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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 01:00

 

 

     Les croyances eschatologiques égyptiennes se caractérisent par le fait qu'elles incluent précisément, comme nulle part ailleurs, la survie corporelle et cherchent à l'assurer. Toutes les scènes pleines de joie de vivre que l'on voit dans les tombes égyptiennes procèdent de cette aspiration. On peut, dans l'au-delà, boire et manger, faire de la musique et danser, trouver les joies de l'amour, la liberté de mouvement sans entraves.

 

 

 

 

Erik  HORNUNG

L'esprit du temps des pharaons

 

Paris, Hachette Littératures,

Collection "Pluriel" n° 874,

1998, p. 100

 

 

 

 

 

     Qu'il me faille distinguer quatre grandes familles d'instruments de musique pratiqués en Égypte ancienne ne fait absolument plus aucun doute, amis visiteurs, quand on compulse, comme j'ai eu le désir de le faire, diverses études de grands musicographes qui, dès la fin du XIXème siècle, se sont intéressés à l'archéologie musicale de cette civilisation mais également les écrits de leurs épigones contemporains : tous, après le Belge Victor-Charles Mahillon, fondateur, en 1877, d'un musée à Bruxelles dédiés aux instruments de musique, - actuellement le MIM -, pour lesquels, par ailleurs, il inventa une première classification ; après les musicologues allemands Curt Sachs, (1881-1959) et Erich von Hornbostel (1877-1935) qui, pour leur part, en 1914 simplifièrent et systématisèrent la classification organologique de Mahillon, tous donc sont unanimes pour évoquer l'existence, en terre pharaonique, de cordophones, entendez les instruments à cordes que sont les harpes, les lyres et les luths ; d'aérophones, comprenez les instruments à vent tels que les flûtes, les clarinettes et les hautbois, simples ou doubles, ainsi que les trompettes ; de membranophones, comme les tambours et les tambourins, et enfin, d'idiophones tels que les claquoirs et les sistres.

 

 

DE LA MUSIQUE ÉGYPTIENNE ANTIQUE - 2. INSTRUMENTISTES ET INSTRUMENTS

 

 

     Aux musiciens qui pratiquèrent ces divers instruments, je me dois évidemment d'ajouter les chanteurs, - (hesou, en égyptien ancien) -, qui, si je m'en réfère aux statistiques actuellement connues, toutes activités musicales confondues, prédomineraient dans la mesure où, d'après les sources iconographiques, ils constitueraient le groupe de ceux qui y  sont le plus fréquemment figurés.

 

      Il vous faut aussi savoir que ce sont parfois les mêmes qui interprétaient des mélopées tout en jouant de leur propre instrument, la harpe le plus souvent. Mais des chanteurs seuls accompagnaient également d'autres musiciens en battant des mains. De sorte que, donnée fondamentale dont il faut être conscients, amis visiteurs, ces artistes se devaient de posséder des talents multiples, au point, dans certaines occasions, d'y ajouter des pas de danse.       

 

     Qu'il me faille, au sein de la classification universellement admise que je viens de rappeler, épingler la harpe en tant qu'instrument de prédilection des Égyptiens ne fait pas plus de doute quand je prends en compte sa récurrence, peinte ou gravée, au niveau des scènes dites "de banquet", dites aussi parfois "de "concert", présentes dans maints tombeaux privés. 

 

     Ci-dessus, sur le gros plan d'une scène semblable, peinture sur limon datant du Nouvel Empire, exposée dans la vitrine 5 de la salle 10 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, inventoriée sous le numéro D 60, deux musiciennes jouent, l'une d'un double hautbois, l'autre d'une harpe. 

 

     Tablant sur la présence de ce beau fragment, permettez-moi de faire voler en éclats une idée préconçue, souvent ressassée : si, vous référant peut-être aux vestiges retrouvés dans d'autres pays du bassin méditerranéen antique montrant des joueuses de harpe, vous croyez qu'il en fut de même en Égypte, détrompez-vous : dès l'Ancien Empire, les harpistes étaient majoritairement des hommes, le plus souvent assis ou accroupis avec leur instrument. Toutefois, je dois à la vérité de préciser qu'à partir du Nouvel Empire, la présence de jeunes femmes dans les groupes musicaux devenant prépondérante, ce seront plus souvent elles que vous verrez jouer de la harpe, se tenant, la plupart du temps, debout. 

   

     Et à l'instar des scènes de chasse et de pêche dans les marais dont j'ai si souvent ici décodé la symbolique ressortissant au domaine d'une franche sexualité, la svelte jouvence de ces musiciennes aux vêtements superbement transparents fleurant bon la sensualité, apparaît dans les scènes musicales des parois de chambres funéraires comme un souhait avéré de régénérer le défunt, de favoriser sa renaissance dans l'Au-delà.

 

     Explicites à cet égard, les quelques hiéroglyphes peints au-dessus de la scène du Louvre, - (non présents sur ma photo recadrée sur les seules interprètes) -, qui exprimaient ce voeu : À votre santé ! Faites un jour heureux jusqu'au départ pour la tombe ; puissiez-vous y reposer en paix, pour toujours et chaque jour.    

 

     "Faites un jour heureux", signifiant, je le souligne au passage, : Adonnez-vous aux plaisirs de l'amour charnel ...

 

 

     Et puisque je fais allusion à un texte accompagnant des musiciennes, j'en profite pour relever que certains d'entre eux viennent, de manière parcimonieuse toutefois, fournir quelques précieuses indications : ainsi, par exemple, que des interprètes pouvaient opérer sous la férule soit d'un chef, soit d'un inspecteur, soit d'un directeur. Toutefois, l'absence de détails supplémentaires, - notamment ce qui différenciait entre elles chacune de ces trois fonctions dirigeantes qui, dans notre traduction française, nous apparaissent quasiment synonymes -, ne nous autorise pas à arguer la nature réelle de l'organisation des musiciens au sein de leur corporation, ni quels types de compétence étaient nécessaires à chacun d'eux pour ainsi accéder à un grade supérieur.

 

     Une importante différence laisse toutefois transparaître le statut de l'un ou de l'autre : elle réside dans le fait que quelques-uns d'entre eux bénéficièrent d'une tombe, partant, d'un matériel funéraire restreint gravé à leur nom : une table d'offrandes, par exemple, ou un bassin à libations, voire une statuette ...

 

     À l'encontre donc de tous les musiciens anonymes croisés sur les parois murales de maints mastabas, ceux-là seuls connus par leur tombe devaient assurément jouir d'une position relativement élevée dans la société puisque, je le rappelle aussi au passage, semblable privilège ne pouvait qu'être le fruit d'une décision royale.

 

     J'ajouterai une dernière information qui sourd des textes gravés sur le matériel funéraire de ces artistes connus et appréciés par le souverain : au sein de la Cour, il leur arrivait d'occuper d'autres fonctions, notamment de prêtrise, ou de supervision de travaux d'artisans, de maçons, de couturiers, etc., engagés par le roi en personne.

 

     Sachant que l'on pouvait être musicien par simple tradition familiale, il est probable que ceux privilégiés par le Palais aient soit profité d'une formation musicale donnée en ses murs, soit y étaient eux-mêmes devenus enseignants. Et dans ce dernier cas, je m'autorise à  penser qu'ils recevaient leurs émoluments directement des caisses de l'État.     

 

     Mais laissons là les instrumentistes, voulez-vous, et revenons à leurs instruments. Si nécessité s'imposait encore de vous fournir d'autres preuves de la grande importance de la harpe qui, ne l'oubliez pas, fut le seul parmi les différents cordophones d'Égypte à être véritablement autochtone, lyres et luths étant importés de contrées mésopotamiennes, et bien plus tard qu'à l'Ancien Empire, j'ajouterai que, non seulement, elle faisait partie intégrante des offrandes octroyées par des monarques à de grands sanctuaires tels ceux de Ramsès III à Medinet Habou, de Séthi Ier à Abydos ou encore d'Amon à Karnak, dont la description que Thoutmosis III en fit graver sur une des parois de ce dernier temple vous permettra d'en estimer la valeur : "... une harpe vénérable travaillée en argent, or, lapis-lazuli, malachite et diverses autres pierres précieuses, aux fins de louer la beauté de sa Majesté" ; mais aussi qu'elle se manifeste, cette importance, dans les transformations dont l'instrument fut l'objet tout au long de l'histoire plurimillénaire de l'antique Kemet, des mastabas memphites de l'Ancien Empire jusqu'aux hypogées de la montagne thébaine, au Nouvel Empire. Sans évidemment oublier les époques hellénistique et romaine : ainsi, dans la nécropole d'Antinoopolis, - cette ville égyptienne dédiée par l'empereur Hadrien à la mémoire d'Antinoüs, son favori prématurément mort noyé dans le Nil, vous vous souvenez ? -, furent mises au jour, au début du siècle dernier par l'égyptologue dijonnais Albert Gayet (1856-1916), des sépultures romaines du IIème siècle de notre ère dans lesquelles des harpes reposaient parmi d'autres instruments dans un surprenant état de conservation, évidemment dû à l'excellence des facteurs pédoclimatiques du pays. 

    

 

     Dans le lexique égyptien ancien, le terme générique désignant la harpe s'écrivait

 

HARPE---Hiero.png

 

 

ce que les égyptologues transcrivent par "bnt" (prononcez "bénet" ; ou "binet" quand le hiéroglyphe du roseau, correspondant à notre "" , suivait immédiatement le premier signe de la jambe.)

 

     Dans l'unique but d'être exhaustif, il me reste à préciser qu'un autre terme - djadjat -, fit plus tardivement son apparition pour nommer certains exemplaires de harpes, notamment en forme d'arceau ou de croissant.

 

 

     En vue de brosser un tableau typologique de cet instrument à travers toutes les époques de l'histoire musicale de la vieille Égypte, j'envisage de scinder mes futurs propos en plusieurs interventions successives qui tiendront compte non seulement de l'évolution de son aspect général mais également des époques auxquelles il fut plus spécifiquement utilisé.

 

     Et c'est donc tout naturellement que nous commencerons mardi prochain, le 31 janvier, par envisager les harpes cintrées de l'Ancien Empire, les premières à avoir été réalisées sur les rives du Nil.

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

 

CARREDU  Giorgio,  L'art musical dans l'Égypte antique, CdE 66, Fasc. 131-32, Bruxelles, F.E.R.E., 1991, pp. 39-59.

 

EMERIT  SibylleLes musiciens de l'Ancien Empire : sources et interprétations, dans Égypte, Afrique et Orient n° 40,  Avignon, Centre d'Égyptologie./Saluces, Décembre 2005, pp. 3-16. 

 

SETHE KurtUrkunden des Ägyptischen Altertums - IV. Urkunden des 18. Dynastie - Texte des Hefte 9-12, Berlin, Akademie Verlag, 1984, 174, lignes 11 à 14.

 

VANDRIES  Christophe, Harpistes, luthistes et citharôdes dans l'Égypte romaine. Remarques sur quelques singularités musicales, in Revue belge de philologie et d'histoire, tome 80, Fasc. 1, 2002, Antiquité-Oudheid, pp. 171-98.

 

ZIEGLER  ChristianeLes instruments de musique égyptiens au Musée du Louvre, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1979, pp. 101-5. 

 

ZIEGLER  ChristianeLa musique égyptienne, Collection Petit Guide du Louvre n° 62, Paris, Éditions de la Réunion des Musées Nationaux, 1991, 15-9.

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Rééditions partielles
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commentaires

christiana 29/01/2017 11:00

Je ne peux que me ranger à l'avis général qui fait l'unanimité autour de la harpe. Moi aussi je la trouve très belle, sensuelle et féminine. Le jeu des mains sur les cordes ressemble à un ballet. Et aujourd'hui encore, presque us les harpistes d'orchestre sont des femmes. Cette musique de sveltes jeunes filles légèrement vêtues devait être magnifique, à réveiller les morts :-)

Richard LEJEUNE 29/01/2017 11:10

Ah, si comme les Égyptiens de l'Antiquité, je croyais en l'Au-delà, j'eusse aimé que ma régénération fût aux mains d'aussi accortes musiciennes ...

Carole 29/01/2017 00:59

Que la musique éclaire aussi notre au-delà !

Richard LEJEUNE 29/01/2017 11:04

Ah, si comme les Égyptiens de l'Antiquité, je croyais en un Au-delà possible, j'aurais partagé votre souhait, Carole ...

Cendrine 25/01/2017 18:57

Merci Richard pour votre réponse accompagnée des mots magnifiques de François Cheng. Oui, nos sensibilités se sont rencontrées, avec celle d'Alain et j'en profite pour ajouter combien j'adhère aux propos de Michel Onfray sur le sujet.
J'ai aussi beaucoup aimé le commentaire de FAN, la harpe nous inspire tous!
Petit clin d'oeil ainsi qu'à Alain: la neige était bien jolie hier mais alors aujourd'hui... de gros flocons poisseux, lourds de pollution, une neige urticante sur la peau!!! Je ne finirai donc pas sur une note poétique (rires) mais le coeur y est...
Belle soirée à vous
Cendrine

Richard LEJEUNE 26/01/2017 09:28

La harpe semble effectivement être un instrument fort apprécié ...
et fédérateur.

Merci pour vos précisions météorologiques, chère Cendrine.
Dans ma Wallonie natale, il gèle les nuits, fait froid les journées depuis presque deux semaines mais, - permettez-moi cette plaisante parodie du grand Racine -, nos journées sont plus belles que nos nuits grâce à l'exceptionnelle luminosité qui éclate d'un soleil souverain dans un ciel uniformément bleu ...

FAN 25/01/2017 16:32

L’origine de la harpe remonte à la Mésopotamie. Les premières harpes et lyres ont été trouvées à Sumer vers 3500 av. J.-C.1. Plusieurs harpes ont été trouvées dans des sépultures et des tombes royales à Ur2. Elle est connue des musiciens de l'Égypte antique, comme de Sumer (actuel Iran) et de Babylone. La harpe s'est répandue à travers les diverses civilisations et tous les continents sous des formes différentes. LU sur Wikipedia!!! J'aime à savoir que les hommes égyptiens ont laissé leur place aux femmes au maniement de la harpe!! de ce fait, pour l'audelà des défunts, il était plus agréable qu'il y ait de jolies femmes vêtues de transparence jouant de belles mélodies sensuelles!! il est certain que la harpe est instrument qui sous les sons doux et mélodieux, elle cache le désir par la manière dont les doigts de l'artiste pincent les cordes!! A Mardi ! Merci Richard!Bisous Fan

Richard LEJEUNE 26/01/2017 09:17

Mwais !!
"Lu sur Wikipedia", précisez-vous, chère Fan. Raison de plus pour ajouter mon "mwais" très dubitatif ...

Je me permettrai, dans l'article prévu pour mardi prochain, de fortement nuancer les propos de Wikimachin que vous rapportez quant aux origines de la harpe ...

Alain 24/01/2017 16:20

Superbe réflexion du philosophe Cheng, Richard. Pour des articles consacrés à la beauté, tu ne pouvais mieux commencer car, effectivement, tu as rencontré nos sensibilités à Cendrine et moi-même.
Je tiens à complimenter et remercier Cendrine pour son magnifique commentaire qui est comme toujours très lyrique, mais est également un magnifique hymne à la vie, au plaisir et à la poésie. Je retiens que la musique est « un voyage vers la jouissance ».
Je répondrai demain aux commentaires qu’elle a laissés sur mon blog car mes douleurs visuelles habituelles ne me lâchent pas. J’ai trop travaillé sur la fin de l’enquête Van Gogh. Je pense que cela vous plaira.
Chez moi aussi, pour Cendrine, des petits flocons papillonnent et transforme l’air en fine soie argentée. Malheureusement la météo dit qu’ils sont chargés de particules polluantes…
Belle fin de soirée.

Richard LEJEUNE 26/01/2017 17:48

Mais vous ne me contrariez nullement, chère Fan, bien au contraire : votre intervention me permet de préciser que Wikimachin n'est nullement la bible que trop souvent l'on croit et qu''il faut absolument prendre avec grande circonspection ce qui s'y écrit, le plus souvent émaillé de l'une ou l'autre imprécision, voire de l'une ou l'autre erreur, par qui souhaite s'y exprimer. À toujours confronter avec des ouvrages de référence rédigés par de vrais savants patentés ...
Avec ce wikitruc, nous sommes à cent lieues de la confiance que nous devons accorder à des travaux encyclopédiques de valeur.

FAN 26/01/2017 16:46

Cher Richard, croyez bien, que même si mes recherches vont souvent au plus court sur WIKITRUC, je lis avec attention si leur écrits son quelques peu exacts!!mais je suis certaines que Mardi prochain, je pourrai vérifier les écrits que j'ai partagé sans vouloir vous contrarier!! Bisous Fan

Richard LEJEUNE 24/01/2017 16:41

Alors, là, pour le coup, tu m'as bien amusé, Alain, en nous précisant que les "petits flocons qui papillonnent et transforment l’air en fine soie argentée", de Cendrine "sont chargés de particules polluantes" !!

Retour à la triste réalité de notre environnement.

Cendrine 24/01/2017 15:30

C'est un passionnant florilège d'instruments qui nous est ainsi proposé... et la harpe ouvre le bal !
Très intéressante votre évocation des musiciens puis des musiciennes. J'ai toujours beaucoup aimé ces représentations de jolies jeunes femmes aux formes pleines de volupté qui semblent palpiter sous des tissus mouillés.
La musique attise les sens, éveille les forces de vie, invite le corps et l'esprit à renaître. C'est un voyage vers la jouissance.
Voilà ce qu'il faudrait aux habitants de ce monde, bien plus de « jours heureux » ! Et j'évoque bien évidemment l'aspect charnel, sensuel, sexuel. Frustration des joies du corps et de l'esprit, frustration des sens et des pulsions qui nous habitent tous, frustration face à ce qui n'est qu'un appel de vie... et c'est une déferlante de rage et de ténèbres (je fais allusion à votre remarquable article de début d'année sur les religions, le terrorisme...)
Comment avoir l'esprit ouvert si le corps est fermé à cette lumière d'érotisme qui brille -entre autres- autour de ce magnifique instrument ?
Dans les mondes celtiques, la harpe était associée à l'amour, à la santé et la sexualité épanouie. Et je me souviens de mes cours de littérature médiévale et notamment des Lais de Marie de France où la harpe évoque le corps de la femme que l'amant vient étreindre. Un beau symbole de l'amour à la fois courtois et passionné autour duquel la poétesse a brodé différentes saynètes.
Un grand merci pour votre chapitre si bien présenté et documenté, je vous souhaite, Richard, une belle fin de journée. Ici, ce sont de tous petits flocons qui papillonnent et transforment l'air en une fine soie argentée.
Bien amicalement,
Cendrine

Richard LEJEUNE 24/01/2017 15:54

Je suis comblé par ces deux commentaires : mon modeste article a vraisemblablement rencontré vos sensibilités à Alain et à vous, Cendrine.

Il est certain que le judéo-christianisme qui a pesé sur ces vingt derniers siècles a totalement bridé les corps ... (de ceux qui ont bien voulu se laisser en imposer). C'est ce que dans maints ouvrages martèle le philosophe Michel Onfray !

Et puisque j'évoque la littérature philosophique, permettez-moi cette réflexion de François Cheng :

"C'est peu dire que l'homme a commerce avec la beauté. Au cœur de ses conditions tragiques, c'est dans la beauté, en réalité, qu'il puise sens et jouissance.

(François CHENG, "Cinq méditations sur la beauté", Paris, Albin Michel, Le Livre de Poche n° 31978, 2012, p. 30)

Alain 24/01/2017 11:55

La harpe m’apparaît comme le plus sensuel des instruments de musique : courbe ondoyante, forme galbée, généreuse, finesse des cordes.
La façon de jouer, de tenir l’objet, est aussi très charnelle. Comme le ferait l’amant, l’instrumentiste serre l’instrument dans ses bras avec tendresse, le caresse, fait vibrer ses cordes afin de mieux ressentir son âme.
Une grande volupté se dégage des sons de ce bel instrument qui me fait penser à une sculpture.

Richard LEJEUNE 24/01/2017 15:44

Merci pour ce très beau commentaire, Alain, tout à la fois un hymne à la harpe, à la beauté, à la femme et à l'amour ...
J'adore et j'adhère !

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