Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...
Par Richard LEJEUNE
A nouveau, et en relation directe avec mon article de ce mardi, je vous propose aujourd'hui un extrait d'une poésie amoureuse, cette fois inscrite sur la panse d'un vase retrouvé dans le village des ouvriers de Deir el-Medineh.
L’amour de ma belle est là-bas, en face. [= sur l’autre rive]
Le fleuve est susceptible d’engloutir mon corps,
Car le Noun (1) est puissant à la saison de l’inondation;
Un crocodile se tient sur la berge;
Mais descendu dans l’eau, je veux traverser les flots,
En montrant un grand courage dans le canal.
Khenty (2)ne m’aura paru qu’une souris,
Et l’eau, qu’un sol pour mes pieds.
C’est son amour qui m’affermit.
Aussi me servira-t-il de charme-d’eau (3)
Quand je verrai celle qu’aime mon coeur
Debout juste en face de moi.
(Traduction Pascal Vernus : 1993, 88-9)
(1) Selon la cosmologie égyptienne, le Noun était l’Océan primordial d’où le monde était sorti. Tout flot en émanant, le Nil et ses canaux étaient donc considérés comme un de ses avatars.
(2) Représentation des forces vitales et dangereuses se trouvant au sein des eaux, notamment personnifiée par le crocodile.
(3) Conjuration destinée à se protéger des crocodiles utilisée par les paysans qui accompagnaient leurs troupeaux dans les régions palustres.
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