Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 23:00


 

     Dans cette dernière intervention avant les vacances de Printemps qui, en outre, constituera l'ultime que je consacrerai au fragment peint d'un fourré de papyrus (E 13101) exposé dans la vitrine 2 de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre,
 


Vitrine 2-copie-1
 

je voudrais, amis lecteurs, vous proposer d'analyser, non plus le seul bosquet comme la semaine dernière, mais l'ensemble de cette composition antithétique considérée par les égyptologues comme un véritable topos iconographique de l'art funéraire égyptien : il s'agit de ce qu'ils ont pris l'habitude de nommer  "scène de chasse et de pêche dans les marais".

Cailliaud - Tombe Néferhotep-1

     Peut-être certains d'entre vous ont-ils encore vaguement en mémoire un article que, modestement, je qualifierais de fondamental en la matière et que j'avais eu l'opportunité de rédiger le 12 août 2008, dans le cadre de cette même rubrique consacrée au "Décodage de l'image égyptienne" : j'y j'envisageais
plus spécifiquement la symbolique de la seule scène de pêche au harpon.

     Sans évidemment vous imposer quoi que ce soit - d'autant que j'en reprendrai ici certaines notions cardinales -, il me semble qu'il serait véritablement profitable de consacrer quelques instants à le relire sous l'angle d'une sorte de parallèle au message qu'aujourd'hui je voudrais énoncer ; et ce, de manière que les deux participent d'un ensemble réflexif homogène.

    J'expliquais en effet d'emblée dans ce billet d'alors, à mon sens un peu passé inaperçu dans la mesure où je le publiai au beau milieu des grandes vacances, qu'il serait tout à fait réducteur et erroné de considérer l'image égyptienne comme n'offrant qu'un seul niveau de lecture ; d'autant plus qu'elle ne se revendique nullement d'une fonctionnalité purement esthétique : tel l'art tout entier de ce pays d'ailleurs, elle se veut à finalité magique.

     De grands noms comme, par exemple, feu l'égyptologue belge Roland Tefnin ont, depuis un certain temps déjà, parfaitement démontré qu'existaient deux, voire plusieurs approches épistémologiques possibles. Il n'est à présent plus besoin de démontrer le bien-fondé de semblable assertion :  il me suffira, je pense, de vous la faire entrevoir pour vous convaincre de sa pertinence.

     Et dans ce but, je vous propose de nous pencher sur ce qu'actuellement il nous reste des peintures de l'hypogée réensablé et donc introuvable de Neferhotep : les  gravures réalisées par Frédéric Cailliaud lui-même ; et plus particulièrement, à la gauche du fourré de papyrus du Louvre, la scène de chasse au bâton de jet, ou au boomerang.

Neferhotep - Scène de chasse au boomerang

     Que "voyons"-nous sur son dessin ?

     Neferhotep, le défunt, - la petite barbe très courte en atteste -, debout,  en taille héroïque, jambes gauche en avant et droite posant sur les doigts de pied, en parfait équilibre sur cette pourtant bien frêle embarcation, accompagné de trois jeunes femmes, s'apprête à lancer son bâton sur les oiseaux - essentiellement des canards - qui volent au-dessus du fourré de papyrus : il chasserait donc quelque volatile afin d'assurer sa subsistance et celle des siens.

      Que voilà une délicate scène bucolique, tout empreinte d'une sérénité apollinienne, on ne peut plus réaliste !

     Réaliste l'esquif façonné à partir de tiges de papyrus voguant sans être dirigé par quiconque ?  Et qui, nonobstant sa fragilité évidente, supporte sans déséquilibre aucun quatre personnes dont l'une, tôt ou tard, sera conduite à poser un geste brusque ?

     Réaliste le fait que pour une partie de chasse dans des marais, tout ce petit monde soit ainsi en grand atour ? L'épouse et la fille du défunt rivalisent de coquetterie avec leur robe de lin fin, peu ou prou décolletée dont un collier à plusieurs rangs de perles vient  harmonieusement parer la gorge, et avec leur lourde perruque tripartite ornée d'une fleur de lotus enchâssée dans un serre-tête noué à l'arrière.

     Réaliste en ce lieu la mise de ce haut-fonctionnaire palatial brandissant son arme de jet, arborant lui aussi collier et bracelet(s) comme ses compagnes, portant perruque arrondie, pagne court - appelé "chendjit", vêtement  caractéristique de la garde-robe royale - que recouvre une jupe transparente mi-longue s'arrêtant aux mollets ?

     Réaliste le geste de ces dames qui, s'agrippant l'une au torse, l'autre à la jambe du "chasseur" risquent  immanquablement d'entraver ses mouvements  ?

     Réaliste leur taille, par rapport à celle de Neferhotep ?

     Réalistes, les deux personnages masculins posés ainsi l'un au-dessus de l'autre à l'arrière de la scène et semblant se mouvoir dans l'apesanteur ?

     Mais, me direz-vous, peut-être que la partie de pêche, elle, qui lui est opposée, de l'autre côté du fourré de papyrus ... ?

  Neferhotep harponne - Croquis d'après Cailliaud

   Eh non ! Mis à part la coiffure de Neferhotep, la position et le nombre des personnes qui l'accompagnent, seuls points qui diffèrent, l'analyse révèle, il nous faut bien l'admettre, que l'ensemble fut là aussi traité exactement dans le même esprit.

     De sorte qu'à l'énumération de tous ces détails insolites, vous conviendrez sans peine que ce genre de représentation - charmante au demeurant - ne peut pas argumenter en faveur d'un quelconque réalisme de situation.

     Toutefois, sur un point, je me dois de vous accorder raison : du réalisme, indéniablement, il y en a ! Je pense notamment
au minutieux rendu des plantes de papyrus, à celui des oiseaux en vol ou des prédateurs en attente de leur éventuelle future pitance, aux vêtements ou aux bijoux que nous avons relevés chez les personnages représentés. Chacun de ces détails séparément envisagés prouve, si nécessité s'imposait encore, l'extraordinaire don d'observation, l'acuité du regard et, consubtantiellement, l'immense talent de l'artiste égyptien qui réalisa cette décoration au sein de l'hypogée, dans des conditions "d'éclairage" probablement très peu confortables.
    
     Mais il n'en demeure pas moins que l'ensemble du registre pêche indubitablement par défaut de réalisme.
 

     Je vous sens déçus, là ; je soupçonne même plus qu'une once de regret dans vos yeux : mais alors, entends-je certains d'entre vous murmurer, dans ce type de scènes, les Egyptiens agrémentaient, enjolivaient, paraient,  idéalisaient, et donc ne rendaient compte d'aucune vérité ... ? En un mot comme en cent : ils nous mentiraient, nous grugeraient, nous abuseraient ? 

     Nous ??? Qui, nous ?
     Vous semblez oublier, amis lecteurs, un point extrêmement important, capital même : l'image égyptienne,
dissimulée au plus profond de la tombe ou des temples n'a jamais été, à l'encontre de nos conceptions occidentales, destinée à être vue par le commun des mortels de l'époque ; et encore moins, quelques siècles plus tard, admirée par vous et moi ...

     Car, ne l'oublions pas,
même si la fin ne répondit pas souvent aux moyens, les Egyptiens s'ingénièrent toujours à rendre leur "maison d'éternité" inviolable : les mastabas initiaux, accueillant le défunt tout au fond d'un puits funéraire aménagé, parfois, à quelque trente mètres de profondeur ; les pyramides de l'Ancien Empire aux entrées dissimulées et aux couloirs pensés pour égailler d'éventuels profanateurs ; les hypogées du Nouvel Empire creusés pour certains jusqu'à plus de cent mètres dans le tréfonds de la montagne thébaine, en constituèrent indicutablement les premières manifestations. Inviolables, ai-je noté; malheureusement pas inviolées ...

     Mais alors m'interrogerez-vous, à quoi servait-il de faire décorer son tombeau avec des scènes aussi élégantes puisque personne n'était destiné à en profiter ?

      Personne ??? Qui a dit cela ?

     N'avez-vous jamais remarqué, ami lecteur, si d'aventure vous avez visité l'Egypte ou, plus simplement, si vous avez déjà feuilleté l'un ou l'autre livre d'art, que, dans la plupart des chapelles funéraires,
l'artiste "scribe des contours" à qui incombait la décoration mandée par un noble ou un haut fonctionnaire royal représenta son propriétaire, debout ou assis aux côtés de son épouse, pour assister en se réjouissant le coeur, à la vue du beau spectacle qui (leur) est présenté ?

     Vous rappelez-vous, entre autres exemples, ce portrait d'Akhethetep recevant différentes offrandes que nous avions vu, en octobre 2008, dans son mastaba exposé dans la salle précédente ?

Akhethetep-re-oit-les-tissus---Entr-e--embrasure-sud.jpg
     Il n'y a plus aucun doute à ce sujet, et les textes hiéroglyphiques qui légendent ces scènes l'énoncent très clairement : c'était au défunt lui-même, à ce "bienheureux", à ce "justifié" devant le Tribunal d'Osiris, que tout le décor était destiné ; il était
, comme le professait Roland Tefnin, son propre "spectateur-dans-l'image".


     L'image égyptienne, ajoutait-il aussi volontiers, ne s'épuise pas à la saisie de son sens immédiat, premier, superficiel. Il est temps, dès lors, que nous partions, vous et moi, à la recherche des signifiés bien celés dans cette célèbre scène de chasse dans les marais ...

     De prime abord, quatre signifiants sont à épingler : les canards maitrisés par le personnage masculin à l'arrière de la scène (en fait, et selon les conventions de l'art égyptien, ces deux serviteurs de Neferhotep évoluent sur la rive, au bord du marais), les jeunes femmes et les fleurs de lotus qu'elles tiennent en main ou arborent dans leur perruque.

     L'égyptologue belge Philippe Derchain - maintenant définitivement suivi par l'ensemble de la profession -  a magistralement démontré que chacun de ces détails, pris séparément - canard, jeune femme,  perruque, lotus, mais aussi, de l'autre côté du fourré de papyrus, les types de poissons harponnés -, ressortissait au domaine de la symbolique érotique et, en outre,
que leur présence conjointe matérialisait la volonté de renaissance, de renouvellement de vie que manifestait tout défunt. 

     Parce que la pensée égyptienne est ainsi duelle qu'elle peut indistinctement considérer un animal comme profitable et nuisible - ainsi en est-il, par exemple, de l'hippopotame ou de certains félidés -, le canard  constitue tout à la fois
une promesse de sereine éternité, un élément important dans le processus de régénération et, conjointement, l'image de l'ennemi  potentiel à combattre : c'est la raison pour laquelle, dans la scène palustre qui nous occupe, ceux qui voltigent au-dessus  des végétaux nilotiques font l'objet d'une chasse de la part de Neferhotep : dans la mesure où ils sont aussi censés personnifier les forces maléfiques, ils pourraient considérablement entraver son avancée sur le chemin de sa propre renaissance, entraver son accession à la survie, entraver son éternité dans l'Au-delà ...  

      Cette chasse et, ne l'oublions pas, la pêche évoquée précédemment, apparaissent dès lors comme des gestes rituels posés par le propriétaire de la tombe aux fins de canaliser toute éventuelle hostilité l'empêchant de légitimement prétendre à un devenir post-mortem ; elles ne nous
donnent nullement à voir, vous l'aurez compris, l'une ou l'autre méthode de recherche de subsistance.

     Déprenons-nous définitivement de l'a priori selon lequel ces scènes figureraient une chasse réelle :
elles ont vocation apotropaïque, prophylactique, dans la mesure où il s'agit, pour le défunt, de se protéger d'un danger éventuel.

     Mais aussi mythique : en effet, ces deux activités cynégétiques furent, aux tout premiers temps de l'Egypte, réservées aux souverains : symboliquement, ils combattaient tout ce qui aurait pu être susceptible de perturber la Maât, de perturber le bon ordre du pays, à commencer, nous l'avons rencontré cet hiver dans certains passages des Annales de Thoutmosis III, par les ennemis potentiels de l'Egypte.

     Neferhotep qui, par parenthèses, je l'ai esquissé tout à l'heure, porte ici le pagne royal et non pas un vêtement correspondant à son niveau social, désirant vraisemblablement être traité de pair à compagnon avec le roi, veut lui être assimilé pour,
mutatis mutandis, vigoureusement repousser, par la magie de l'image, les forces hostiles, néfastes toujours susceptibles de dangereusement perturber sa propre vie dans l'Au-delà. 

     Evoquons à présent la coiffure :  j'ai déjà eu l'occasion, lors de la présentation d'un extrait du Conte des Deux Frères, le 16 août 2008, d'attirer votre attention sur l'érotisme sous-jacent inhérent à la chevelure féminine en Egypte ancienne. J'ajouterai simplement que la perruque tripartite, précisément ici portée par l'épouse et la fille de Neferhotep, était celle qui caractérisait les divinités de la fécondité et de la maternité. Qu'à la fécondité est évidemment liée l'idée de naissance. Et que par la médiation de cette chasse et de cette pêche dans les marais, le défunt cherche rien moins qu'à pouvoir renaître après son trépas ici-bas ...   

      Quant au lotus, considéré comme revivificateur, qu'il soit placé à l'avant du serre-tête, simplement tenu en mains ou approché des narines pour être humé, il est aussi censé favoriser la renaissance solaire du défunt. C'est ainsi qu'indépendamment des oeuvres en ronde-bosse, la littérature funéraire égyptienne, notamment le Livre pour sortir au jour (ce que par facilité certains nomment encore Livre des Morts), en atteste : au chapitre 81 B, le défunt qui désire prendre l'aspect d'un lotus pour renaître en tant que Nefertoum, lotus primordial à partir duquel le soleil apparut, se doit de réciter cette formule :

     O ce lotus, cette image de Nefertoum, je suis quelqu'un qui connaît ton nom ; et je connais vos noms, ô tous les dieux de l'empire des morts, car je suis l'un de vous. Faites que je voie les dieux, les guides de la Douat, et donnez-moi ma place qui est dans l'empire des morts, au côté des maîtres de l'Occident ; que j'occupe ma place dans le pays sacré (...)

     Terminons à présent cette longue démonstration par une note sémantique en évoquant le bâton de jet avec lequel Neferhotep s'apprête à capturer l'un ou l'autre canard volant au-dessus du fourré de papyrus. C'est peut-être un détail, mais assurément pas anodin :  le hiéroglyphe représentant ce bâton peut, dans la langue égyptienne classique, servir de déterminatif au verbe qema qui, tout à la fois, signifie "lancer", mais aussi "créer".

     A la suite de tous ces éléments énoncés, j'espère que, comme moi, amis lecteurs, vous estimerez incontestable le fait que ces scènes de chasse et de pêche dans les marais nilotiques avaient métaphoriquement valeur de régénérescence : pour renaître dans l'Au-delà, pour y poursuivre la vie qu'il avait menée sur terre, tout défunt avait besoin de surmonter les obstacles, de les affronter de manière à mieux en triompher.

     Oiseaux et poissons, ici, matérialisent ces forces malveillantes. Quelques grands temples ptolémaïques d'ailleurs l'attestent : ainsi dans celui d'Esna trouvons-nous mention de certains rites dévolus aux prêtres-purs parmi lesquels figure celui d'abattre les ennemis représentés sous forme de poissons que l'on destine au feu de la terrifiante déesse Sekhmet ; et dans celui d'Edfou, les textes précisent que ces mêmes poissons font indubitablement référence aux ennemis réels ou potentiels de l'Egypte, tout en ajoutant que les oiseaux sont identifiés à l'âme même de ces hommes.   

     Oiseaux et poissons participent aussi symboliquement des connotations érotiques présentes dans la mesure où, l'acte sexuel étant nécessaire pour toute (re)naissance, tout semble mis en oeuvre pour le favoriser : perruque, bijoux, vêtements suggestifs, etc.

     C'est également dans cette même optique qu'il nous faut comprendre, sur le cliché en noir et blanc ci-dessus, au registre supérieur derrière Neferhotep harponnant, la représentation d'un autre type de chasse dans les marais : canards et autres volatiles ont été capturés à l'aide d'un filet ; j'y reviendrai, après les vacances scolaires belges, à propos d'un bas-relief exposé dans cette même vitrine ....  


     En guise de conclusion, permettez-moi d'emblée de simplement faire remarquer que nous sommes ici fort éloignés d'un premier sens de lecture qui eût voulu nous donner à penser que Neferhotep pratiquait chasse et pêche dans l'espoir de nourrir sa famille. Départons-nous une fois pour toute de cette idée simpliste !

     Au tout début de ce mois, dans ma deuxième intervention à propos du fragment peint E 13101, j'avais, souvenez-vous, souligné - tout en promettant de réfuter plus tard l'acception - que ce type de décoration dans une chapelle funéraire ne ressortissait nullement à la thématique qu'il est parfois convenu d'appeler "scène de la vie quotidienne", voire même "de la vie privée" : vous aurez parfaitement compris aujourd'hui que l'artiste égyptien n'entendait ici nullement reproduire un épisode de la  simple quotidienneté de Neferhotep. Et aurait une vision bien étriquée de l'art égyptien celui qui voudrait encore nous faire accroire une analyse aussi captieuse.

     Comme le suggère avec beaucoup d'humour Pascal Vernus dans son excellent Dictionnaire amoureux de l'Egypte ..., ne promouvons pas ce genre de scène en musée Grévin du passé pharaonique !


     Aussi, après un premier sens de lecture qui fut celui des plus grands égyptologues du passé pensant l'oeuvre comme représentative d'une réalité, nous pouvons fort heureusement à présent, grâce aux progrès de la science égyptologique, - merci Jean-François Champollion d'en avoir donné l'impulsion par le déchiffrement des hiéroglyphes ! -, en envisager un deuxième, relevant du domaine du mythe par la réminiscence faite aux combats victorieux des premiers rois d'Egypte contre les ennemis des Deux Terres.

     Ou encore un troisième qui se voudrait apotropaïque, à savoir le désir qu'a tout défunt de conjurer le mauvais sort, de définitivement éloigner toutes les puissances maléfiques qui tenteraient d'entraver son parcours personnel vers la renaissance.

     Ou enfin un quatrième, à connotation érotique celui-là, à destination eschatologique aussi : mettre tout en oeuvre pour que rapport sexuel il y ait de manière à permettre cette naissance post-mortem souhaitée ...

     Oeuvres récurrentes des chapelles funéraires durant toute l'Histoire égyptienne, ces scènes de chasse et de pêche dans les marais n'avaient en définitive d'autre fonctionnalité que celle d'assurer pleinement un Au-delà "vivable" aux trépassés.

    

   
(Barguet : 1967, 119-20 ; Chauvet : 1989, 310-1 ; Derchain : 1972 : 12 et 1975, passim ; Desroches Noblecourt : 2003, 27-50 ; Germond : 2002-3, 75-94 ; Koenig : 1994, 29 et 131-85 ; Laboury : 1997, 49-81 ; Tefnin : 1994, 11 ; Vernus : 2009, 959)


      A toutes et à tous, après cette rencontre du jour un peu plus longue que d'habitude, -  vous m'excuserez, j'espère, d'en avoir quelque peu profité, sachant que nous ne nous verrions plus pendant deux semaines consécutives -,  je souhaite d'excellentes vacances de Pâques ou, pour l'exprimer de façon moins chrétiennement connotée, d'excellentes vacances de Printemps.

     Et vous donne bien évidemment rendez-vous, devant cette même vitrine 2 de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes le mardi 20 avril prochain : de nouvelles découvertes nous y attendent ...

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Michel (hfo) 27/08/2013 12:03

Bonjour Richard,

Voilà, une remarquable analyse dont je partage tous les points abordés. Pour aller dans ce sens, je signale qu'il existe aussi un hiéroglyphe représentant un canard décapité.

Dans l'approche du symbolisme égyptien, la difficulté du déchiffrement tient au fait de l'existence plusieurs niveaux de signification de l'image.

Merci pour ce petit régal.

Michel

Richard LEJEUNE 28/08/2013 07:14



     Merci à toi, Michel, d'être passé par ici et d'avoir laissé cet appréciable commentaire.



Jc Vincent 14/04/2010 09:21


Les vacances touchent à leur fin : j’ai pris "tout mon temps" pour te lire, mais il est "grand temps" maintenant que je t’écrive ce court commentaire avant que tu reprennes tes activités
bloguiennes …

A la lecture de tous ces éléments que tu énonces, on comprend parfaitement pourquoi ces scènes de chasse et de pêche ont valeur de régénérescence et que tout défunt se doit d'avoir triomphé des
obstacles de la vie terrestre, des forces malveillantes représentées ici par ces poissons et oiseaux, pour renaître dans l'Au-delà …

Démonstration est faite … et parfaite, monsieur le Professeur ! Merci.


Richard LEJEUNE 15/04/2010 20:11



     Merci cher Jean-Claude.





     Toutefois ai-je décidé - comme je vais l'annoncer dans les toutes prochaines heures - de compléter cette série grâce à un troisième volet
qui devrait à mon sens constituer un ensemble maintenant quasiment complet sur cette question ; à tout le moins, sur cette célébrissime scène de chasse et de pêche dans les marais ...



Louvre-passion 03/04/2010 18:24


J'ai lu cet article très intéressant et la discussion non moins intéressante qui se poursuit dans les commentaires.
Le point sur lequel tu as raison d'insister c'est que nous, visiteurs des musées du XXIe siècle, avons un regard qui ne correspond pas du tout avec le but de l'oeuvre réalisée à l'époque
pharaonique. Tu rappelle donc fort justement la fonction magique de ces peintures et leur symbolique.
Autre sujet je vois que, toi aussi, tu as été contacté par ces étudiantes qui réalisent une étude. J'ai eu le même commentaire et "Louvreboîte" aussi.


Richard LEJEUNE 15/04/2010 20:07



     C'est effectivement un point sur lequel je me dois d'insister en abordant l'art funéraire égyptien : il  ne nous est absolument pas
destiné ! En principe, si tout s'était passé tel que les anciens l'avaient voulu, nous n'aurions jamais dû le contempler ...





     De sorte que l'analyser au premier degré de nos réflexions contemporaines constitue une hérésie à propos de laquelle l'égyptologue belge
Roland Tefnin, et bien d'autres, nous ont parfaitement mis en garde.





     Et pour ce qui concerne ces Etudiantes de Bordeaux, comme tu l'as probablement compris en lisant ma réponse, il serait temps qu'elles se
mettent au même diapason les unes et les autres, plutôt que, chacune dans son coin, nous envoyer son petit message personnel ...


     C'est ce que j'ai cru bon de leur préciser ici, et par mails privés, avant de me retirer du Net pour ce congé pascal : et depuis, plus aucun
contact ! Mais peut-être étaient-elles elles  aussi en vacances ?


 



jide 01/04/2010 20:52


Pour ma réincarnation moi je voudrais etre un arbre,pas un platanne,tu immagine une vie de cons au bord d'une route,il y a bien le bouleau mais le bouleau c'est le boulot Il y aurait un arbre qui
s'appelerait le glandeur je serai preneur.Ou alors,chène mais pour etre chène il faut commencer gland,c'est tout un parcour initiatique.
j'espère que ce petit aparté t'aura distrait avant de te féliciter pour le texte délectable que tu apporte toujours en nous instruisant et vous souhaitant a tous deux bonne vacance scolaire avant
de nous renconter tres prochainement
amicallement jean


Richard LEJEUNE 01/04/2010 22:33



     Grand merci Jean.





     Bien que je n'adhère nullement à ce côté "glandeur" que tu voudrais nous faire accroire, j'apprécie beaucoup l'élaboration et la
progression de ton commentaire : on se demande de prime abord où tu veux en venir ; on découvre ensuite que tu termines ton énumération de possibilités post mortem par un terme précis,
"initiatique", lourd de sens, gros d'un passé tout à la fois sociologique, mystique, mais aussi historique.





     Et qu'à lui seul, il résume parfaitement l'article de ce mardi concernant les sens cachés de la scène de chasse dans les marais nilotiques :
car en effet, il est besoin d'être quelque peu initié aux symboles que véhiculent certains sujets de l'art égyptien aux fins de mieux l'appréhender, de mieux en saisir les détails et, surtout, le
message que l'artiste a voulu faire passer ; initier était en définitive aujourd'hui le but de mon texte.





     Qu'en outre, tu le trouves "déléctable" me ravit vraiment : toi qui te réfugies trop souvent derrière le fait que tes études se
sont arrêtées fort tôt, par les deux termes  que tu viens d'employer, tu prouves - indépendamment de ta modestie - que c'est aussi avec le coeur que tu comprends les choses ; et pour moi, là
est l'essentiel ...


 


     Permets-moi d'emprunter une des si belles vérités à un auteur français qui, à mes yeux, est un des plus grands philosophes de notre temps,
Antoine de Saint-Exupéry, phrase qu'il place dans la bouche du renard conversant avec le Petit Prince qu'il va quitter - ce renard qui d'ailleurs aurait pu être celui qu'un jour tu nous as ici
montré :


 


     "Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu'avec le coeur ; l'essentiel est invisible pour les yeux
..."


 


     A très bientôt, Jean.


     Bises à Nicole


 


     Richard 



J-P Silvestre 01/04/2010 19:49


J'ai toujours entendu dire que le "voile islamique" en réalité un foulard dissimulant les cheveux des femmes était destiné à masquer cet attribut considéré comme "érotique". Ce serait un précepte
coranique auquel toutes les Musulmanes pratiquantes se soumettent à la différence du niqab et de la burqa qui n'ont rien à voir avec la religion.


Richard LEJEUNE 01/04/2010 21:46



     Merci Jean-Pierre, par cette précision, d'avoir clarifié vos propos précédents : je comprends maintenant mieux le sens de votre
commentaire.





     Ceci étant, j'avoue ma totale ignorance en la matière : je n'ai jamais lu le Coran ; je ne me suis vraiment jamais penché sur ce qui, chez
les Musulmans, était prescrit par le Prophète ou simplement par l'homme.





     De sorte que je suis tout à fait incapable de vous suivre sur ce sujet précis, et encore moins de vous opposer des arguments. 



FAN 01/04/2010 14:46


Hier, "spam" de JAVA,un logiciel qui veut que l'on se mettre à jour!!je n'ai pu lire vos réponses et principalement à votre question en ce qui concerne le rapprochement entre ma coiffure Egyptienne
et le voile burka!! pas grand chose, c'est juste un clin d'oeil à Jean-Pierre sinon ce type de coiffure réservée je pense, à un groupe de déesses ou pharaonnes ou servantes proches de la
pharaonne,mais je me demande en fait quel en était le symbole?? Signe de longévité? BONNE VACANCES RICHARD!! BISOUS FAN


Richard LEJEUNE 01/04/2010 17:40



     Sur la séduction, la symbolique érotique de la perruque ainsi que de la coiffure, indépendamment de ce que je viens d'écrire dans la
rubrique "Décodage de l'image" à propos de la chasse au bâton de jet, puis-je, chère Fan, me permettre de vous inviter à découvrir deux billets anciens - samedis 16 et 23 août 2008 -,
ainsi qu'une réponse, assez longue, que je donnai après un commentaire sur le premier de ces articles ?


Vous y trouverez, peut-être, quelques données nouvelles qui peuvent vous intéresser, dans le cadre du présent sujet.


Merci de votre fidélité et à bientôt.   



Léa Piguet 01/04/2010 10:09


Bonjour,
Je m’appelle Léa Piguet, je suis étudiante à l’Icart. Le Louvre nous a mandatés pour effectuer un bilan de notoriété sur le web. Votre blog a donc attiré notre attention.
Le Louvre souhaite mettre en place une plateforme collaborative qui réunirait des professionnels et des passionnés. Pour ce faire, nous recherchons sur la toile les blogs influents afin de les
répertorier. Etant vous-même en site influent, pourriez vous s’il vous plaît répondre aux questions suivantes :
- Quelles sont les motivations qui vous ont poussées à créer ce site ?
- Qu’est ce que le site vous apporte ?
- Seriez-vous intéressés par une collaboration avec le Louvre.fr ?
- Précisez votre nom, âge et profession.
Cordialement,
Léa PIGUET


Richard LEJEUNE 01/04/2010 12:56



Avec Marine Plaza, à Bordeaux, et les autres Etudiantes embarquées dans ce beau projet avec Le Louvre, ne pourriez-vous vous mettre d'accord quant aux modalités et
aux personnes à contacter ????



Tifet 01/04/2010 09:52


Loin de moi l'idée de mettre en doute ce que vous avancez Richard ! et j'avoue que je n'ai pas lu tous les articles que vous avez faits, référencés en 2008 ! pour l'heure, je pars également
quelques jours profiter de mon petit fils dans le sud, bon séjour à vous. Tifet


Richard LEJEUNE 01/04/2010 12:59



Merci Tifet et profitez bien vous aussi de votre petit-fils.





Nous reparlerons des symboles égyptiens à nos retours respectifs ...



Tifet 30/03/2010 17:48


Les poissons avaient une toute autre symbolique que l'érotisme, l'âme du défunt était ramenée à la vie éternelle sous la forme du poisson inet et lors du sauvetage des temples menacés par le
barrage d'Assouan, C.D.Noblecourt cite cette anecdote : "le médecin qui les accompagnait n'avait rien à faire aussi voulut-il aller pêcher des poissons inet à la chair si succulente, aussitôt les
ouvriers nubiens se précipitèrent vers lui en criant :"arrête ! tu es fou, tu ne vas pas manger nos ancêtres !"......


Richard LEJEUNE 31/03/2010 09:34



     Les symboles celés derrière des éléments de la nature, faune et flore réunies, sont omniprésents dans l'Egypte antique, vous le savez tout
comme moi, chère Tifet. Mais aussi, peuvent-ils changer selon l'époque, selon l'endroit, selon le moment de l'année, selon que l'animal soit mâle ou femelle, etc. Là est toute la difficulté de
compréhension si l'on n'a pas quelques clés de décodage.





     Les poissons, bien évidemment, n'échappent pas à la règle. C'est un sujet que j'ai traité quand, sans la salle 3 du Département des
Antiquités égyptiennes consacrée au Nil, j'ai envisagé de détailler la grande vitrine centrale, avec, notamment, parmi la faune qui peuplait le fleuve, le cas des poissons et la conception
ambivalente qui était celle des Egyptiens à leur égard : tantôt impurs, tantôt produits de consommation ...


 


     Plutôt que reprendre ici - ce qui serait éminemment fastidieux - ce que, sans certainement prétendre à l'exhaustivité, j'avais développé
dans un article du 3 juin 2008, permettez-moi de vous en proposer le lien pour répondre à votre commentaire et appuyer le fait que métaphore de régénérescence, de renaissance, un de ces poissons,
la tilapia nilotica (Inet, en égyptien) était aussi directement lié à toute la symbolique érotique des scènes de pêche dans les marais :


 


http://egyptomusee.over-blog.com/article-19200966.html


 


     Ensuite, comme d'ailleurs conseillé dans l'article de ce mardi, je ne puis que vous inviter à également relire un billet que le 12 août 2008
j'avais rédigé dans la rubrique "Décodage de l'image" en rapport précisément avec cette scène récurrente de pêche au harpon.


 


     A la suite de ces deux articles, vous pense que vous comprendrez mieux ce que j'avance quand je fais référence à la symbolique érotique,
sexuelle, que vous semblez, par le début de votre commentaire, catégoriquement me refuser.


 


(Que j'écrive "me" refuser, n'est d'ailleurs pas tout à fait correct puisque vous n'ignorez pas que je ne suis qu'un simple amateur, qu'un "passeur de
mémoire" et que dans ce cas-ci, aussi, je ne fais que donner à connaître les thèses développées par les égyptologues que j'ai lus. Aucune élucubration gratuitement choquante de ma part, donc
!)


 


     Ceci posé, je vous remercie très sincèrement pour votre intéressant commentaire mettant en doute mes assertions : il me renforce en effet
dans l'idée qu'il serait peut-être  envisageable qu'à la rentrée après le congé de Printemps, je reprenne, d'une manière ou d'une autre, la synthèse des deux anciens articles que je viens
ci-dessus de signaler de manière qu'avec la symbolique de fourré de papyrus et celle de la scène de chasse, mes lecteurs aient la possibilité de retrouver celle de la pêche groupée avec les
autres ; car finalement, il s'agit d'un même grand ensemble pictural que l'on retrouve dans les tombeaux à presque toutes les époques de l'art égyptien ...


 


(Quand je pense que je voulais "faire court" en vous répondant !!!)   



FAN 30/03/2010 17:24


Le moins que je puisse dire après avoir lu ce post instructif,c'est que toutes ces hypothèses concernant la lecture de cet hypogée me laisse coite!! Personnellement, si les oiseaux et poissons sont
des ennemis, je ne m'étonne
pas puisque l'homme est un chasseur, quand au côté "érotique" heu, j'y vois plutôt les symboles de la continuité de l'espèce après la mort!!La coiffure egyptienne ressemble à la mienne!!hihihi et
pourtant je détesterai porter voile ou burka!! Pour faire bref, cette civilisation aux dieux de tout acabit fut très complexe et alambiquée mais a le mérite de nous faire travailler les neurones!!
Merci Richard, bon repos avec votre épouse!!! BISOUS FAN


Richard LEJEUNE 31/03/2010 09:49



C'est peut-être vous, chère Fan, qui me donnez la clé du commentaire quelque peu sibyllin de Jean-Pierre : la perruque des Egyptiennes de l'Antiquité vous fait donc
penser au voile des femmes musulmanes  ?


J'attends vraiment des éclaircissements sur ce point de votre part et de celle de Jean-Pierre ...


J'avoue ne pas trop comprendre ; ni d'ailleurs trouver quelque ressemblance ... 



J-P Silvestre 30/03/2010 11:23


Que pensez-vous de cette déduction d'un béotien : "l'érotisme sous-jacent inhérent à la chevelure féminine en Egypte ancienne" pour reprendre vos propres termes, n'a-t-il pas trouvé sa continuité
chez les Musulmans d'aujourd'hui ?
Bonnes vacances
Jean-Pierre


Richard LEJEUNE 31/03/2010 09:45



Auriez-vous l'amabilité, cher Jean-Pierre, de préciser votre pensée ?


A vrai dire, je ne vois pas bien à quel érotisme vous faites allusion à propos des Musulmans ...



Présentation

  • : EgyptoMusée - Le blog de Richard LEJEUNE
  • EgyptoMusée  -  Le blog de Richard  LEJEUNE
  • : Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...
  • Contact

SI VOUS CHERCHEZ ...

Table des Matières (13-12-2012)

 

METCHETCHI

 

OU

 

Sinouhé - Hiéroglyphes

 

SINOUHE

Ou Encore ...

L' INDISPENSABLE



Les dessins au porte-mines

de Jean-Claude VINCENT

EgyptoMusée est membre de

Pages