Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...
Nonobstant le fait que, pour comptabiliser les années, les Égyptiens de l'Antiquité n'eussent jamais pu atteindre semblable nombre calendaire dans la mesure où, depuis le Nouvel Empire, ils recommençaient leur comput en l'an 1 à chaque intronisation d'un nouveau souverain ; le fait aussi que le 1er janvier, pour autant qu'ainsi il eût été nommé, n'eût correspondu à aucun événement particulier puisque le calendrier en usage étant essentiellement basé sur le cycle des trois saisons, c'était le début de la crue du Nil, conjointement à l'apparition de l'étoile Sothis dans le ciel, aux environs de notre 19 juillet actuel qui, pour eux, marquait le commencement d'une nouvelle année ; nonobstant ces deux restrictions d'égyptophile, je souhaite aujourd'hui avant toute chose, amis visiteurs, - dussé-je encourir le risque de paraître à vos yeux, parce que nous sommes déjà en la deuxième semaine de janvier, pétri de propos itératifs, tautologiques -, à grandement tous vous remercier pour les vœux que, pendant ces congés octroyés loin de l'ordinateur, vous me fîtes si aimablement parvenir et, bien évidemment, à cordialement vous réitérer ceux présentés au terme de notre dernier rendez-vous de décembre 2017.
À l'instar des riverains du Nil qui, à partir de la XVIIIème dynastie, et plus habituellement encore à l'époque tardive, s'offraient notamment semblables bouteilles lenticulaires contenant, est-il commun de penser, quelques lichées de l'eau bienfaitrice du premier jour de la crue, et sur le pourtour desquelles, - certains assurément s'en souviendront, je l'ai longuement expliqué en septembre 2013, à propos de l'exposition "Histoires d'eaux. Du Nil à Alexandrie" qui s'était tenue cet été-là au Musée royal de Mariemont, en Belgique -, vous lirez parfois cette formule traditionnelle
Que s'ouvre pour vous une belle année
puissiez-vous, au goulot de l'une d'elles, longtemps encore, étancher votre soif de découvertes aux côtés d'ÉgyptoMusée.
Et pour ce qui me concerne, j'espère que, porté tout autant par cette fidélité qui caractérise nombre d'entre vous depuis bientôt dix ans maintenant que ce blog existe que par celle qui anime maints nouveaux abonnés, entouré de toute votre amitié, encore et toujours, j'éprouverai l'envie, partant le bonheur de poursuivre avec vous ma quête de Beauté, de salle en salle, de vitrine en vitrine, au sein du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre.
Aussi, comme annoncé à l'heure où je pris congé de vous le 19 décembre, je vous propose d'ores et déjà ce matin de préparer notre future entrée en salle 3 par quelques considérations liminales.
" Les collections de monumens égyptiens que réunit le zèle si louable des amateurs, sont, en général, formées dans l'unique but d'éclairer l'histoire de l'art, et d'apprécier, comparativement, les procédés de la sculpture et de la peinture à différentes époques et chez des nations diverses.
(...)
Mais l'importante et nombreuse suite de monumens égyptiens, dont la munificence royale vient d'enrichir le Musée Charles X, devant, en quelque sorte, servir de sources et de preuves à l'histoire toute entière de la nation égyptienne, avait besoin d'être coordonnée sur un plan différent ; il fallait, de toute nécessité, avoir égard à la fois, soit au sujet même de chaque monument, soit à sa destination spéciale, et que la connaissance rigoureuse de l'un et de l'autre déterminât la place et le rang qu'il devait occuper. "
Jean-François CHAMPOLLION LE JEUNE
Notice descriptive des monumens égyptiens du Musée Charles X
Paris, Imprimerie Crapelet, 1827
pp. i et ii
(Librement consultable sur le site de Gallica)
Dans cet "Avertissement" rédigé par Jean-François Champollion grâce auquel, je vous le rappelle, moult collections d'antiquités égyptiennes furent acquises par la France, l'inventeur des hiéroglyphes nommé en mai 1826 par Charles X Conservateur des Antiques du Musée royal du Louvre, (seconde division), - comprenez : de la suite de salles dédiées à l'Égypte qui alors se créèrent -, précise, à l'entame de sa "Notice descriptive ...", - dont j'ai ici respecté et l'orthographe et la ponctuation originales -, sa propre vision d'un tel département, vision à deux voies qui, bien longtemps après, en décembre 1997, à vrai dire, voici donc à peine vingt ans, prendra véritablement effet quand Jacques Chirac, alors Président de la République française, inaugura officiellement le nécessaire réaménagement muséographique des collections égyptiennes souhaité et réalisé de main de maître par les huit conservateurs auxquels avaient été "rendus" de nouveaux espaces de l'ancien palais des rois de France : c'est dans ce superbe Département des Antiquités égyptiennes que, j'espère, vous apprenez à maintenant mieux connaître, que je vous propose de poursuivre nos déambulations.
Permettez-moi de rappeler au passage, qu'à partir de cette salle 3, il s'éploie sur deux niveaux distincts : l'un, au rez-de-chaussée de ce qui est communément appelé "l'aile Sully", décline tout au long de ses 19 salles successives différentes thématiques caractérisant la civilisation des rives du Nil ; l'autre, au premier étage de cette même section du Musée, observe d'un point de vue éminemment chronologique l'évolution de l'art jadis réalisé par d'immenses artistes.
Cette troisième salle, ouvrira notre parcours par une évocation du Nil, le fleuve colonne vertébrale, le fleuve pérenne dont l'inondation annuelle, bienfaitrice, était attendue avec impatience dans la mesure où, apportant le limon, engrais naturel, elle permettait à la population de cultiver une terre constamment asséchée, faute de pluie.
Et, dès lors, d'avoir de quoi se nourrir une nouvelle année encore.
Portant le titre générique "Le Nil", vaste, claire, aérée, - hébergeant seulement trois vitrines au sol et deux aux murs -, cette salle offre la particularité pédagogique de proposer trois grandes cartes, situées dans l'embrasure de chacune des fenêtres donnant sur la Cour Carrée,
panneaux didactiques qui, en relation directe avec les différents monuments exposés, présentent l'Égypte ancienne selon trois axes primordiaux : l'environnement politique, illustré par la première des cinq vitrines que je vous ferai découvrir dès la semaine prochaine ; le cadre physique et naturel, dévoilé par la grande armoire vitrée centrale et une troisième, murale celle-là. Puis, pour terminer, les deux dernières s'attacheront plus spécifiquement à expliciter la topographie religieuse du pays.
Rendez-vous est pris, à tout le moins dans mon chef, pour la semaine prochaine aux fins de nous pencher sur la vitrine 1 de la salle 3 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre.
Et dans le vôtre, amis visiteurs ?