
repris dans Écrits sur l'Art
Paris, GF Flammarion 1053, 1999
p. 110
Si, à la rentrée de septembre 2014, après maintes et maintes tergiversations, je consentis enfin à ouvrir un compte FB, ce ne fut certes pas pour exposer ma vie privée ou celle de ma famille mais pour élargir plus grand encore le chemin vers mon blog d'égyptologie qui, depuis mars 2008 déjà, visait à offrir un plaisir esthétique : déambulant là où beaucoup déambulent, regardant ce que beaucoup regardent, je souhaitais donner à voir ou, plutôt, apprendre à voir, aux fins d'admirer des pièces, petites ou grandes, exposées au Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, à Paris, et ainsi tenter d'en percevoir l'essence.
Petites le plus souvent d'ailleurs, devant lesquelles tant de visiteurs passent en ne leur accordant qu'un regard distrait, - là est toute la distinction entre "regarder" et "voir" -, pressés qu'ils sont de se diriger vers les endroits les plus "spectaculaires", comme l'immense salle 12 dans les trois portions de laquelle se dressent des monuments de deux à trois mètres de hauteur, quand ils n'approchent pas les sept mètres, comme l'une ou l'autre colonne palmiforme ...
Et c'est précisément ce "regard distrait", voire condescendant, habituellement accordé à certaines productions artistiques conçues à l'époque égyptienne que je souhaiterais combattre en proposant à nouveaux frais, dès la semaine prochaine sur mon blog et sur mes pages Facebook pour mes nombreux nouveaux lecteurs par rapport à 2008, d'anciennes contributions augmentées peut-être par la suite d'interventions neuves de manière à offrir toute notre attention à quelques œuvres qui, à mon sens, la méritent amplement.
C'est donc avec un plaisir non dissimulé que je vous invite toutes et tous à derechef m'accompagner au Département des Antiquités égyptiennes, dans un premier temps, derrière ces fenêtres du rez-de-chaussée à l'angle de la façade sud-est de l'ancien Musée Charles-X institué après la révolution au sein du médiéval palais des rois de France ...
Plusieurs opportunités s'offrent à nous, à l'instar des quelque sept millions et demi de touristes qui, en 2016, pénétrèrent dans l'antre parisien de la Culture.
La plus fantasque, que je me permets de déconseiller d'emblée ... pour diverses raisons que je ne pense pas nécessaire de développer.
La plus lente, que je ne plébiscite pas vraiment, l'entrée "officielle" de la Cour Napoléon où, malgré l'heure matinale,
beaucoup s'agglutinent à un bien bizarre serpent d'humains stoïques, alors que l'attente risque de s'éterniser.
En réalité, je préfère vous emmener par l'accès nettement moins fréquenté à 9 H. du matin du 99 de la rue de Rivoli, emprunté comme à mon habitude depuis bon nombre d'années. Car, par la pyramide inversée,
nous accéderons immédiatement à l'allée des boutiques
qui nous mènera précisément au Hall Napoléon, sans avancer au pas ni subir une quelconque intempérie ...
Là, abondamment éclairés d’une superbe lumière matinale par les 673 losanges et triangles de verre de la jadis tant décriée pyramide de Pei souhaitée par François Mitterrand, nous n'aurons plus qu'à monter, grâce à l’escalator, vers l’aile Sully, dans la mesure où, bénéficiant de ce précieux laissez-passer d’Enseignant belge, je vous aurai évité les files d’attente à l'une des caisses.
Enfin, nous serons dans "notre" Musée.
Personnellement, mon cœur s’emporte à chaque fois que je me dirige, - que je cours, presque ... -, vers ce département égyptien que, d’année en année, je redécouvre avec toujours autant de plaisir, d’intérêt, de passion ...
Après avoir contourné les fondations de l'ancienne forteresse de garnison de Philippe Auguste,
tout au bout de la passerelle en bois, nous distinguerons enfin, éminemment majestueux, imposant, - à l'automne 2015 très originalement mis en valeur par une installation de douce lumière presque sensuelle, oeuvre de l'artiste plasticien neversois Claude Levêque -, dans cette crypte protectrice jadis creusée à son intention et qu'il n'a jamais plus quittée depuis : LE Sphinx.
Colossal.
J’aime naïvement me persuader qu’il nous attend ...
Depuis le temps que nous ne nous étions plus vus ...
Vous avouerais-je que, d'aventure, quand nous sommes complètement seuls lui et moi, je me prends à lui parler; un peu comme à un animal familier ?