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Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...

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LITTÉRATURE ÉGYPTIENNE (37) - ENSEIGNEMENT DE PTAHHOTEP : MAXIME 6

 

      Samedi dernier, souvenez-vous amis lecteurs, avec la maxime 5 de cet Enseignement de Ptahhotep qu'ensemble nous lisons depuis le 19 mars maintenant, nous avions "fait connaissance" avec la maât, principe essentiel de la culture égyptienne antique qui, en définitive, sous-tend tout ce corpus philosophique.

 

     Découvrons ce matin le sixième conseil prodigué par un père aimant au fils qui doit en principe lui succéder dans l'Administration royale qu'a peut-être dû recopier ce scribe exposé  dans la vitrine 1 de la salle 6 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre.

 

 

 

Scribe A 42 (Photo C. Larrieu)



 

Puisses-tu ne pas préparer de manigances parmi les hommes.

C'est à proportion que le dieu châtie.

Un homme dit : "Je veux vivre de cela !"

(Et) il manque de pain à cause d'une formule.

L'homme dit : "Je veux être puissant !"

(Et) il dit : "Je veux faire du profit à ma guise afin que je sois reconnu."

L'homme dit : "Je veux piller autrui !"

(Et) il finit par donner à quelqu'un qu'il ignore.

Jamais auparavant les manigances d'un homme ne se sont réalisées.

Ce qui se réalise est ce qu'ordonne le dieu.

Aussi, à l'avenir, vis dans la sérénité.

C'est spontanément que vient ce qu'ils donnent.

 

 

 

    

(Vernus : 2001, 79)

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D
Bonsoir s'il vous plait, j'ai 4 questions:<br /> 1- Qu'elle est la maxime qui a rendu Ptahhotep célèbre? <br /> 2- Quelle est la théorie qui l'a rendu célèbre?<br /> 3- quelle est l’œuvre dans laquelle il parle de sociologie?<br /> 4- Quelle est sa contribution en sociologie?
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M
<br /> Je ne sais si c'est du fait du traducteur ou non, mais on peut noter qu'ici le "dieu" n'a pas de majuscule, et que dans l'écriture hiéroglyphique, on trouve sans doute (ntr) (netjer), sans "le", ce<br /> qui peut donner à la phrase un tout autre sens. Parle-t-on d'un dieu démiurge, du grand dieu Rê, ou d'Osiris qui jugera l'âme ? Peut-être pas d'Amon, étant donné la date présumée de rédaction du<br /> document ?<br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br />      Et vous oubliez, Montoumès, un des sens que l'on rencontre très fréquemment dans la littérature hagiographique égyptienne : celui de roi,<br /> que l'on qualifie ainsi de dieu !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      Selon Bernard Mathieu qui, comme j'ai déjà dû l'écrire quelque part sur mon blog, propose dans le catalogue de l'exposition Prisse d'Avennes<br /> à la BnF, à Paris, une nouvelle traduction de cet Enseignement de Ptahhotep, le terme "dieu" du deuxième vers renvoie au souverain.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      En outre, il y a dans cette maxime, vous l'aurez remarqué, allusion faite à une formule  (fin du 4ème vers) : il s'agit en fait de la<br /> fameuse formule funéraire présente sur maintes et maintes stèles, du type : Offrande que donne le roi à Osiris qui préside aux Occidentaux ..." ; offrande, souvenez-vous, consistant en<br /> "mille pains, mille jarres de bière ... " , etc., etc.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      De sorte que cet apophtegme - que l'on pourrait résumer par l'adage connu : Bien mal acquis ne profite jamais -, met en évidence<br /> que si jamais le défunt se voit condamné par le tribunal d'Osiris, la formule funéraire qui devrait lui assurer notamment la nourriture dans l'Au-delà ne sera jamais prononcée ... L'horreur<br /> !!<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      Sans oublier, et c'est le 8ème vers, que sur ordre du roi, les biens de ce défunt non accueilli dans le monde éternel reviendraient à<br /> d'autres qu'à ses proches, en fait à un inconnu (quelqu'un qu'il ignore, traduit ici Pascal Vernus). Egalement l'horreur !!  <br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> Comme les préoccupations des Egyptiens qui nous paraissent si loin dans la nuit des temps, sont pourtant si proches de nous et de notre monde...<br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br />      C'est exactement dans ce sens, la pérennité, que je viens de répondre au commentaire de JA précédant le vôtre ...<br /> <br /> <br /> <br />
J
<br /> C'est vraiment d'actualité.....plus la faute présumée est lourde plus le châtiment risque de l'être aussi...<br /> A bientôt<br /> JA<br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br />      Les grands préceptes philosophiques, qu'ils soient antiques ou plus récents, sont des évidences que l'actualité la plus contemporaine peut<br /> parfois rencontrer.<br /> <br /> <br /> C'est, à mon sens, ce qui fait qu'ils constituent une source pérenne à notre réflexion.<br /> <br /> <br /> <br />
J
<br /> Je comprends pourquoi, aujourd'hui, nous n'entendons plus beaucoup parler de dieu. Il est trop occupé à châtier ceux qui n'obéissent pas à ses préceptes... Alléluia !<br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br />      Vision des choses, éclairage acerbe : commentaire qui vous sied à merveille, cher Jean-Pierre ...<br /> <br /> <br /> <br />
F
<br /> Evidemment, j'approuve ce conseil mais lorsqu'il parle de DIEU, cela m'interpelle puisque les Egyptiens n'avaient pas un seul Dieu!! BISOUS FAN<br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br />      ... les Egyptiens n'avaient pas un seul Dieu !!, écrivez-vous, Fan. Je présume que vous vouliez relever le fait qu'ils n'avaient<br /> pas qu'un seul dieu ? Ce en quoi vous avez tout à fait raison ...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      Mais ici, dans le deuxième vers en tout cas et selon l'analyse<br /> qu'en fait Bernard Mathieu dans le catalogue de l'exposition Prisse d'Avennes à la BnF à Paris, le terme "dieu", comme souvent dans la littérature égyptienne, est employé pour qualifier<br /> le souverain.<br /> <br /> <br /> <br />