Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...
Les papyri Chester Beatty furent découverts dans une chapelle funéraire de Deir el-Medineh, en 1928. Achetés par un millionnaire américain, Alfred Chester Beatty, ils sont actuellement entreposés à la Chester Beatty Library à Dublin.
Le premier d'entre eux, le Papyrus Chester Beatty I, est un rouleau de plus ou moins cinq mètres de long, constitué de 20 feuilles de 25 cm de largeur en moyenne pour 21 cm de hauteur. Je vous en avais déjà proposé un extrait, ami lecteur, le 15 juin dernier : la toute première stance d’un premier ensemble de chants d’amour. Découvrons ce dimanche la septième et dernière :
Il y a sept jours hier que je n’ai pas vu l’Aimée.
La maladie s’est introduite en moi,
Au point que je me trouve dans un état où mon corps est lourd,
Et que je perds conscience de moi-même.
Si les médecins venaient à moi,
Leurs remèdes ne m’apaiseraient pas.
Les prêtres ritualistes, guère d’issue par leur entremise.
On ne peut identifier ma maladie.
Il n’y a que le fait de me dire " La voici !" qui me guérisse.
Il n’y a que son nom qui me soulage.
Il n’y a que les allées et venues de ses messages qui guérissent mon coeur.
Plus utile pour moi l’Aimée que quelque remède que ce soit.
Elle est plus efficace pour moi que le corpus médical.
Mon salut serait qu’elle entre du dehors.
Je la verrais, et alors je retrouverais la santé.
Ouvrirait-elle son oeil que mon corps se revigorerait.
Elle parlerait, et alors je reprendrais force.
Il me faudrait l’embrasser afin qu’elle écarte de moi le mal.
(Mais) cela fait sept jours qu’elle m’a laissé !
(Traduction Pascal Vernus : 1993, 68-9)
Quant à moi, ami lecteur, c'est nettement plus que ces sept jours (qui tant perturbent l'Aimé de ce chant d'amour égyptien) que je vais vous laisser : voici venu le temps des vacances estivales que je vous souhaite les plus agréables qu'il soit possible; et, "si je le vaux bien", vous invite à me retrouver, comme promis déjà dans cet article, le mardi 12 août prochain.
Merci de votre fidélité.
Amitiés à tous ...
Richard