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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 23:00



     Pour ce cinquième billet de la série d'articles reprenant des écrits de l'égyptologue belge Jean Capart, que j'ai voulu, en guise d'hommage à sa personnalité, vous donner à lire pendant mes absences estivales, série pré-programmée donc, et initiée, souvenez-vous, le mois dernier, j'ai pensé aujourd'hui, ami lecteur, vous livrer quelques réflexions en introduction à un chapitre qu'il a intitulé "Problèmes d'esthétique égyptienne" publié dans un ouvrage de 1931, qui constituait en fait la retranscription de conférences qu'il avait prononcées aux Etats-Unis durant l'hiver 1924-1925. 



     Dès qu'on se met à l'étude attentive de l'art égyptien, on découvre un certain nombre de problèmes qui se posent impérieusement et dont la solution est indispensable pour apprécier les oeuvres pharaoniques. En effet, il faut bien se garder de croire que la production des vieux artistes de la Vallée du Nil peut être considérée avec nos idées esthétiques modernes.

     Il nous est relativement facile de déterminer quelles sont les oeuvres qui nous plaisent le plus, celles qui répondent le plus aisément à notre sentiment du beau. De là, à vouloir déterminer l'état d'âme de leurs créateurs et raisonner leurs productions comme on le ferait pour un artiste contemporain, il semble qu'il n'y ait qu'un pas. C'est une profonde erreur et, dès qu'on l'a reconnue, on ne peut s'empêcher de sourire à la lecture de certains commentaires publiés sur les oeuvres capitales de l'art égyptien.
(...)

     Commençons par constater ceci : suivant toute apparence, nous ne possédons aucune oeuvre qui appartienne, à proprement parler, à la période  de formation de l'art égyptien. Plusieurs fois, au cours de l'histoire, nous pouvons suivre la décadence de cet art. A chaque période où l'empire égyptien a été secoué jusqu'en ses fondements par des invasions étrangères, les traditions sont ébranlées. Dès que la restauration est assurée, les rois veulent rendre à l'art toute sa splendeur. Ils ne recréent pas un art nouveau; ils vont chercher leurs modèles aux plus anciennes périodes de la civilisation pharaonique.

     Je ne voudrais pas que vous puissiez croire, d'après cela, que l'art égyptien, à toutes ces grandes époques, soit resté immuable. Sur un fond commun de principes invariables, reprenant toujours les mêmes thèmes, les artistes ont cependant réussi à donner à leurs oeuvres un accent qui permet de les classer généralement sans trop de difficultés. Mais ce qu'il importe de bien comprendre c'est que, jusqu'à présent, on n'a guère découvert de monument qui appartienne à cette période de recherche, probablement très longue, pendant laquelle les Egyptiens se livraient aux expériences nécessaires avant d'établir les principes fondamentaux auxquels toutes leurs créations artistiques, pendant des milliers d'années, allaient être exceptionnellement fidèles. 

     Notre ignorance des origines de l'art va de pair avec notre ignorance des premiers temps de la royauté d'Egypte.  Pour nous, le rideau se lève au moment où Ménès réunit sous son sceptre les royaumes de Haute et Basse-Egypte, ce qui, aux yeux des Egyptiens lui méritera d'être mis au premier rang des innombrables pharaons qu'ils avaient classés en trente dynasties.

(Capart : 1931, 51-4)

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en Belgique
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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 23:00



     Pour la deuxième semaine consécutive, je vous propose aujourd'hui encore, ami lecteur, de nous retrouver dans le tombeau de Toutankhamon en compagnie de Jean Capart, de la Reine Elisabeth de Belgique et de son fils, le prince de Brabant, futur Léopold III.

     Samedi dernier, nous avions lu la première lettre qu'il écrivit relatant l'événement, le 18 février 1923. Penchons-nous à présent, sur celle de la fin du même mois ...    



28 février 1923

     Le 18 nous avons assisté à l'ouverture du caveau de Tout-Ankh-Amon; huit jours après, le 25, nous y sommes retournés pour aller le voir une dernière fois avant qu'on le referme pour de nombreux mois. N'est-ce pas extraordinaire que cette découverte soit si riche : les heureux fouilleurs ne savent comment faire pour inventorier leurs trésors et se voient contraints de les enterrer à nouveau pour les mettre à l'abri pendant qu'ils traiteront les objets sortis déjà de l'antichambre ?

     Nous sommes redescendus dans les salles creusées dans le roc et de nouveau lord Carnarvon et Carter nous ont permis de contempler le spectacle incomparable.  Comment apprécier la maîtrise que ces hommes ont sur leurs nerfs pour réfréner la curiosité si naturelle de déterminer le contenu de tous ces coffres encore scellés ? Il serait si facile de couper délicatement les liens qui retiennent le bouton de fermeture et dès lors les battants des portes tourneraient sur leurs gonds, et on saurait ce que renferment ces petits tabernacles, dont un seul, entrouvert, laisse voir deux statues de roi représenté debout sur un léopard.

     La Reine, lors de sa première visite, a vu l'éventail du roi, placé dans une boîte dont le couvercle, heureusement, n'était pas scellé. Nous sommes descendus cette fois avec Carter. Après quelques instants de contemplation, lord Carnarvon et M. Callender nous rejoignent et je me retire, car l'espace est si étroit qu'on redoute toujours de détériorer le catafalque. Quelques brefs instants de travail suffisent pour enlever les poutres de bois disposées devant les portes de celui-ci. De l'antichambre où je suis remonté, je puis voir, grâce au jeu de la lumière, qu'on a ouvert un des battants de la porte. Tout le monde à l'intérieur parle à voix basse, tant l'émotion est vive. C'est un nouveau mystère qui se dévoile ! Après quelques instants, la Reine sort, et je puis à peine croire à mon bonheur quand on m'invite à redescendre, avec la comtesse de Caraman-Chimay, pour aller jeter un coup d'oeil à l'intérieur du premier catafalque. Mes regards vont tout de suite au point central, là où se trouvent d'autres portes fermées et scellées et derrière lesquelles nous attendent des trésors nouveaux et de plus en plus imprévus peut-être. 

     L'intérieur est également doré, avec des figures de divinités et des inscriptions. Tout l'espace laissé entre les deux édicules emboîtés l'un dans l'autre est littéralement farci d'objets d'art de toute espèce, vases d'albâtre aux formes ingénieuses et différents de ceux déjà connus, vases dont le couvercle est surmonté de la figure d'un lionceau, coffrets incrustés, sceptres, massues, insignes royaux, etc. Un grand châssis, dont les montants et les traverses déterminent des panneaux, est disposé entre les deux catafalques et servait à soutenir une tenture constellée de rosaces dorées. La partie inférieure a cédé à la longue et les débris recouvrent les objets mobiliers, mais au-dessus la tenture pend encore et cache la corniche du tabernacle intérieur. On voudrait percer ces obstacles et voir au-delà et sonder d'un coup tout l'inconnu de cette sépulture unique.

     C'est fini ! Carter referme la porte immense qu'on n'a pu qu'entrebaîller, il repousse les verrous dans les anneaux métalliques qui les fixent et nous sortons. Tout le monde est ému et parle peu. Ce que l'on pourrait dire en ce moment ne serait que des banalités. Dès lundi matin, les ouvriers vont se mettre à l'oeuvre pour refermer la tombe et déjà les menuisiers préparent des pièces de bois qui serviront à ce travail. Le couloir en pente, l'escalier et la petite esplanade sur laquelle s'ouvre l'entrée vont être rebouchés, d'abord par une clôture de madriers et de planches et ensuite par des blocs de rochers.


     Ce matin, je suis allé à la vallée de Biban el Melouk et j'y ai surpris en activité un chantier de travail comme je n'en avais encore jamais vu en Egypte. Les enfants chargés de leurs petits paniers se hâtaient, sous la surveillance des "reis" à déverser du sable et des débris de pierre sur l'emplacement de la tombe. Déjà le sol reprenait son aspect d'autrefois. Un peu plus et l'on se croirait le jouet d'un rêve ..., tout ce que nous avons vu la semaine passée n'était que fantasmagorie, un mirage dont nous avons été le jouet. Il n'y a rien eu dans la Vallée des Rois, sinon quelques recherches, faites le long des falaises rocheuses dans l'espoir trompeur et toujours déçu de retrouver intacte une tombe de pharaon. Comme si la chose était encore possible, après les siècles de dévastation ! 
     Il faut être original, comme peut l'être un lord anglais, pour jeter son argent à ce travail de Sisyphe : déplacer sans fin des déblais au milieu d'un nuage de poussière grise.

(...)
    La nouvelle de la découverte de Tout-Ankh-Amon m'avait tellement impressionné que j'avais décidé de venir en Egypte au mois d'octobre prochain, quelles que soient les difficultés, financières ou autres, qui pourraient s'opposer à mon voyage. Il me paraissait impossible de continuer à étudier l'art égyptien et, plus encore, de vouloir l'enseigner, sans avoir vu personnellement les merveilles que les journaux décrivaient sommairement.

     Vous savez comment les circonstances ont précipité ce voyage en me donnant la joie inespérée d'être présent le jour de l'ouverture officielle du caveau et d'y pénétrer parmi les premiers. Je n'hésite pas à le dire : la réalité a dépassé tout ce que j'avais espéré. Je croyais, par la lecture des dépêches et l'examen des photographies, avoir pu me rendre compte assez exactement de la valeur des objets découverts. C'était une illusion, et je le déclare avec d'autant plus de plaisir que généralement, dans la vie, nous faisons des expériences inverses. Nous avons espéré la perfection et nous ne rencontrons que la médiocrité; ici nous attendions le beau et nous trouvons la perfection.      

(Capart : 1943, 27-9)


     Pour la "petite histoire", j'ajouterai simplement qu'au moment où Jean Capart rédige ces lignes, n'ont encore été "fouillées" que les deux premières salles du tombeau, mis au jour, je le rappelle, en novembre 1922. S'ensuivirent des semaines, des mois, des années de travail délicat pour vider la tombe, inventorier son contenu et, souvent, restaurer certaines pièces avant de les amener officiellement à la lumière du jour ...

     Et ce ne sera qu'à l'automne 1925, soit trois ans après la magistrale découverte, que Carter et ses hommes soulèveront enfin, dans la chambre funéraire proprement dite vidée de tous les catafalques qu'elle contenait initialement, l'immense et imposant couvercle en pierre du sarcophage. Ils allaient alors pouvoir admirer à l'intérieur, ébahis, les différents cercueils anthropoïdes, dont le dernier des trois, contenant le corps du jeune souverain, était en or massif, la "chair des dieux". 

          Serez-vous vraiment étonné, ami lecteur, si je vous avoue tout de go qu'au moment de boucler les valises pour repartir sous d'autres cieux, la semaine prochaine, c'est ce passionnant ouvrage de Jean Capart et de ses collaborateurs, dont je vous ai proposé la référence ci-dessus, que j'emporterai pour lire dans l'avion ? Relire, en fait, et avec toujours autant de plaisir ...

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en Belgique
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17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 23:00


     A la veille de prendre mes vacances, je vous avais annoncé, ami lecteur, la publication, pour tous les samedis de juillet et août, d'extraits de textes de l'égyptologue belge Jean Capart; articles évidemment que j'aurai préalablement programmés.

     En relatant abondamment dans plusieurs de ses écrits la découverte du tombeau de Toutankhamon, en 1922, Jean Capart offre un intéressant choix de textes concernant sa vision de l'événement. La semaine dernière, souvenez-vous, je vous avais donné à lire la raison pour laquelle il fit partie des privilégiés, des rares savants qui, à l'époque, descendirent au sein de l'hypogée royal, voire assistèrent à l'ouverture de la chambre funéraire, parce qu'invité par le roi Fouad en personne à accompagner la reine Elisabeth de Belgique et son fils, le prince de Brabant, futur Léopold III.     

     A l'aide d'extraits de lettres qu'il a incluses dans le principal ouvrage consacré au jeune souverain égyptien, je vous propose aujourd'hui, avec celle du 18 février 1923, d'entamer cette visite en sa compagnie ...


     Je rentre à l'instant de Biban el Melouk. Mes pensées sont si tumultueuses que j'ai peine à les ordonner et à exprimer ce que je ressens.

     Je voudrais dire tout d'abord l'immensité de la dette que les nations civilisées devront reconnaître à l'égard de lord Carnarvon et Howard Carter; leurs deux noms restent attachés à la plus grande découverte archéologique dont l'humanité ait gardé le souvenir. Je voudrais que tout le monde pût comprendre ce qu'il a fallu d'abnégation, de générosité pour entreprendre et poursuivre les travaux systématiques de déblaiement qui seuls ont réalisé ce miracle de retrouver, intacte, une tombe royale si bien protégée que les pillards n'ont pu l'atteindre malgré les trente-quatre siècles pendant lesquels la chasse aux trésors n'a pas été interrompue un seul jour. La cupidité et l'ignorance s'étaient coalisées pour empêcher que la postérité ne connût réellement la gloire de la civilisation pharaonique.

     Voilà un siècle que Champollion a découvert la clef qui devait permettre d'ouvrir le trésor et, depuis lors, les égyptologues avaient étudié, puis perfectionné la manière de s'en servir ... mais on pouvait craindre que le trésor ne fût déjà vidé. Carnarvon et Carter viennent de l'ouvrir et il est intact. Que dire alors des attaques haineuses et malhonnêtes dont ces deux hommes sont l'objet en ce moment ?
(...)

     Ces attaques sont abominables, d'autres sont simplement risibles. Certaines personnes sont prises de pitié pour le malheureux destin du pauvre roi Tout-Ankh-Amon, qui se voit troublé dans son repos séculaire par la curiosité des archéologues. A les entendre, il faudrait au plus tôt rétablir les murs de protection derrière lesquels il avait échappé à tous les chercheurs de trésors. Je suis prêt à admettre que si cette tombe n'apportait rien d'inconnu au monde, il serait inutile de l'explorer et d'étudier minutieusement tout son contenu. Mais on a dit que le privilège de l'homme sur la brute était de conserver le souvenir de son passé. Or, en ce moment, la splendeur d'un passé, d'abord complètement aboli, puis ressuscité d'une manière incertaine, apparaît à nos yeux éblouis. Il faudrait autre chose que des gémissements de neurasthéniques ou de toqués pour me convaincre que les égyptologues violent le secret de la mort, d'une main sacrilège. De nombreux textes funéraires de l'ancienne Egypte témoignent du souci qu'avaient les défunts de voir la postérité "faire vivre leur nom"; on y affirme que "celui-là vit dont on proclame le nom". Il y a quelques semaines, Tout-Ankh-Amon était totalement oublié, en dehors du petit cercle des spécialistes; aujourd'hui il est connu du monde entier. (...)

     Je ne décrirai pas  la première chambre où les deux grandes statues semblaient garder le mur intact qui portait encore les sceaux royaux. Aujourd'hui le mur est tombé, il n'en reste qu'un "témoin" à la partie de gauche. Tout l'espace ouvert est, en quelque sorte, bloqué par un immense panneau qui scintille. On ne voit au premier instant que de l'or et ce merveilleux bleu égyptien qui s'y allie harmonieusement. C'est le catafalque royal qui remplit toute la chambre; j'ai compris plus clairement que jamais pourquoi, dans les textes égyptiens, la salle qui renfermait le sarcophage s'appelait "la salle d'or" . Il y a, dit-on, cinq édicules emboîtés les uns dans les autres au milieu desquels repose, sans aucun doute, la momie royale, enfermée dans un sarcophage. On se demande par quel tour de force on a pu monter ces gigantesques panneaux, sur lesquels des signes à l'encre donnent des indications destinées à faciliter les assemblages. Mais, entre le mur, sur lequel on entrevoit des peintures assez sommairement faites, et le catafalque, il y a un espace où les personnes de corpulence moyenne peuvent se glisser à peine. 

     Me voilà devant les portes closes, munies encore de leurs verrous antiques : elles étaient entr'ouvertes au moment où Carter entra; derrière elles il vit les portes suivantes encore scellées. Quelques pas me conduisent à l'extrémité de la chambre où, entre le mur et le sarcophage, sont déposées les rames ayant peut-être servi à manoeuvrer le bateau qui fit passer le Nil à la dépouille royale. En ce moment, mon guide, qui est Mace, du Metropolitan Museum de New York, me dit de me retourner. Je ne puis retenir un cri et maintenant encore, j'ai la gorge serrée de l'émotion qui me saisit à la vue de ce que j'avais sous les yeux.

     Une porte coupée assez bas dans le rocher donne accès à une chambre de dimensions moyennes, remplie de tous les objets qui y ont été déposés il y a trente-cinq siècles. Personne n'est entré ici, aucun pillard n'y a fait un rapide butin, ni déplacé une seule pièce. C'est un de ces moments où l'on essaie de tout saisir d'un coup d'oeil, comme si on allait mourir et que la seule minute présente fût la dernière qui vous fût accordée. J'ai tout vu et maintenant que je suis sorti du caveau, il me semble que je n'ai rien vu et que des heures entières seraient indispensables pour comprendre ce qui a retenu mes regards pendant ces quelques secondes.

     A peu près tout ce que nous avions en fait d'art industriel égyptien n'était que de la pacotille, de la camelote, bonne à satisfaire la vanité de gens qui voulaient avoir dans leur tombeau un reflet de la splendeur royale. Seuls quelques meubles des beaux-parents d'Aménophis III approchent de ce que l'on trouve ici. Au centre est une caisse carrée aux formes élégantes  et qui est gardée, ou mieux protégée, par quatre délicieuses figures de déesses qui étendent leurs bras d'un mouvement gracieux. Il se peut que ce soit la boîte contenant les vases où étaient conservés les viscères du roi. On le saura plus tard, lorqu'on pourra briser les sceaux encore intacts. Combien de coffres, de petits tabernacles sont pour nous pleins de surprises; c'est le mystère qui ne pourra se dissiper que lentement. La responsabilité des fouilleurs à l'égard de la conservation des pièces est si lourde que les nerfs des curieux seront à rude épreuve pendant des mois, sinon des années : on dira tout ce que contenait la tombe, mais ce sera comme "au compte-gouttes".

     J'ai vu des boîtes si belles que je ne saurais les décrire, un char encore, de nombreux modèles de bateaux qui copient la flotte royale, et tant d'autres choses, pour notre émerveillement et pour notre modestie. Nous croyons trop facilement que nous, les derniers-nés de la civilisation, nous pouvons regarder en arrière avec le dédain des parvenus pour leurs ancêtres plus simples et plus modestes. Dans la tombe de Tout-Ankh-Amon on sent, mieux que nulle part ailleurs, que tout est recommencement, que les forces de décadence agissent souvent avec autant de vigueur que les forces de progrès. En un temps où notre civilisation chancelle, tout notre respect est dû à ces géants qui avaient atteint et gardé si longtemps les hauts sommets.                   


                                                                                            A suivre ...           

(Capart : 1943, 19-22
            

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en Belgique
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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 23:00


     Le mardi 30 juinje vous avais annoncé, ami lecteur, la publication, tous les samedis de juillet et août, d'extraits de textes de l'égyptologue belge Jean Capart, que j'aurai préalablement programmés avant mes vacances.

     La semaine dernière, vous aviez pris connaissance des "raisons" qui avaient amené le jeune adolescent à s'intéresser à l'égyptologie. Aujourd'hui, je vous propose d'évoquer le point de départ de sa relation d'un événement qui, sans conteste, marqua dans ce domaine le début du XXème siècle : la découverte du tombeau de Toutankhamon.  


    
     A la fin de l'année 1922, les élèves de mon cours d'archéologie égyptienne aux Musées royaux d'Art et d'Histoire se montraient naturellement curieux d'avoir quelques précisions sur ce qui se passait dans la Vallée des Rois. Ce que les journaux nous rapportaient était en général mieux fait pour éveiller la curiosité que pour la satisfaire. Une de mes auditrices, la Comtesse d'Ursel, me pria d'exposer dans son salon, devant un groupe d'amis, la signification du nouveau trésor d'Egypte. Cette causerie eut lieu les premiers jours de janvier 1923, et le directeur de la revue belge "Le Flambeauréussit à en faire paraître le texte avant la fin du mois.

     J'appris plus tard que Sa Majesté la Reine Elisabeth, ayant lu cet article, manifesta immédiatement le désir de participer à l'émotion directe de cette découverte sans égale.

     Dès lors, il m'arriva quelque chose d'analogue à l'aventure de Cendrillon qui aurait tant voulu assister au bal du roi, où ses soeurs privilégiées avaient été conviées. J'avais, sans m'en douter, trouver la fée-marraine qui devait me faire passer de Belgique en Egypte en quelques jours et qui me permettait de remettre le pied sur le quai de la gare de Louqsor au beau matin du 16 février 1923, descendant du train même du Roi Fouad; ce qui valait bien le carrosse fait d'une citrouille. 


 (Capart : 1946

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en Belgique
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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 23:00


     Par mon dernier article "en direct", ce mardi 30 juin, je vous avais annoncé, ami lecteur, la publication, tous les samedis des deux prochains mois (de vacances) d'extraits de textes que nous devons à l'égyptologue belge Jean Capart (1877-1947).

     J'ai déjà, ici et , tellement fait allusion à sa personne que je n'aurai pas l'outrecuidance, dans cette suite de billets, d'à nouveau brosser un tableau de la prodigieuse carrière de ce grand savant. 

"Seuls vivent les morts dont on chante le nom", écrivit un jour le grand Léopold Sédar Senghor.

     C'est un peu ce "chant" qu'à mon modeste niveau je voudrais vous proposer ici, pendant deux mois, en laissant s'exprimer Jean Capart. Tout simplement ...
  

     "Le plus loin que je remonte dans mes souvenirs, en cherchant ce qui a pu attirer mon attention sur l'Egypte, je trouve ceci vers 1885-86, mon oncle et ma tante, Gustave et Henriette Carbonnelle de Tournai, firent un voyage en Egypte dont ils rapportèrent une série de belles photographies et quelques petites antiquités. Je passais habituellement mes vacances chez mon oncle. J'admirai les photographies de monuments dont ma tante Henriette me décrivait les merveilles; je me rappelle très bien entr'autres choses, la description de la "Descente" de la grande pyramide.

   Mon oncle avait offert à mon père une petite plaque en faïence émaillée portant sur les deux faces quelques hiéroglyphes. Cet objet mystérieux pour moi, comme pour tous ceux qui m'entouraient, avait été monté en bague. Bien souvent j'ai pris, dans mes petites mains, la main gauche de mon père, pour regarder le petit canard comme j'appelais alors ce que je n'ai su que bien plus tard être une oie sacrée d'Amon .  - Aussi, ai-je pris un intérêt particulier au pauvre petit cours d'histoire d'Egypte que nous dictait le professeur de sixième latine à l'Institut Saint-Boniface, à Ixelles.

     Il m'est resté dans la mémoire une phrase : "Ahmosis, roi de terre, commença la lutte contre les Hyksos". Ce n'est que bien des années plus tard que j'ai constaté que j'avais entendu "terre" au lieu de "Thèbes". En sixième latine, un jeune professeur, l'abbé Carrière, me prêta "Les Lectures historiques" de Maspero, dont je décalquai une partie des images à l'encre de Chine sur des plaques de verre pour les faire passer à une lanterne de projections. Présage précoce de ma destinée de conférencier égyptologique !

     Le frère Herman, au collège des Jésuites de Tournai, où mon oncle, le père Léon Capart était professeur, avait formé un musée de toutes sortes de choses. Il m'insuffla la passion des collections; j'en fis de toutes espèces. A 14 ans, à la petite académie du collège Saint-Boniface, je donne ma première conférence, sur l'antiquité, illustrée déjà d'images d'hiéroglyphes. L'année suivante, je présente à mes condisciples une sorte de petit roman égyptien. Au mois d'avril 1893, pendant mon année de rhétorique, je passe mes vacances de Pâques à la bibliothèque royale où j'entame bravement la copie de la grammaire de Champollion. J'avais voulu l'acheter, mais je m'étais enfui épouvanté lorsque l'employé de l'Office de Publicité m'avait déclaré que ce livre coûtait cent francs ! Cela dépassait totalement mes moyens. Je réussissais bien de temps à autre, à payer par mensualités quelques livres sur l'Egypte, achetés chez un bouquiniste de la rue de la Tulipe, à Ixelles, mais il fallait pour cela que j'aie des recettes extraordinaires, par exemple, lorsque je revendais tous mes livres de prix qui ne m'intéressaient guère, le lendemain de la distribution.

     Comme j'étais fier, le jour où j'ai rapporté, caché sous mon caban, le grand atlas de Denon : " Voyage dans la Haute et la Basse-Egypte", que l'on payait alors la forte somme de 15 francs.

(Brasseur-Capart : 1974, 22-3) 

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en Belgique
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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 23:00


     Comme je l'ai laissé sous-entendre mardi dernier, ami lecteur, je ne compte pas entamer avec vous la visite de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre avant les vacances scolaires, et être obligé, après un article ou deux, de l'interrompre pendant ma propre période de séjours à l'étranger.

     Aussi, vous me permettrez de vous proposer d'ores et déjà un certain nombre de rendez-vous : le plus important, bien évidemment, étant de nous retrouver ici au Louvre, le MARDI 1er SEPTEMBRE,  pour poursuivre notre découverte des salles du circuit thématique du rez-de-chaussée de l'aile Sully, côté Seine, en bordure du quai François Mitterrand.
 


     Toutefois, avant cette échéance qui peut paraître relativement lointaine à certains, - et là sera mon deuxième rendez-vous, bientôt suivi de quelques autres -, j'ai imaginé vous donner à lire,  CHAQUE SAMEDI du 4 juillet au 29 août inclus, un texte de Jean CAPART, cette immense figure de l'égyptologie belge que j'ai déjà eu l'heur de vous présenter ici et .

     Certes, j'aurai préalablement programmé ces quelques billets qui se succéderont ainsi durant cette mienne absence, aussi vous faudra-t-il patienter, pour recevoir réponse à vos commentaires et questions, que je sois définitivement rentré au pays ou, si l'occasion s'en présente, entre les différents séjours et escapades que nous comptons  effectuer, mon épouse et moi-même, pendant ces quelques semaines estivales.
 
     Quoi qu'il en soit, dès aujourd'hui, je voudrais, à tous mes lecteurs qui ne vont pas tarder à s'égailler ici et là, qui pour lézarder, qui pour musarder, souhaiter d'excellentes et profitables vacances. 

      A samedi prochain donc pour le "premier épisode du feuilleton de l'été", avec Jean Capart.

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Publié par Richard LEJEUNE - dans A propos de ce blog
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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 23:00


     Désireux aujourd'hui de mettre un point provisoirement final à cette longue digression que j'ai dernièrement consacrée à la reine Tiy, je voudrais vous donner à lire un document concernant directement l'Egypte, mais ressortissant plus particulièrement à la civilisation mésopotamienne.

        Il vous souvient assurément, ami lecteur, j'ose à tout le moins l'espérer, que j'avais cru bon, samedi dernier, après vous avoir présenté un de ses portraits le mardi 9 juin, d'attirer votre attention sur l'aura qui fut la sienne aux yeux des pays étrangers, le Mitanni entre autres, cette région approximativement située aux abords de l'Euphrate, apparemment au nord de l'actuelle Syrie, mais sur la localisation de laquelle ceux des égyptologues qui concentrent plus particulièrement leurs recherches sur les notions de géographie antique ne parviennent pas encore à exactement accorder leur boussole.

     Et ce sera par l'intermédiaire d'une lettre que nous devons précisément au souverain de ce pays jadis extrêmement puissant, que les Egyptiens appelaient "Naharina", mais qui à l'époque où commence le règne d'Akhenaton connaît les prémices de son déclin, que je voudrais vous faire comprendre combien l'influence de la reine Tiy fut grande à la fois pour l'Egypte, mais aussi extra-territorialement parlant, et ce depuis la fin de vie de son époux, Amenhotep III, et tout autant pendant les premières années de son veuvage, à la cour de son fils.


     Il faut d'emblée savoir qu'une correspondance existait déjà entre l'Egypte et le Mitanni, initiée par Amenhotep III lui-même, depuis approximativement la trentième des trente-huit années que compta sa souveraineté sur l'Egypte, pour notamment quémander aux potentats étrangers l'une ou l'autre de leurs filles à épouser - (deux seront ainsi envoyées par le Mitanni : Giloughépa, fille de Chouttarna et Tadoukhépa, fille du roi Toushratta qui nous occupe aujourd'hui) -, mais aussi quelques femmes, les plus belles qu'il soit possible, pour agrémenter le harem royal.
Savoir aussi que cet échange épistolaire se poursuivit avec Amenhotep IV/Akhenaton.

     Rédigées essentiellement en akkadien, langue diplomatique officielle de ces temps anciens, les quelque trois cent quatre-vingts lettres mises au jour, en 1886-87, au centre même d'Akhetaton, dans un bâtiment de briques crues officiellement estampillées "Place des Lettres de Pharaon, Vie, Prospérité, Santé"; construction identifiée "Q 42.21" dans les documents des archéologues allemands de l' "Orientgesellschaft" qui la nomment plus communément "Maison des Archives", se présentent en fait comme des tablettes d'argile rectangulaires mesurant entre 8 et 15 centimètres de haut pour 6 à 8 de large.

     De cet important corpus, un peu plus de 200 tablettes ont été acquises par le Vorderasiatisches Museum de Berlin, un peu moins d'une centaine par le British Museum de Londres, une petite cinquantaine par le Musée du Caire et seulement 7 exemplaires par le Louvre;  le reste étant la propriété de collectionneurs privés. 

     Gravées de signes cunéiformes, elles constituent pour l'historien en général et l'égyptologue en particulier, un inestimable fonds permettant de mieux appréhender les relations qui s'étaient établies entre les deux Etats, et contribuent en outre à accroître notre perception de l'histoire politique et sociale du couloir syro-palestinien dont les chefs étaient incontestablement subordonnés à Pharaon.

     Mais qui dit correspondance, entend certes envoi, mais aussi réception de courrier. Et c'est ainsi que l'on peut voir à Londres, au British Museum, exposée dans le Department of the Middle East, la "lettre" ci-après que Toushratta, roi du Mitanni, fit écrire recto verso en signes cunéiformes sur une tablette d'argile de près de 2 centimètres d'épaisseur, d'une hauteur de 14, 6 et d'une largeur de 7 centimètres, et qu'il fit parvenir à la reine Tiy alors que, veuve déjà, elle résidait en Moyenne-Egypte, dans la capitale créée ex nihilo par son fils Amenophis IV/Akhenaton et sa belle-fille Nefertiti.



     Se déployant sur une trentaine de lignes, et malgré qu'existent des parties malheureusement brisées, notamment aux coins supérieur droit et inférieur gauche, le texte de la présente tablette (E 29794) adressée à Tiy, indépendamment qu'il mette l'accent sur les reproches que Toushratta désirait adresser à Akhenaton qu'il jugeait moins bien le traiter que ne l'avait fait avant lui Amenhotep III, nous indique toute l'importance que la reine conservait aux yeux du souverain mitannien.


     "Dis à Tiy, la maîtresse de l'Egypte : ainsi parle Tushratta, roi du Mitanni.

     Pour moi tout va bien. Pour toi que tout aille bien. Pour ta maison, ton fils, que tout aille bien. Pour Tadukhepa, ma fille, ta belle-fille, que tout aille bien. Pour tes pays, pour tes troupes et pour tout ce qui t'appartient, que tout aille bien.
(...)

     Je n'oublierai pas l'amitié avec Mimmureya, ton mari (1). Plus que jamais auparavant, en ce moment même, j'ai dix fois, beaucoup, beaucoup plus d'amitié pour Napkhourreya, ton fils (2).
Tu es celle qui connaît les paroles de Mimmureya, ton mari, mais tu n'as pas envoyé tout mon cadeau d'hommage que ton mari commanda qu'on envoie. J'avais demandé à ton mari des statues en or coulé massif, disant : "Que mon frère m'envoie pour mon cadeau d'hommage des statues en or coulé massif et de lapis-lazuli authentique. "

     Mais maintenant, Napkhourreya, ton fils, a plaqué des statues en bois. Puisque l'or c'est de la poussière dans le pays de ton fils, pourquoi ont-elles été la cause d'une telle peine pour ton fils qu'il ne me les a pas données ?
(...)

     Ceci est-ce de l'amitié ? J'avais dit : "Napkhourreya, mon frère, va me traiter dix fois mieux que son père ne l'avait fait." Mais maintenant, il ne m'a même pas donné ce que son père avait l'habitude de donner.  



(1) Il s'agit bien évidemment du pharaon Nebmaâtrê - Amenhotep III, époux de la reine Tiy.

(2)  Et ici de Nebkheperourê - Akhenaton, leur fils.



(Moran : 1987, 168-9; Tiradritti : 2008, 86-93; Ziegler : 2008, 349)

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en textes
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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 23:00


     Bien que dans l'article de mardi dernier, je vous aie donné rendez-vous aujourd'hui, ami lecteur, au devant de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, j'ai résolu, dérogeant ainsi à mes habitudes, en raison non seulement de demandes qui m'ont été adressées par quelques lecteurs parmi les plus fidèles, mais aussi de la période de vacances se profilant à l'horizon, et dont je vous entretiendrai le mardi 30 juin prochain, d'abandonner mon projet initial de visite.

     Samedi, souvenez-vous, je vous ai proposé la transcription et la traduction d'un des 56 scarabées dits du mariage du très jeune pharaon Amenophis III et de la non moins jeune Tiy.



     Je voudrais ci-après, aux fins de répondre à certaines questions donc, quelque peu analyser cette inscription, et m'attarder sur la titulature royale qui l'introduit.

     Il est de tradition, dans les articles d'égyptologie qui contiennent des textes hiéroglyphiques, originellement inscrits, sur un papyrus ou de la pierre, de droite à gauche ou de haut en bas, de les publier dans le sens même de notre propre écriture, c'est-à-dire de gauche vers la droite. Et même si, la semaine dernière, je n'ai pas respecté cette convention dans l'unique but que vous puissiez mieux comparer et le texte antique et sa transcription moderne, je vais ci-dessous, pour une question de facilité, me conformer à cette façon de procéder. 



     Le texte, comme je l'ai précisé, commence par les cinq noms du souverain. Certes, je vous avais déjà familiarisé voici un an, en mai 2008 exactement, avec cette importante notion qu'était la titulature royale égyptienne. Toutefois, et pour ceux qui n'étaient pas encore à l'époque lecteurs de mon blog, ou ceux qui auraient oublié les principes de cette énumération, vous m'autoriserez, avant de décliner celle d'Amenhotep III gravée sur le scarabée ÄOS 3878 du Musée de Vienne, de brièvement rappeler les différentes parties qui composent semblable nomenclature.
                           
     
               

     1.  Le premier des cinq noms royaux est constitué du nom d'Horus, qui plaçait le souverain sous la protection de l'oiseau sacré, patron de la ville d'Hiérakonpolis d'où le premier roi, Narmer, était originaire; et par la même occasion l'identifiait au dieu Horus. Le faucon pouvait être, comme ci-contre, placé au-dessus de la représentation d'un mur d'enceinte protégeant le palais royal, à l'intérieur duquel figure idéalement le nom du pharaon. C'est ce que les égyptologues appellent le "serekh".

 

     2. Avec le deuxième, le nom de "Nb.ty", les "Deux maîtresses", le monarque était sous la protection des déesses tutélaires des deux royaumes primitifs : Nekhbet, le vautour de Haute-Egypte et Ouadjit, le cobra de Basse-Egypte. En tant que telles, elles personnifient les couronnes blanche et rouge représentant les deux parties du pays. Dès lors, Pharaon était considéré comme régnant sur l'Egypte unifiée.

  
             

     3. Le troisième, le nom d'Horus d'or, composé du signe du faucon, figuration de Rê, et de celui du collier d'or réunis en un monogramme, liait la personne royale à celle de l'Horus solaire et céleste.

 

 

     4. Le quatrième nom, (souvent appelé prénom ou nom de règne ou de trône), celui de "Nesout-bity"   (= "Celui du Roseau et de l'Abeille", que nous traduisons par "Roi de Haute et Basse-Egypte"), entouré d'un premier cartouche, assimilait le roi à la faune et à la flore symboliques de chacune des deux parties de son Etat : le jonc, pour la Haute-Egypte et l'abeille pour la Basse-Egypte.



      Est-il vraiment besoin que je rappelle que les égyptologues nomment "cartouche" un ovale représentant une boucle de corde nouée à l'une de ses extrémités ressemblant à une petite barre rectiligne. Le terme "chenou" qui le désigne en égyptien ancien dérive en fait d'un verbe qui signifie "encercler". Il faut ainsi comprendre que les deux derniers noms du souverain inscrits dans ce graphisme permettent non seulement d'être clairement isolés, donc de mettre Pharaon en évidence, mais aussi de symboliquement le qualifier de "Maître de ce que le disque solaire entoure"; en clair : le maître de l'Egypte entière.
 

     5. Enfin, dans le deuxième cartouche, le dernier nom, son nom de naissance, celui de "Sa-Rê = Fils de Rê ", (le hiéroglyphe du canard  = "Fils de" et celui du soleil = "") mettait à nouveau le roi en relation intime avec le soleil, la grande puissance cosmique de l'univers.
     Des cinq noms du roi, c’est celui-ci qui est passé à la postérité, devenant ainsi le plus connu du public.

   

     Envisageons à présent, voulez-vous, la titulature royale d'Amenophis III en reprenant la transcription moderne ci-dessus :
    
1. Le nom d'Horus : Taureau puissant qui apparaît en Vérité  




     
     Les cinq hiéroglyphes situés après le faucon Horus qui donnent donc le premier nom de cette titulature sont ici précédés du signe de vie "ankh" que l'on peut traduire par "Que vive ..."


2. Le nom des "Deux Maîtresses" :
 


     Les deux premiers hiéroglyphes de gauche, représentant un vautour et un cobra, introduisent le deuxième nom du souverain que l'artiste a gravé sur ce scarabée : Celui qui établit les lois et apaise les Deux Terres; cette dernière dénomination, évoquant évidemment les deux parties du pays sur lesquelles règne Pharaon, à savoir respectivement la Haute et la Basse-Egypte.


3. En troisième position vient le nom d'Horus d'or que personnifie le faucon posé sur un collier d'or : Grand par la vaillance et qui frappe les Asiatiques; ce dernier terme générique définissant les ennemis traditionnels de l'Egypte.



 

     Les trois derniers petits cercles, tout comme d'ailleurs ceux au milieu du nom qui précède, correspondent à la marque du pluriel en égyptien, parfois aussi notée grâce à trois traits verticaux.

     Les deux derniers noms de toute titulature figurent à l'intérieur d'un cartouche. Le premier d'entre eux, le quatrième nom donc de l'ensemble de la nomenclature quand elle est complète, est introduit par la représentation d'un roseau, symbole de la partie Sud du pays (Haute-Egypte) et d'une abeille, personnifiant le Nord (Basse-Egypte).
 



     C'est dans ce premier cartouche qu'est indiqué le nom d'intronisation du souverain : de gauche à droite, le soleil "" que l'on note en première position dans la mesure où il s'agit d'un dieu, mais qui se lira en dernière; sous ce premier hiéroglyphe, la corbeille "neb", que l'on traduit par "maître" et enfin la représentation de la Vérite/Justice personnifiée par la déesse Maât, portant une plume sur la tête.

     L'ensemble se lit donc Nebmaâtrê et peut se traduire par "Maître de la Vérité/Justice de Rê".

     Enfin, en cinquième et dernière position, également dans un cartouche, se place traditionnellement le nom sous lequel l'Histoire, le plus souvent, a retenu le monarque. Il est précédé des hiéroglyphes du canard et du soleil (= Fils de Rê




     Nous avons, à l'intérieur de cet ultime ovale, de gauche à droite, les trois premiers signes  figurant le nom Amenhotep (Amon est satisfait) qui fut donc celui que l'enfant reçu à la naissance, suivi de deux hiéroglyphes signifiant "Souverain de Thèbes". Et pour terminer cette évocation, deux signes indiquant qu'il était "doté de vie".
     
     Immédiatement à la suite de cette inscription qu'un lapicide grava sur le plat du scarabée, sans transition aucune, apparaît le nom, lui aussi dans un cartouche, de la reine Tiy, précédé de son prestigieux titre de "Grande épouse royale" :





      L'expression se compose d'un premier hiéroglyphe, le jonc des marais, que nous avons déjà rencontré au niveau du quatrième nom et qui fait référence au roi de Haute-Egypte (noté à l'extrême fin de la première ligne de la transcription moderne reprise en début d'article), que l'on traduit ici par "royale"; du hiéroglyphe "hem" placé au-dessus du demi-pain correpondant au "T" et concrétisant la marque du féminin en égyptien classique, les deux signes ensemble se lisant "hemet" et signifiant "épouse" ; puis des dessins de la petite caille et de la bouche, se lisant "our", accompagnés, une fois encore, de la marque du féminin puisque tous ces termes se rapportent à Tiy. Ces trois derniers signes avant le cartouche se lisent "ouret" et signifient "grande".

     L'ensemble de ces six hiéroglyphes présente donc le titre accordé par Amenophis III à sa jeune femme : Grande épouse royale, tandis que dans le cartouche proprement dit se trouve inscrit le nom même de la reine Tiy (que d'aucuns écrivent parfois Tiyi ...). Le tout étant  suivi de ce que les égyptologues appellent la formule d'eulogie, sorte de souhait : "Qu'elle vive" ...


     Viennent ensuite, mais pas inclus dans un cartouche, puisqu'ils ne faisaient pas partie de la famille royale, les noms des parents de la reine; littéralement :

"Le nom de son père est Youiou"

et

"Le nom de sa mère Touiou".



     Et le texte hiéroglyphique du scarabée constituant une sorte de "carte de visite" du jeune couple de se terminer, comme je l'ai spécifié samedi dernier, par l'évocation des frontières de cette glorieuse Egypte de la XVIIIème dynastie sur laquelle Amenhotep III et Tiy allaient régner quelque 38 années avant qu'elle ne soit aux mains de leur fils, Amenophis IV/Akhenaton, de sa révolution religieuse et de ses conceptions totalement nouvelles en matière artistique.

     Mais ceci est déjà une autre histoire ...

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 23:00


     J'avais pris prétexte, il y a peu, d'un dessin qu'avait réalisé puis m'avait offert mon ami Jean-Claude Vincent pour vous décrire, le mardi 9 juin dernier, le bas-relief de la reine Tiy exposé aux Musées Royaux d'Art et d'Histoire de Bruxelles.

     C'est de cette reine, à nouveau, mais dans la rubrique "Littérature égyptienne" cette fois, que je voudrais vous entretenir aujourd'hui.

     En effet, si j'ai eu déjà l'occasion d'attirer votre attention, ami lecteur, sur le fait que cette jeune enfant nubile, à peine pubère, devenue la "Grande Epouse royale" d'un Amenhotep III presque aussi jeune qu'elle, n'était pas d'extraction noble, ce n'est assurément pas ce détail qui constitua l'originalité de son règne, mais bien plutôt que, dans toute l'histoire de l'Egypte, elle fut incontestablement la première dame à jouer un rôle véritable, notamment de conseillère politique, aux côtés de son époux, voire même de prendre en mains les rênes diplomatiques du pays quand la santé du souverain s'amenuisa rapidement. Rôle qui, j'aime à l'épingler, n'apparaît pas que dans les documents égyptiens - qu'il serait dès lors toujours loisible de qualifier de propagandistes -, mais qui fut révélé par des sources au plus haut niveau international de l'époque.
(Nous le découvrirons d'ailleurs dans un prochain article à paraître samedi 27 juin ...) 

     Les vestiges égyptiens, quant à eux, qu'ils ressortissent à la statuaire, aux reliefs funéraires ou liturgiques, ou aux inscriptions présentes sur de nombreuses stèles, associent constamment les noms de ces deux souverains. Et il n'est pas d'objets, aussi menus soient-ils qui, durant leur règne, n'évoquent le couple : je pense à certains bijoux, mais surtout à ces scarabées qui firent florès et que l'on retrouve dans les départements égyptiens des plus grands musées de la planète. 

     (Et bien évidemment, nous rencontrerons bientôt, ici au Louvre, bijoux et scarabées, que ce soit salle 7, dans la vitrine 11 plus spécifiquement consacrée au verre et à la faïence, ou salle 9 qui présente la parure, ou au niveau du circuit chronologique à l'étage, dans la salle 24 consacrée au Nouvel Empire).

     Aménophis III fut en fait le premier souverain égyptien à "inventer" et faire exécuter le plus grand nombre de scarabées - plus de 200 seraient actuellement répertoriés dans le monde - dont près de 60 % sont en stéatite émaillée verte ou bleue. Pouvant atteindre jusqu'à 11 centimètres de longueur, ils portent sur le plat un texte gravé en petits hiéroglyphes, assez long parfois (16 lignes), destiné à commémorer un événement marquant du règne : les exploits cynégétiques de Pharaon, par exemple, ou la création d'un grand lac artificiel.

     Toutefois, plus d'un quart de cette production initiée par Amenhotep III, 56 exactement connus à l'heure actuelle, furent émis la première année de son union avec Tiy et sont qualifiés, de manière erronée d'ailleurs, "Scarabées du mariage", par les égyptologues, alors qu'en réalité aucune allusion n'y est faite à cet événement.

     En revanche, comme vous allez le lire ci-dessous, ami lecteur, le texte, après avoir énuméré les cinq noms de la titulature complète du roi fait immédiatement après référence à sa jeune épouse et, nouveauté pour l'époque, à ses parents, pourtant non nobles.

     Vous allez bien évidemment me demander les raisons pour lesquelles Amenhotep III choisit la représentation d'un scarabée (Scarabeus sacer), avec les différentes parties du corps reproduites de manière réaliste, pour véhiculer ces faits historiques sur la pierre, et plus spécifiquement ici, cette sorte de "carte de visite" du jeune couple.

     Vous me permettrez d'être plus disert à leur sujet dès que nous rencontrerons le premier exemplaire dans la vitrine 11 de la salle 7 du Musée. Néanmoins, et pour ne pas vous laisser sur votre faim et avec des points d'interrogation dans les yeux, je soulignerai simplement, après en avoir d'ailleurs déjà fait quelque peu allusion dans mon article du 11 avril 2008 relatant l'exposition que le très controversé artiste belge Jan Fabre fit ici au Louvre, que le scarabée, dans le bestiaire égyptien, symbolisait Khépri, le jeune dieu solaire, suite à  l'analogie que l'on avait remarquée entre le soleil émergeant de l'horizon et le coléoptère coprophage qui présentait la particularité de constituer une boule de fumier qu'il faisait avancer, dans laquelle il avait inséré ses oeufs et qu'il enfouissait dans le sol; de sorte que le petit en émergeait, dès que formé, semblable au soleil levant.

     Et dans la langue égyptienne, le hiéroglyphe du scarabée, que nous prononçons "khéper" signifiait "advenir, venir à l'existence".

     Enfin, je rappellerai à tout visiteur de Karnak que c'est en l'honneur de Khépri, principe créateur qui se manifeste dans le soleil sortant des ténèbres de la nuit, qu'Aménophis III fit sculpter près du lac sacré un imposant scarabée en ronde-bosse posé sur un socle.


     J'ai choisi aujourd'hui, parmi les 56 exemplaires actuellement mis au jour, de ne pas vous proposer celui du Louvre, que nous découvrirons plus tard et dans un autre contexte, mais plutôt, parce que moins connu, celui en gneiss du Kunsthistorisches Museum de Vienne (ÄOS 3878)  qui fut présenté au Grimaldi Forum de Monaco en 2008, lors de l'exposition "Reines d'Egypte", organisée sous le Commissariat de Madame Christiane Ziegler, Conservateur général honoraire du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre. 



     Pour une épaisseur de 3, 4 cm, cette pièce mesure 8, 7 cm de hauteur et 6 de large.


     Le texte hiéroglyphique a été gravé sur un espace de 10 lignes qui se lisent de droite à gauche et, bien évidemment, de haut en bas.

     Retranscrit en trois lignes, cela donne :

    

     
    Et traduit : 

     Que vive l'Horus Taureau-puissant-qui-apparaît-en-vérité, Celui des Deux Maîtresses, Celui-qui-établit-les-lois-et-apaise-les-Deux-Terres, l'Horus d'or Grand-par-la-vaillance-et-qui-frappe-les-Asiatiques (1), le Roi de Haute et Basse-Egypte Nebmaâtrê, le fils de Rê Amenhotep-souverain-de-Thèbes, doué de vie (ainsi que) la "Grande Epouse royale" Tiy. Qu'elle vive !
Youia est le nom de son père et Touia le nom de sa mère.
C'est l'épouse d'un roi puissant dont la frontière Sud va jusqu'à Karoy
(2) et la (frontière) Nord jusqu'au Naharina (3) .
 

(1)  Asiatiques était l'acception utilisée pour définir l'ensemble des peuples vivant au nord-est de l'Egypte.
(2) Karoy serait actuellement  au Soudan, à proximité du Gebel Barkal, soit au niveau de la 4ème cataracte.
(3)  Naharina était le nom donné à l'antiquité au royaume du Mitanni (Haute-Mésopotamie)


(Delange : 1993, 34 et 53-8; Ziegler : 2008, 350-1 et 401)     

     

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Littérature égyptienne
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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 23:00


     Deux semaines se sont écoulées, ami lecteur, depuis qu'ensemble, nous avons quitté la salle 4 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre. Deux mardis pendant lesquels je vous ai convié en Belgique.

     Virtuellement, s'entend. Car dans la réalité, j'étais bien présent à Paris, au Louvre, sans vous, mais avec toutefois deux autres passionnés, Louvre-boîte (http://louvreboite.over-blog.fr/) et Louvre-passion (http://louvre-passion.over-blog.com/), de manière à peaufiner mes notes anciennes et y ajouter un grand nombre de nouvelles à propos des vitrines qui, la dernière fois où j'arpentai ces lieux magiques, étaient en cours de restructuration. Dans l'optique aussi, et sans mauvais jeu de mots, d'y réaliser un certain nombre de clichés des différentes salles que je vous ferai bientôt découvrir ...

     (Par parenthèses, nous serions les trois seuls, ici sur le Net, à traiter de ce grand musée !)


     Quand de mon propre et discret petit hôtel du quartier Saint-Denis - Les Halles qui, lui, l'est nettement moins, je ralliai cinq jours durant le musée, il me plut, entre autres itinéraires possibles, d'emprunter la rue Etienne Marcel, du nom de ce célèbre prévôt des marchands pendant la guerre de Cent ans, assassiné par les bourgeois de Paris le 31 juillet 1358 et auquel on doit aussi le début de la construction du mur d'enceinte de la capitale dont les soubassements sont si bien mis en valeur sous le Carrousel du Louvre.
 

    
                                                                                                               
       Artère commerçante rectiligne s'il en est, comme bien d'autres à Paris, cette rue qui lui a été dédiée dans le quartier où, précisément il perdit la vie, héberge non seulement la Poste centrale de la capitale, mais présente en outre la particularité de proposer nombre de boutiques de mode dont l'une, arborant fièrement le nom d'une célèbre marque anglaise, expose à chaque devanture, au lieu des mannequins habituels, des dizaines et des dizaines de vieilles machines à coudre Singer, tant convoitées par les amateurs ...  


     A l'intersection de la rue Etienne Marcel avec celle, tout aussi tracée au cordeau, qui porte le nom du Palais des rois de France, je tourne à gauche, en angle droit, longeant toujours les bâtiments postaux; et dans l'ombre encore fraîche et humide de ces matins de juin, me dirige, le coeur et le pas alertes, vers "mon" Musée, que je ne vais pas tarder à apercevoir, là-bas, baigné de soleil.

        

     Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, germano-pratins jusque dans les fibres les plus intimes de leur être, fréquentèrent assidûment "Les Deux Magots".
    
     Sur ma droite, avant de déboucher rue de Rivoli, je devrai moi me contenter de seuls "Deux écus" ...

Crise oblige, les temps changent !




      Quelques mètres encore, et me voilà à l'angle tant attendu : IL se déploie devant moi, sa façade Est caressée d'une lumière avec laquelle seuls les trésors qu'il recèle peuvent rivaliser : celle de l'attente et la patience récompensées, permettant d'accéder à la Connaissance, à la Beauté à l'état pur ...


     Comme tout un chacun, de cette majestueuse façade, j'en admire la Colonnade voulue par Louis XIV, à l'ordonnancement parfait et pour la paternité de laquelle les spécialistes en Histoire de l'Art ne parviennent toujours pas à accorder leurs compas : s'agit-il de Claude Perrault, le frère de Charles dont les Contes bercèrent notre enfance, et qui, il faut le reconnaître, emporte beaucoup de leurs suffrages; ou de Louis Le Vau, de Charles Lebrun, voire de François d'Orbay ?

                                                                                                                                                      
 
    Quoiqu'il en soit, cette prestigieuse oeuvre d'architecture qui encadre un des côtés de la Cour Carrée, sur laquelle semble maternellement veiller l'église Saint-Germain l'Auxerrois, détient à mes yeux une seconde valeur : c'est en effet derrière ces hautes fenêtres du rez-de-chaussée et du premier étage, que se présente une partie, la plus importante, du Département des Antiquités égyptiennes.



                                
                                                                                                                                                                 

     Et il me plaît à penser qu'au-delà de bien des siècles, de leur salle respective, la 22 pour l'un, la 25 pour l'autre, presque au centre de chacune des deux moitiés de la Colonnade, Le Scribe accroupi et Aménophis IV / Akhenaton veillent tous deux sur chacune des rosaces gothiques du monument religieux qui leur fait face...


     La plus importante, notais-je ci-dessus, mais pas la seule.


 
    Car si je tourne à droite, en direction du quai François Mitterrand, en direction du Pont des Arts, c'est le côté Sud qui s'offre alors à mes regards, là où, derrière ces hautes fenêtres grillagées du rez-de-chaussée, se déploient quelques-unes des premières salles du circuit thématique.

 

     Et notamment, la salle 5 à l'entrée de laquelle je vous donne rendez-vous, ami lecteur, mardi prochain ...  

      

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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