Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...
" Oyons le conseil que donne le jeune Pline à Cornelius Rufus, son ami, sur ce propos de la solitude : "Je te conseille, en cette pleine et grasse retraite où tu es, de quitter à tes gens ce bas et abject soin du ménage, et t'adonner à l'étude des lettres, pour en tirer quelque chose qui soit toute tienne". Il entend la réputation.
D'une pareille humeur à celle de Cicéron, qui dit vouloir employer sa solitude et séjour des affaires publiques à s'en acquérir par ses écrits une vie immortelle : " Quoi donc ! ton savoir n'est-il donc rien, si les autres ne savent pas que tu sais ? "
Michel de MONTAIGNE
De la Solitude
dans Essais, Livre I, Chapitre XXXIX,
Lausanne, Éditions Rencontre, 1968,
p. 261
À événement exceptionnel, article non moins exceptionnel, à tout le moins pour ce qui concerne plus spécifiquement sa date de publication car enfin, "Nous ne sommes pas un mardi !", seriez-vous parfaitement en droit de vous étonner, amis visiteurs.
Permettez-moi de juger totalement spécieux ce type d'analyse mathématique !
Nonobstant que ce n'est certes pas, - et ici, je reprends à mon compte les propos de Montaigne choisis pour vous en exergue ce matin -, par souci de quêter une quelconque réputation, encore moins une bien improbable immortalité, que je me suis jadis lancé dans la création de ce blog, je n'aurai garde de le nier ou de vous donner l'impression de bouder mon plaisir : qu'ensemble nous devisions consécutivement à l'un ou l'autre de mes articles non seulement me sied au premier chef, vous ne pouvez un seule seconde en douter, mais aussi "chatouille de mon cœur l'orgueilleuse faiblesse", comme l'écrivit sur un tout autre sujet Chateaubriand, en citant Agamemnon, dans l'Iphigénie de Racine.
Que vous soyez quelques-uns, quelques dizaines, puis au fil des ans, plusieurs centaines à me lire, jamais vous n'estimerez à sa réelle valeur le bonheur qui est mien, arrivé au seuil de l'adolescence de ma vieillesse, après avoir enseigné près de trente-cinq années durant, d'être toujours, alors que désormais emplit mes jours ce qu'il est convenu d'appeler la retraite, à même de rédiger pour vous un nouvel article et de fouiller, un temps parfois démesuré, chacune des bibliothèques de la maison pour mettre enfin la main sur LE document idoine qui me permettra d'étayer telle ou telle hypothèse, d'avancer tel ou tel axiome, de rappeler tel ou tel événement historique.
Grâce à votre fidélité à m'emboîter le pas, à vos visites hebdomadaires, aux commentaires libellés par les plus assidus parmi vous, sur le blog ou sur mes pages FB ; grâce à ceux des amis qui souhaitent là partager mes articles ; grâce à vos courriels et messages privés, voici deux lustres que vous éclairez ma vie, que vous me comblez chaque semaine avec le plus beau, le plus roboratif, le plus coruscant des cadeaux d'anniversaire : votre présence.
Voilà l'unique motif pour lequel, aujourd'hui, il m'importait d'épingler cette date aux fins de vous adresser un mot, un seul, frappé à l'initiale d'une majuscule : Merci.
Merci à vous de m'avoir offert l'opportunité, ces dix années si rapidement écoulées, de poursuivre sur la voie de l'allumeur d'étincelles, de l'ouvreur de chemins, qu'inlassablement et modestement, j'ai toujours cherché d'être ma vie durant.
Merci à vous de continuer à m'accorder votre confiance de manière que ma seconde retraite ne s'inscrive pas trop vite à l'ordre du jour.
Car assurément vous l'avez tous compris, amis visiteurs, demain, dimanche 18 mars, c'est mon anniversaire de blogueur, partant, VOTRE anniversaire de lecteur : 10 ans de "vie commune" pour certains, moins pour la majorité des autres mais qu'importe, ces noces d'étain, c'est avec vous tous qu'il m'agréerait à présent de les célébrer autour de ces quelques bulles, aux fins de réitérer à mon, à votre ÉgyptoMusée, des vœux de longues et belles années encore de découvertes "égypto-louvresques" ...
MERCI
BIBLIOGRAPHIE
CHATEAUBRIAND François-René (de), Mémoires d'Outre-Tombe, Tome II, Livre XXIV, Chapitre XIV, Lausanne, Éditions Rencontre, 1968, p. 646.
MONTAIGNE Michel (de), De la Solitude, dans Essais, Livre I, Chapitre XXXIX, Lausanne, Éditions Rencontre, 1968, p. 261.
RACINE Jean, Iphigénie, Acte I, scène 1, dans Œuvres complètes de Racine, Tome II, Paris, Librairie générale française, Livre de Poche n° 1157-58, 1964, p. 167.