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Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...

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L'ÉGYPTOLOGIE TCHÈQUE : III. LES FOUILLES D' ABOUSIR DURANT LA DERNIÈRE DÉCENNIE DU XXème SIÈCLE - 16. LE MATÉRIEL FUNÉRAIRE D' IUFAA : 2. LES VASES CANOPES

 

     Parmi le mobilier funéraire d'Iufaa, fonctionnaire de cour à la XXVIème dynastie, que les égyptologues tchèques, sous l'égide du Professeur Ladislav Bares, mirent au jour dans la sépulture aménagée aux confins sud-ouest de la nécropole d'Abousir, j'avais, souvenez-vous amis lecteurs, épinglé la semaine dernière, les deux coffres contenant chacun, notamment, deux de ses vases, dits canopes, en me et en vous promettant d'aujourd'hui être un peu plus prolixe quant à leur signification.     

 

     Permettez-moi d'entamer cette intervention par quelques brèves notions de philologie.

 

     Le terme canope constitue - et il n'est pas le seul dans son cas ! - le fruit d'une mésinterprétation historique. En effet, il fut créé par un auteur allemand, orientaliste, véritable génie encyclopédique, Athanase Kircher (1601-1680), pour désigner les quatre réceptacles à viscères disposés auprès du cercueil d'un défunt. Par la suite, il fut adopté par les premiers antiquaires européens à qui les pilleurs de tombes venaient les proposer et, enfin, par les égyptologues au demeurant conscients de la confusion initiale mais ne désirant apparemment pas perturber l'usage alors parfaitement avéré.

 

     Confusion initiale car, en fait, Kircher se basa sur un passage de l'Histoire ecclésiastique de Rufin d'Aquilée, auteur chrétien du IVème siècle de notre ère, dans lequel il était question d'un certain Canopus, dieu révéré dans une ville colonisée par les Grecs vers le VIème siècle avant notre ère, située au nord-est d'Alexandrie, sur une branche nilotique du Delta occidental, à laquelle, pour une raison par ailleurs inconnue,  ils avaient donné le nom de Canope, le nautonier de Ménélas, un des héros de la Guerre de Troie qui, lors de son retour au pays, se serait arrêté en cet endroit.

 

     De sorte que dans le petit catalogue qu'il rédigea pour sa propre collection d'antiquités égyptiennes, c'est abusivement que le jésuite allemand employa le terme pour désigner des urnes en pierre surmontées d'une tête humaine, ressemblant fortement à l'image connue de l'Osiris de Canope, un peu pansu, lié au culte de l'eau du Nil, partant, n'ayant strictement aucun rapport avec la conservation des organes abdominaux des trépassés.

 

     Utilisé dans le monde égyptologique, à défaut de ne correspondre à aucune réalité historique, à défaut également de créer un autre vocable de toutes pièces, plus correct mais à faire admettre par la communauté savante, le terme subsista et, à mon sens, ne sera même probablement jamais remplacé par un autre.   

 

 

     Les vases canopes d'Iufaa - puisque c'est bien de lui qu'il s'agit encore aujourd''hui -,  en albâtre, étaient obturés par des bouchons taillés dans le même matériau figurant bizarrement tous quatre, un visage humain, aux yeux et sourcils rehaussés de noir.


 

Iufaa - Vases canopes - (Cat. Prague)

 

     Bizarrement, parce qu'il faut savoir que depuis l'époque ramesside, et plus spécifiquement depuis la XXème dynastie, ces récipients destinés à recevoir les entrailles momifiées des défunts, présentaient des couvercles à l'effigie des génies protecteurs que sont censés être chacun des quatre fils d'Horus l'Ancien parce qu'ils auraient assisté Anubis lors de la momification d'Osiris en lui ouvrant la bouche aux fins d'à nouveau lui permettre de se nourrir : 

 

*  Imset, le seul à avoir conservé une tête humaine, protégeait le foie ; 

*  Hâpi, à tête de babouin, avait la garde des poumons ;

*  Douamoutef, à tête de chien, celle de l'estomac et de la rate ;

*  Qebeshenouf, à tête de faucon, étant pour sa part en charge des intestins.


     Ici, c'est sur la panse des réceptacles que, dans des encadrements d'inscriptions hiéroglyphiques incisées, figurent et le patronyme et l'image des quatre frères adolescents.

Et c'est sous le menton des couvercles qu'ont été inscrits à la peinture noire les noms des déesses protectrices : Isis,  secondant Imset ; Nephthys s'occupant de Hâpi ; Neith accompagnant Douamoutef et Selkis, Qebeshenouf.

 

     Les égyptologues n'ont pas vraiment établi la raison de cette assistance en abyme : pour quel(s) motif(s) ces divinités protégeaient-elles les fils d'Horus qui, pour leur part, jouaient magiquement le même rôle sur les viscères du défunt ? Sauf à penser qu'une comparaison pourrait éventuellement être faite entre la forme des jarres et un ventre de femme ...

 

     Fournissant tout à l'heure une précision chronologique, il serait peut-être maintenant bienvenu, amis lecteurs, sans pour autant vous assommer de dates à répétition, que je brosse rapidement un historique de ces réceptacles qui prirent une aussi grande importance dans les rites funéraires égyptiens.

 

     C'est de la fin de la IVème dynastie, à l'Ancien Empire donc, que proviennent les plus anciens vases canopes qui soient actuellement en notre possession : il s'agit de ceux retrouvés dans le mastaba de Guizeh de la reine Meresânkh III,  une des épouses du pharaon Chéphren. En calcaire, imitant la structure morphologique d'un petit vase tronconique appelé, en égyptien classique, un nemset, ils étaient fermés par des couvercles circulaires légèrement bombés.

 

     Mis à part un signe hiéroglyphique parfois peint signifiant "nécropole", ces premiers canopes sont en général anépigraphes. Et en outre pas nécessairement encore au nombre de quatre ...


     A la Première Période Intermédiaire (P.P.I.) apparaissent des bouchons à tête humaine sur des récipients que l'on commence à mettre sous la protection des fils d'Horus. L'époque étant à la restriction, le cartonnage remplace alors la pierre.  

 

     Si, au Moyen Empire qui suit, l'on en trouve encore d'hémisphériques, très vite, dès la XIIème dynastie en fait, consubstantiellement à l'assimilation, par des inscriptions sur la panse, des viscères aux quatre génies protecteurs, les bouchons à têtes humaines se généralisent et figurent indistinctement le masque funéraire du mort ou les traits attribués aux frères divins, assortis ou non, pour certains d'entre eux, d'une barbe.

 

     Cette représentation persistera jusqu'à la fin de la XIXème dynastie pour laisser place à la symbolique attribuée à chacun d'eux : Hâpi, le singe ; Douamoutef, le chien ; Qebeshenouf, le faucon ; Imset, je l'ai mentionné, restant le seul à conserver un visage d'homme.

 

     Au Nouvel Empire, à la XVIIIème dynastie, les jarres proprement dites seront en majorité confectionnées au tour de potier, alors que les bouchons continueront à être taillés à la main.  A noter également pour cette époque, une systématisation du texte de protection inscrit sur le corps même de l'objet. 

 

     Petit "intermède" à la Troisième Période Intermédiaire (T.P.I.) : à la XXIème dynastie, celle des souverains originaires de Tanis dans le Delta oriental, de nouvelles pratiques funéraires font en sorte que les canopes disparaissent, à tout le moins ceux contenant les entrailles des particuliers dans la mesure où soit, momifiées ou non, elles resteront en place dans l'abdomen, soit elles seront déposées entre ses jambes. Si d'aventure certains subsistent, parce que réalisés en un bloc de pierre plein, ils ne sont plus que factices. D'autres, tout aussi  fictifs, sont à peine évidés et ne renferment le plus souvent que des figurines de cire.

 

     Pour les souverains tanites, toutefois, la tradition des canopes persista. 

 

     Ce n'est qu'à Basse Epoque, sous le règne du pharaon Taharqa de la XXVème dynastie, au début du 7ème siècle avant notre ère, que la "mode" marquée par le retour aux anciennes traditions funéraires les réintroduira  et ce, jusqu'à l'époque ptolémaïque, avec quelques sporadiques variations de forme.

 

     Quant à la XXVIème dynastie qui nous occupe aujourd'hui avec Iufaa,  j'ai déjà maintes fois indiqué que, d'un point de vue artistique, elle se caractérisait par un besoin de revenir aux conceptions du passé - que les historiens nomment Renaissance saïte - avec une prédilection plus spécifique pour le Moyen Empire que le grand égyptologue allemand Dietrich Wildung n'hésite pas à appeler L'âge d'or de l'Egypte : de sorte que tout naturellement seront remis à l'honneur les bouchons à têtes humaines, ceux d'Iufaa en étant une illustration notable.

 

     Dois-je ajouter, dans un semblant d'exhaustivité, que bien évidemment le christianisme, abhorrant, donc rejetant les rites égyptiens à connotations religieuses, fut à l'origine de la disparition de cette tradition ?

 

     

     Après ce rapide tour d'horizon chronologique, permettez-moi de revenir aux vases canopes mis au jour dans la tombe d'Iuffa dont une matière résineuse, désormais carbonisée, comblait encore presque entièrement l'intérieur quand les fouilleurs tchèques en retirèrent les couvercles : cela me permettra de terminer mon intervention d'aujourd'hui en tentant d'expliquer la signification matérielle et religieuse de ces récipients funéraires.

 

      Si, à la fin de la préparation de l'ensevelissement d'un défunt, le coeur et le sexe conservaient leur place dans la momie ; si les reins, inaccessibles aux taricheutes - entendez les prêtres embaumeurs -, restaient eux aussi dans le corps, d'autres organes putrescibles faisaient l'objet d'une extraction et d'un traitement spécifique, puis étaient conservés dans ces urnes aux formes renflées .

 

     Selon les conceptions des Egyptiens de l'Antiquité, les quatre viscères, faisant partie de ce qu'il est convenu d'appeler "l'intérieur-ib" d'un défunt auquel les différents rites funéraires offraient d'accéder au statut de nouvel Osiris, devenaient organes du corps du dieu que les génies protecteurs avaient ensuite pour mission de lui rendre. De sorte que, restitués au trépassé, ses propres entrailles, par le passage magique dans les vases canopes, étaient considérées comme celles d'Osiris.

 

     En les rétrocédant à Iufaa parce qu'elles représentaient un des cinq constituants de son être, les fils d'Horus permettaient ainsi de magiquement lui assurer son intégrité physique pour l'éternité en menant à bien la reconstitution de son corps entamée par le processus de momification.

 

     La seule inconnue qui subsiste dans ce mythe - et elle est de taille : pour quelle(s) raison(s) uniquement ces organes-là, et pas d'autres ?  

 

  

 

 

 

(Bardinet : 1995, 79 ; Dolzani : 1982, passim ;  Laboury : 1990, passim ; Malaise : 1990, 27-8 ;   Reeves : 1995, 119-22 ; Reisner : 1967, passim)

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F
<br /> Un complément, encore, pour tes lecteurs anglophones, Richard, pourrait être aussi cette jolie conférence su Youtube de Bob BRIER, "Mr. Mummy"...<br /> Cela dure 44 minutes, une causerie très intéressante et relativement accessible grâce à la diction et l'accent facilement intelligibles du conférencier :<br /> http://www.youtube.com/watch?v=EroU1P_QICU<br /> <br /> Amitiés !<br /> François<br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br />      Excellent lien vers une expérience intéressante. Merci François.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      Dommage que je n'aie pas pu le proposer à mes lecteurs en novembre dernier, au moment de la parution de l'article ...<br /> <br /> <br /> Ce qui m'amène à réfléchir sur le fait que je ne me sers pas suffisamment de ce type de support ... trop "braqué" que je suis sur les documents écrits.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      En espérant que d'autres, qui viendront consulter ce blog au gré de leurs envies et besoins, découvriront comme moi cette vidéo d'un<br /> passionné ...<br /> <br /> <br /> <br />
N
<br /> Un cours magistral sur le sujet !<br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br />      Merci Nat, plutôt un "cours" à la mesure de mes modestes connaissances : il reste encore tellement à dire sur ce sujet ...<br /> <br /> <br /> <br />
F
<br /> Puis-je me permettre d'ajouter un ouvrage à cette bibliographie concernant l'embaumement :<br /> <br /> Francis Janot<br /> Les instruments d’embaumement de l’Égypte ancienne. 2ᵉ édition<br /> Par l'IFAO ISBN 978-2-7247-0266-8<br /> <br /> Pour ceux que ce sujet passionnerait !<br /> <br /> Amicalement !<br /> François<br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br />      Bien évidemment, François, que tu peux ajouter ici l'ouvrage de Francis Janot !<br /> <br /> <br /> Je ne le possède pas ; mais j'ai lu quelques articles de cet auteur, égyptologue et docteur en chirurgie dentaire. Et d'ailleurs, si tu as parcouru les références<br /> bibliographiques infra-paginales de mon intervention du 27 novembre dernier, (Un nouvel Osiris), tu auras remarqué que je cite notamment son article paru dans le Bulletin de l'Institut<br /> français d'Archéologie orientale - BIFAO 96.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      Pour ceux que les travaux de ce chercheur intéressent ou, à tout le moins, pour en découvrir une première approche, j'ajoute qu'il est<br /> possible de trouver, ici sur le Net, un article préalablement publié dans la revue Vesalius, V, 2 de 1999 : Réplique et utilisation d'un nouvel instrument d'embaumement provenant d'un instrumentarium daté de la<br /> XXXème dynastie égyptienne ; ainsi que, dans les Actes de la Société française d'histoire de l'art dentaire (Volume 14, 2009) : Les gestes du prêtre-embaumeur dans la<br /> cavité buccale.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      Une mise au point, pour terminer : les références que je propose ne constituent nullement une bibliographie exhaustive des sujets traités<br /> sur mon blog, mais simplement les articles et ouvrages que j'ai en ma bibliothèque et que j'ai compulsés pour leur rédaction.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />      De sorte qu'un apport comme le tien aujourd'hui, François, non seulement offre un "plus" à mes lecteurs mais aussi me donne une piste<br /> nouvelle pour accroître ma documentation personnelle.<br /> <br /> <br /> Grand merci à toi. <br /> <br /> <br /> <br />
F
<br /> Après avoir retiré les viscères abdominales, est-ce que le corps était recousu ?<br /> Difficile d'imaginer toute cette organisation et travail autour de la mort...<br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br />      Comme je l'ai précisé ci-avant, le prêtre embaumeur pratiquait une petite incision (entre 10 et 15 centimètres) sur le flanc gauche du<br /> corps.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      Placé lui même sur le côté gauche du défunt, il pouvait ainsi "facilement" entrer la main et le bras gauches aux fins de retirer les<br /> viscères abdominaux et de nettoyer le thorax tout en prenant soin de laisser le coeur à sa place.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      Dans l'éventualité où vous désireriez en apprendre beaucoup plus, permettez-moi de vous conseiller la lecture d'un ouvrage passionnant de<br /> quelque 140 pages dû à  l'égyptologue Jean-Claude GOYON et au docteur en médecine Patrice JOSSET, publié aux éditions Le Léopard d'or en 1988 : Un corps pour l'éternité. Autopsie d'une<br /> momie. Il s'agit de la synthèse d'un travail d'autopsie pratiqué sur une des nombreuses momies appartenant au Musée Guimet d'Histoire naturelle de Lyon.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      Cet ouvrage répond parfaitement à votre dernière phrase.<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> Pas simple cette histoire de viscères qui devenaient organes du corps d’Osiris et revenaient au mort grâce au passage dans les vases canopes.<br /> Pourquoi se compliquer la vie quand on peut faire simple…<br /> Bravo pour l’érudition de cette note.<br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br />      Pas simple, peut-être, mais bien dans la droite ligne de la pensée magico-religieuse des Egyptiens de l'Antiquité : n'oublie pas que tout<br /> devait concourir à s'assurer une seconde vie après celle ici-bas qui n'était en fait qu'un passage ... <br /> <br /> <br /> <br />
F
<br /> Cher Richard, je reviens doucettement sur mes blogs préférés et le vôtre bien sûr!! Hélas, encore pas assez de temps pour me régaler à m'instruire!!je viens juste d'apercevoir des vases canopes<br /> magnifiques! Grrr...Vivement que je m'installe définitivement dans mes nouvelles pénates afin de lire tranquillement tous les messages depuis le 15/10!! BISOUS FAN<br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br /> Prenez votre temps, chère Fan : il n'y a pas le feu au lac !<br /> <br /> <br /> <br />
J
<br /> Très interessant; que le cerveau n'y soit pas n'est pas très étonnant le rôle de ce viscère contenu dans la boite crânienne n'avait pas l'importance qu'il a aujourd'hui.<br /> Le foie lui a été de tout temps reconnu comme un organe essentiel à la vie,par contre un individu peut vivre sans rate.....C'est vrai qu'à l'heure des greffes,votre article nous transporte dans un<br /> univers passionnant.Peut-être donnerez vous réponse à votre question dans un prochain article? Bonne journée.JA<br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br />      Il y a au moins deux explications pour que le cerveau ne figure pas dans ces vases canopes : d'abord parce qu'il n'est pas un viscère<br /> abdominal : il appert que ce furent seulement certains d'entre eux qui bénéficièrent d'une momification séparée.<br /> <br /> <br /> Ensuite parce qu'il n'avait, comme vous le soulignez avec justesse, aucunement l'importance qu'actuellement on lui attribue. Souvenez-vous d'Hérodote écrivant que<br /> :<br /> <br /> <br /> " Tout d'abord, à l'aide d'un crochet de fer, ils retirent le cerveau par les narines ; ils en extraient une partie par ce moyen, et le reste en injectant<br /> certaines drogues dans le crâne.<br /> <br /> <br /> Puis avec une lame tranchante en pierre d'Ethiopie, ils font une incision le long du flanc [gauche], retirent les viscères, nettoient l'abdomen et le<br /> purifient avec du vin  de palme et, de nouveau, avec des aromates broyés. "<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />      C'est la raison pour laquelle, quand une momie est de nos jours  présentée aux rayons X, on voit nettement la cavité crânienne vidée de<br /> son contenu, mis à part, au niveau de la base du crâne, une masse semi circulaire qui correspond à la solidification, après quelques milliers d'années, des gouttelettes subsistant du natron dont<br /> les prêtres embaumeurs s'étaient servis pour nettoyer l'intérieur.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      CEci posé, physiologiquement parlant, c'était le coeur que les Egyptiens considéraient en tant que siège de l'intelligence et de la mémoire<br /> ; d'où l'obligation impérative de le laisser dans le corps du défunt pour assurer à ce dernier une intégrité physique éternelle.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />