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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 00:00

 

          Vous vous posez la question suivante : comment seriez-vous si vous viviez dans un tableau ? Voilà. Vous passez un jour dans un tableau. (...)

Vous allez dans un musée et vous vous dites : aujourd'hui, je vais vivre dans un tableau et que va-t-il m'arriver ? (...)

Donc, pas de spectacle extérieur, mais entrer dedans, essayer d'éprouver ce que les personnages éprouvent. La Vénus de Titien, qu'est-ce qui lui arrive ? Ou l'Olympia de Manet, qu'est-ce qui se passe ? Pas de virtuel ... Le réel, c'est l'acte. L'acte d'art réel.

Le réel, c'est au bout du pinceau, au bout du stylo, du langage, au bout des doigts dans la musique. C'est cela le réel. Tout le reste, ce sont des images.

 

 

 

 

 

Philippe SOLLERS

Discours parfait

 

Paris, Gallimard, Folio 5344,

p. 653 de mon édition de 2011


 

 

 

     En 1972, jeune Enseignant, j'eus l'immense bonheur d'emmener un dimanche d'automne mes Étudiants de l'École Polytechnique de la Province de Liège, dans laquelle j'avais été engagé deux ans plus tôt, au Théâtre Populaire de Reims où, depuis peu, Robert Hossein avait décidé de "faire du théâtre comme on n'en voit qu'au cinéma".

     

     J'avais été sollicité pour cette belle aventure par Paul Soreil, Professeur de Français, dont le fils, Alain, - 20 ans, à l'époque -, s'était inscrit à l'école des comédiens qu'Hossein avait créée l'année précédente, avec évidemment l'intention d'être associé aux projets de mises en scène à venir.


     Pour battre le rappel, nous avions, mon collègue et moi, abondamment sillonné les établissements d'Enseignement de l'entité provinciale : ils répondirent pleinement à notre invitation. De sorte que ce dimanche-là, 17 cars de 50 personnes qui, pour la plupart, n'avaient jamais fréquenté un théâtre, débarquèrent dans la cité rémoise.


     Même si nous n'étions point venus pour visiter les celliers champenois, nous évoluions dans une bulle : les comédiens et Robert Hossein en personne - le beau Geoffrey de Peyrac pour toutes nos étudiantes angéliques - nous offraient un après-midi entier : de spectacle, d'abord, puis de réflexions sur l'art du théâtre en général, sur le métier d'acteur en particulier ...

 

     Nous avait été réservé pour la circonstance le rez-de-chaussée de la grande salle de la Maison de la Culture André-Malraux, le premier étage étant occupé par tout le matériel d'éclairage.

Point d'autre public !

Que de jeunes Liégeoises et de jeunes Liégeois !


     Au programme, les Bas-fonds, drame en quatre actes de Maxime Gorki.

 

 

Couverture-Programme----Les-Bas-fonds----Hossein-T.P.R.--19.jpg

(Couverture du programme : Les bateliers de la Volga, peinture d'Ilya Repine - 1872)

 


      Je ne vous ferai évidemment pas l'injure, amis visiteurs, de vous résumer la trame de l'histoire.

     En revanche, si j'évoque pour vous ce matin ce magnifique souvenir de ma carrière naissante, c'est pour épingler l'époustouflante scène finale, d'une puissance qui nous coupa le souffle à tous : des cintres, pendant de longues et longues minutes, sur les notes intenses du O Fortuna des Carmina Burana de Carl Orff, descendent lentement, très lentement, des dizaines et des dizaines de figurants. 


     Métaphores vivantes des rêves alimentaires des exclus de la société russe qui, dans les caves et les sordides bas-fonds, durent se contenter de peu - pour ne pas dire de rien -, chacun, au sein de cet imposant serpent humain semblant sourdre des flancs d'une montagne aride, porte qui un plat, qui une coupe à déguster. Le défilé s'étire pendant une vingtaine d'incroyables minutes ; et les applaudissements enthousiastes du public estudiantin qui suivirent, un peu plus encore tant l'immense émotion qui nous étreignit après une telle représentation théâtrale, marqua à jamais nos mémoires ... et nos consciences.

 

     C'est, mutatis mutandis, la fulgurante image, l'inoubliable mise en scène de Robert Hossein qu'évoque à mes yeux le bas-relief AF 10243 exposé ici devant nous sur la gauche du panneau central, côté sud, de la vitrine 6 de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre.


 

 Vitrine 6 (Côté Seine) (L.-p.)

 

 

    Et de probablement vous interroger : qu'est-ce qui motive cette étrange réminiscence de ma part, cette étrange association d'idées ?

 

     Une réflexion toute simple, en vérité : semblable défilé de porteurs de mets et de vins, à l'instar des exclus russes, les Égyptiens, dans leur grande majorité, n'en connurent jamais, réservé qu'il était aux résidents du Palais, ainsi qu'aux classes privilégiées des hauts fonctionnaires auliques et des grands sacerdotes affectés aux temples. 



      AF 10243 - Bloc entier des porteurs d'offrandes

 

 

      De provenance inconnue, ce long relief de calcaire mesure 131 centimètres de long, 45 de haut et 8 d'épaisseur : il est en réalité constitué de trois fragments, vraisemblablement arrachés, si je m'en réfère au style, à une paroi d'un mastaba de la Vème dynastie, réassemblés ici par collage au ciment, la première cassure intervenant juste devant le quatrième porteur et la seconde, entre le sixième et le septième.

 

      Inconnues également la manière dont il parvint dans les collections du Louvre - partage de fouilles, achat, don ? -, et sa date d'entrée. Tout au plus puis-je indiquer que dans son Guide-catalogue sommaire, Charles Boreux, un temps conservateur de ce Département des Antiquités égyptiennes, le répertorie en 1932.

 

     Vous aurez noté qu'il accuse également quelques autres déprédations :


 

AF-10243--c-C.-Decamps-.jpg

(© C. Décamps)


des éclats au niveau du texte hiéroglyphique du registre inférieur ; la disparition de la fine couche de plâtre, obérant la compréhension que nous aurions pu avoir de la partie supérieure droite du registre médian ; la perte d'une moitié d'un (dernier ?) personnage nous obligeant à conjecturer quant à la composition intégrale de ce défilé de serviteurs probablement important dans la mesure où, sur la gauche du registre supérieur, quatre autres, dont seul le bas des jambes nous a été conservé, figuraient eux aussi dans cette procession.

 

     Outre la préservation de l'ocre rouge pour les corps des personnages et du noir pour leurs cheveux, avec un peu d'attention, en vous approchant du monument, vous remarquerez que d'autres traces de sa peinture d'origine subsistent ça et là, soit franchement, soit par petites touches : ainsi le bleu de la grappe de raisins démesurée au-dessus de la table en vannerie que soutiennent les deux premiers hommes se retrouve-t-il  au niveau de la collerette du vase que présente le sixième et du premier signe hiéroglyphique visible au registre inférieur ; ainsi le vert de l'aile d'un volatile dans la main du quatrième homme fut-il également appliqué au hiéroglyphe carré sous la jambe avancée du troisième ; ainsi le jaune, à peine discernable, orne-t-il le motif gravé à gauche de ce carré et le papillon sous les pieds du sixième porteur.

 

     Mais que viennent donc proposer ces zélés serviteurs à leur défunt maître ? Ou, pour m'exprimer autrement : de quels types de victuailles le propriétaire de la tombe espérait-il bénéficier dans son éternité post-mortem en faisant ainsi représenter en léger relief peint sur une des parois semblable théorie d'offrants ?

 

     Les deux de gauche, le premier se retournant vers son coéquipier, s'apprêtent à déposer une table sur laquelle s'amoncellent une laitue romaine étrangement disproportionnée comme, dans une moindre mesure, le sont aussi d'ailleurs les trois pains - deux coniques encadrant un oblong -, la grappe de raisins bleus et la botte, probablement d'oignons.

 

     L'homme qui les suit directement s'avance un bouquet de fleurs de lotus dans une main et un plateau de pains que, de l'autre, il maintient sur son épaule. Le quatrième serviteur empoigne vigoureusement les ailes d'un canard manifestement peu confiant dans son destin à venir et, de la main gauche, soutient un vase à hauteur de l'épaule. C'est avec un imposant panier en équilibre contre sa nuque et dont la détérioration de la pierre nous prive éventuellement d'en connaître le contenu que le suivant lui emboîte le pas, tout en tenant une cuisse de boeuf de l'autre main. Le sixième personnage, l'antépénultième de ce cortège, ne se présente qu'avec deux grands récipients : la superbe cruche à bec à collerette bleue à laquelle j'ai très brièvement fait tout à l'heure allusion, qu'il maintient dans sa paume droite, alors qu'à gauche, près de l'épaule lui aussi, il porte un second vase. Le septième et avant-dernier porteur s'avance avec une petite pièce de viande qui semble emballée, tout en soutenant le même vase que le quatrième homme. Quant au dernier, et d'après le peu que nous en voyons, il apporte une oie troussée, idéalement prête pour la cuisson.          

 

     Certains d'entre vous, fidèles d'EgyptoMusée depuis sa création, auront bien évidemment relevé les quelques symboles émaillant cette abondance de victuailles aux fins d'assurer au mort une régénérescence certaine pour sa propre éternité : la laitue romaine, à propos de laquelle j'aurai prochainement l'opportunité de vous entretenir ; les fleurs de lotus et le canard dont j'ai déjà souligné les connotations sexuelles avérées ; enfin, dans le même esprit, l'oie.

 

     En définitive, que suis-je en train de vous expliquer, amis visiteurs ?


     Qu'il vous faut considérer la figuration de ces offrandes alimentaires sous un double aspect : l'image valant réalité, certes, le défunt est grâce à elles assuré de se nourrir dans sa nouvelle vie. Mais pour qu'il puisse en bénéficier, pour qu'il puisse (re)naître dans l'Au-delà après sa mort ici-bas, à l'instar du soleil et des étoiles qui, chaque jour, réapparaissent, faut-il encore que soient présents dans la tombe, des marqueurs sexuellement connotés : en effet, pour que naissance il y ait, acte de procréation il doit préalablement avoir.

 

     Et ce sont certaines plantes et certains volatiles qui, de manière plus celée que franchement affichée, jouent ici ce rôle primordial d'invites sensuelles, garantissant par leur iconographie ou leur évocation sa propre régénération à jamais réitérée.

 

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE


 

ZIEGLER Christiane
1990, Catalogue des stèles, peintures et reliefs égyptiens de l’Ancien Empire et de la Première Période Intermédiaire, Paris, Éditions de la Réunion des Musées nationaux, pp. 286-9.

 

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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commentaires

Etienne Rémy 31/03/2014 18:24

Non, je te retrouve dans le vif du sujet après plusieurs introductions...
Et puis ma conférence finie, je puis enfin prendre plus de temps à ce que je j'aime.
Les vacances seront pour début juillet, direction la magnifique île de Crête!!! Yamas!(santé en grec pour un bon ouzo!)

Amitiés,
Etienne.

Richard LEJEUNE 31/03/2014 18:41



     Et qu'atttends-tu que diable pour nous en donner un compte rendu succinct  ?


Ainsi que votre ressenti à ton épouse et à toi puisque, si mes souvenirs sont bons, vous vous exprimiez à deux ...



FAN 31/03/2014 16:34

Oui, Richard, le métier d'enseignant demande quelque peu un certain penchant pour la "représentation" afin d'illustrer des propos qui ennuient parfois,les spectateurs élèves!! Personnellement,
j'aime aussi R.Hossein et sa troupe!!Avignon est pour vous une ville mythique et je vous comprends puisque vous y avez trouver de l'enchantement! Jean Vilar était encore parmi nous! En ce qui
concerne le post avec les serviteurs de l'au-delà,si l'on me demande à choisir entre la corde au cou des bagnards et d'être serveuse de biens alimentaires, vous ne doutez de mon choix! Être
"galérien" n'avait rien d'une vie confortable!! BISOUS FAN

Richard LEJEUNE 02/04/2014 07:24



     Je vous comprends, chère Fan ... 



Etienne Rémy 31/03/2014 02:17

Ravi de retrouver tes articles Richard et d'en découvrir un peu plus sur ton histoire.

Amitiés,
Etienne.

Richard LEJEUNE 31/03/2014 09:32



     "retrouver" ?


 


     Cela signifierait-il, Etienne, que tu rentres de vacances ?



François 28/03/2014 19:30

Merci Richard...
Pour moi qui avais déjà entrevu en privé cette part de ton passé, et pour ceux qui auront l'indiscrétion gourmande d'en savoir ici un peu plus sur notre ouvreur de chemins...

Amicalement !
François

Richard LEJEUNE 29/03/2014 07:49



     Il n'y a, François, ici, aucune indiscrétion puisque j'ai délibérément pris la parti d'un peu lever le voile - qui n'est pas, je te
rassure, celui d'Isis ! - et encore moins gourmande : je ne dois certainement pas intéresser grand monde sur ce plan-là ...


 


     Ce fut un épisode crucial que cette rencontre avec Robert Hossein et sa troupe non seulement parce qu'il eut une influence capitale sur la suite
de ma vie mais aussi parce que nous avions, le père du comédien belge Alain Soreil et moi, emmenés tous ces grands adolescents - et pour la majorité d'entre eux, c'était une "première fois" -,
dans un théâtre ; hors pays, de surcroît.


 


     Voilà la raison pour laquelle, je t'ai, par amitié, ainsi qu'à ceux qui me lisent, quelque peu ouvert mon propre chemin ... 



François 28/03/2014 12:27

A peine effleurée cette théorie de porteurs d'offrandes que tu nous parles déjà de nouvelles vacances...

Tiens donc, un morceau choisi...

L'ACTEUR :
Par exemple, je te réciterais bien un poème... mais j'en ai oublié le début... complètement oublié ! (...) Dans le temps, quand mon organisme n'étais pas encore empoisonné par l'alcool, j'avais une
bonne mémoire, mon vieux. Mais maintenant... c'est fini, oui ! Tout est fini pour moi. Quand je récitais ce poème, j'avais toujours beaucoup de succès... un tonnerre d'applaudissements ! Tu ne sais
pas ce que c'est les applaudissements ? C'est comme de la vodka ! J'avançais sur l'estrade, je me mettais comme ça et puis... Je ne m'en souviens plus... Pas un mot. Rien ! Mon poème préféré. C'est
mauvais ça, mon vieux... dis ?
LOUKA :
Sûr que c'est pas bon ! Oublier ce que tu aimais le plus... C'est comme si tu avais oublié ton âme...

Amicalement !
François

Richard LEJEUNE 28/03/2014 13:05



     Oui, j'aime ... parce que, moi aussi, il y a entre 45 et 50 ans, je fis du théâtre - (Confession personnelle, François) - et fus applaudi sur la
scène du théâtre de ma ville ...


     Grisant.


     Je me voyais déjà, Prince de Hombourg, nouveau Gérard Philipe, en Avignon.


     Naïveté de Belge ! 


 


     Des parents pieds sur terre.


     Diplôme d'études supérieures d'abord.


     Parler, évoquer le peu que je savais, c'est ce que j'aimais - et j'aime toujours  - le plus faire (avec écrire) : je choisis
Enseignant.


     Ce fut une excellente décision.


     Et je fus pris à mon propre piège : à chaque heure de cours d'Histoire, je compris très vite que je faisais du théâtre.


     Et là, avec la certitude d'avoir un public chaque jour ...


 


     De sorte que quand je vins en Avignon, c'était au milieu des gradins de la Cour d'honneur du Palais des Papes pour y applaudir Béjart - devenu
belge, lui aussi ! - ou y découvrir Anny Duperey dans La Guerre de Troie n'aura pas lieu, de Giraudoux ...


     C'était au début des années septante ...


     J'avais 20-22 ans.


     Et je ne me voyais plus en haut de l'affiche, nouveau Prince de Hombourg ...


 


     Confessions, François.


     Mes premières belles grandes années d'Enseignant ... 


     Puis, en 1972, à Reims, je rencontrai Robert Hossein ... qui, indirectement, l'année suivante, eut un impact capital sur ma vie sentimentale
future.


 


     Et plus de quarante ans après, parfois, en regardant de vieilles photos comme tous les vieux couples, nous nous remémorons notre première
rencontre ... grâce à Hossein.


 


     Confessions, François.


     Rien que pour toi ... 



Alain 27/03/2014 09:53

Tu nous décris un tableau impressionniste sur ce bas-relief coloré par petites touches posées çà et là par l’artiste au gré de son inspiration du moment. Un lointain ancêtre de Claude Monet.
Mais… c’est bien toi dans le tableau, ce personnage en pagne, torse nu, portant quelques victuailles au milieu de tes compagnons de labeur. Portes-tu les fleurs de lotus ou l’oie troussée ?

Richard LEJEUNE 28/03/2014 07:40



     Oui, c'est bien moi, Alain ; et démultiplié !


     Ce qui me permet d'offrir le plus de nourritures ... spirituelles qu'il m'est et me sera encore possible, les terrestres n'étant ici que leurs
subtiles métaphores.



christiana 26/03/2014 18:56

Oups! Il faut inverser le i et y de hiéroglyphes, merci de rectifier cette erreur :-(

Richard LEJEUNE 27/03/2014 07:40



     Ne te tracasse pas pour cette malencontreuse inversion : tous mes lecteurs auront rectifié d'office sans te montrer du doigt !


 


     (Personnellement, sauf à effacer ton commentaire et te demander de le réintroduire si vraiment cela te perturbe, je ne puis, avec Overblog,
entrer dans ton texte et y apporter la moindre correction. Donc, à toi de décider pour la suite à donner ...)   



christiana 26/03/2014 18:53

Quant à moi, tu te doutes que j'aimerais vivre dans "Le printemps" de Botticelli pour enfin connaître Simonetta Vespucci et Giuliano de Medici...

Je me souviens des symboles de nourritures pour une autre vie évoqués précédemment.

La laitue romaine, à propos de laquelle tu auras prochainement l'opportunité de vous entretenir... Je suppose que son nom sur les hyérogliphes n'est pas "romaine"...

Une pensée émue pour tous ces serviteurs égyptiens des bas-fonds qui ne goûtèrent jamais aux choses qu'ils transportaient. Rien ne change donc jamais...

Richard LEJEUNE 27/03/2014 07:36



     Le Printemps, oui ... un personnage en particulier, dans ce tableau ou, une orange, comme Cendrine la pomme, dans
le Verrou de Fragonard ?


 


     Il est évident, Christiana, que la laitue que nous appelons "romaine", que les Latins nommèrent Lactuca sativa portait un autre nom
encore chez les Égyptiens (abou).


J'y reviendrai avec force détails après les vacances de Pâques ... 



Cendrine 26/03/2014 01:08

Quelle succulente évocation!
Ah, Geoffrey de Peyrac... Je revois chaque « Angélique » avec le même plaisir comme lorsque j'étais petite et que je me glissais en douce devant la boîte à images.
Je me rappelle aussi de l'émotion ressentie lors d'un spectacle de Robert Hossein. Marie-Madeleine, extase théâtrale, expérience inoubliable.
Vivre dans un tableau? J'allais vous dire avec un brin de facétie que je me dissimulerais volontiers à la place de la pomme, fruit que j'adore, dans le Verrou de Fragonard afin de cueillir les
sensuels murmures émanant des personnages puis je me suis dit « mais quel rapport avec l'art égyptien? » Et bien ce que vous dites dans la dernière partie de votre article, petite mort et
plaisirs de bouche, régénération par le biais de la procréation, fertilité de la chair aussi bien que du langage.
Allez, je m'avoue « pomme » bien volontiers et pourquoi pas, en toute humilité, « porteuse d'offrandes ».
Bien amicalement Richard!
Cendrine

Richard LEJEUNE 26/03/2014 12:52



     Merci Cendrine : soyez assurée que j'apprécie à sa juste valeur littéraire ce très beau commentaire
dans lequel vous évoquez ce "scandaleux" verrou de Fragonard ...


 


     Si vous en avez l'opportunité, relisez la sensuelle description que donnèrent de cette oeuvre les frères Goncourt et que cite, p. 375,
Pierre Rosenberg dans son excellent Dictionnaire amoureux du Louvre. 



Carole 25/03/2014 23:49

J'aime énormément ce rapprochement de la stèle antique émouvante et des "Bas-Fonds", que pour ma part j'associe davantage à Renoir qu'à Hossein.

Richard LEJEUNE 26/03/2014 12:25



     Certes, Carole, Jean Renoir et Gabin ... mais - et sans prétention aucune -, je pense sincèrement que si, adolescente, vous aviez assisté à ce
spectacle d'Hossein, avec le tout frais Jacques Weber que l'on commençait à découvrir, vous en auriez conservé, à l'instar de ces anciens Étudiants que parfois je rencontre en ville, un souvenir
inoubliable.


 


     Peut-être aussi le fait qu'assis en bord de scène nous invitant à les rejoindre autant que faire se pouvait pour échanger un long temps encore
après le spectacle des propos sur le thème de la pièce de Gorki, sur la mise en scène sortant de l'habituel ordinaire qu'en fit Robert Hossein et sur la prestation physique qu'il attendait d'eux,
les comédiens présents, mais aussi l'un ou l'autre collaborateur comme par exemple Guy di Rigo qui gérait bagarres et cascades, permirent-ils d'accroître un peu plus encore la "magie" du moment
vécu par ce public "vierge"...


 


     Il y eut cet après-midi-là entre eux et nous un rapport tellement fort, tellement puissant - et inattendu pour tous ces jeunes qui avaient
applaudi, debout, près d'une demi-heure -, qu'encore à l'instant où je vous narre ces souvenirs, j'en suis profondément ému ... 


 


     Je puis vous confier que cela représenta un moment intense de ma carrière naissante d'Enseignant ... 



J-P.Silvestre 25/03/2014 18:18

Nous incitez-vous, cher Richard, à nous imaginer porteurs d'offrandes ?
Serviteur
Jean-Pierre

Richard LEJEUNE 26/03/2014 11:38



     Pourquoi "imaginer", cher Jean-Pierre ?


     Les notions d'altruisme, de partage - sur les blogs : d'idées et de connaissances, par exemple, ou ailleurs dans la vie - ne sont-elles pas en
définitive éminemment porteuses d'offrandes ?   


 


     Dans ce sens-là, oui, vous pouvez penser que j'incite, que j'invite à cette table qui est mienne ... comme je me sens invité à la vôtre où
l'humour le dispute à l'acuité du regard porté sur notre société.


 


     Internautes, blogueurs, ne sommes-nous pas tous ici à la fois hôtes et amphitryons ? 



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